Cigare, scotch et bière – L’apéro des gens riches et célèbres

Quand je pense à un cigare, l’image d’Arnold Schwarzenegger sur la couverture du magazine Cigar Aficionado me vient en tête. C’est une image stéréotypée du gros succès et du luxe que les gens riches et célèbres peuvent se payer. Ce luxe n’est pourtant pas hors de la portée des gens normaux puisqu’il est entièrement possible de se procurer des cigares d’exception en dessous de 30$ l’unité.

La dégustation

Le but de déguster, en même temps, un cigare, une bière et un scotch permet de constater une similitude entre les trois produits: tous sont issus de fermentation. La bière développe son caractère grâce à la levure; le whisky est distillé à partir d’un produit fermenté; et les feuilles de tabac des meilleurs cigares subissent une fermentation naturelle et longue dans le but d’être adoucies.

N’étant pas un expert dans le domaine des plaisirs emboucanés, j’ai pris l’initiative d’aller m’informer sur le sujet, et de faire quelques achats au Ottawa Cigar Emporium (www.ottawacigar.com). Mon objectif étant de préparer une dégustation qui alliera les meilleures propriétés de chacun des trois produits.

Les cigares

Je tenais à tenter l’expérience d’un Auchentoshan avec un Bolivar Inmensas, une combinaison qui a été reconnue comme meilleur mariage scotch et cigare au monde. Mais le cigare étant d’une grande rareté, je me suis sustenté d’une Édition limitée 2009 de Bolivar qui devrait s’apparenter au Bolivar Immensas.

Je voulais également inclure dans ma dégustation une bière noire, c’est donc vers le cigare très foncé appelé Carlos Toranos, édition 50e anniversaire que je me suis tourné pour l’accompagner. La similitude de couleur peut-elle être signe d’un mariage potentiel? On le saura bien. Au nez, ce cigare dévoile des notes de chocolat, de cuir, de chêne. Vraiment intéressant!

Les whiskys

Pour l’expérience, les deux whiskys ont été sélectionnés pour leur caractère unique et leur profil de saveurs distinct. Le premier est l’Auchentoshan 12 ans, un whisky avec une pointe d’acidité citronnée, qui laisse un palais sec et poivré rehausser une finale charmante aux saveurs piquantes et de vanille. Le second, est le Bowmore 12 ans, produit vedette d’Islay, et fier représentant de son terroir avec des arômes forts évocateurs de sel marin et de tourbe minérale.

Les bières

La première bière choisie pour ma dégustation est l’exemplaire de 2007 de la Thomas Hardy’s Ale. Elle présente des saveurs de noisettes, de miel, et d’amande dans un corps très sucré, mais rehaussé agréablement d’une amertume terreuse et poignante (autre suggestion disponible au Québec : Polissonne de La Voie Maltée). La seconde bière est la Fat Dog Imperial Stout de la brasserie américaine Stoudt Brewing. Cette dernière est fortement alcoolisée, mais ce sont ses malts chocolatés aux arômes et saveurs de café expresso qui sauront bien s’agencer avec le côté caramel, chocolaté du tabac noirci par la fermentation (autre suggestion disponible au Québec : Simple Malt Imperial Stout de Brasseurs Illimités).

Les résultats

Accord : Thomas Hardy’s Ale 2007 (vieillie 4 ans en bouteille) + Auchentoshan Single Malt 12 ans + Bolivar Édition limitée 2009

Impressions : Le cigare enveloppe le palais de saveurs de cuir et d’un petit côté citronné, voire pamplemousse. La bière suit avec une bouche surprenante de lavande et petits fruits rehaussés. Les arômes de noisette et l’amertume ont disparu. Avec le whisky, on est agréablement surpris par ses saveurs tropicales. Ce sont des notes d’ananas et de papaye qui arrivent de nulle part dans un palais enrobé par l’alcool.

Verdict : Accord positif.

Accord : Stoudt’s Fat Dog Imperial Stout + Bowmore 12 ans + Carlos Toranos, édition 50e anniversaire

Impressions : Les arômes du tabac qui semblaient chocolatés se tournent vers le blé torréfié lorsque mis à feu. La Stout offre ensuite des saveurs de réglisse noire, mais le chocolat et le café s’effacent complètement. Avec le Bowmore, les saveurs de tourbe semblent enrober la langue et s’harmoniser à perfection avec les arômes du cigare. Bien qu’on retrouve une harmonie de saveurs dans cette dégustation, rien de nouveau ne semble être découvert. On cherche plutôt à reconnaitre les produits en alternance et y apprécier les saveurs de chacun.

Verdict : Accord neutre.

 

Les types d’accord

  • Positif: Permet de découvrir de nouvelles saveurs et de nouveaux arômes. Chaque produit semble bonifié par la présence des autres.
  • Neutre : Ne développe pas de nouveaux arômes ou de nouvelles saveurs. Chaque produit est facilement identifiable dans la dégustation.
  • Négatif : Désagréable et en conflit. Les saveurs ou arômes des produits se confrontent et ne sont pas compatibles.