The Lost Abbey – Angel’s Share (Bourbon)

Les problèmes d’embouteillage, on connait ça bien au Québec. De la bière sous- ou sur-carbonatée, aux infections, aux bouteilles brisées; on a vu la gamme. C’est toujours frustrant quand on paie un bon prix au dépanneur du coin pour une bouteille longuement désirée pour se rendre compte qu’elle souffre d’un tel défaut, mais c’est infiniment plus frustrant lorsque l’acquisition de la dite bière inclus un voyage de plusieurs milliers de kilomètres, une taxe aux douanes, des bonnes bières en échange, une longue attente à l’importation privée, ou des attentes pompées par de bons scores sur Ratebeer.com.

C’est principalement ce que je vit ce soir, et pas pour la première fois avec une bière de la microbrasserie californienne The Lost Abbey. Connu pour brasser des bières d’inspiration belges dans le contexte chaud et houblonné de San Diego, Tomme Arthur a fait sa marque, au point ou il est considéré (et apparemment se comporte) comme une vedette rock.

Leurs bières reçoivent régulièrement des accolades, et une légion de fans s’arrachent les bouteilles de ces grand crus année après année.

Mes attentes étaient hautes pour cette brasserie, et c’est pour cette raison que je n’ai pas hésité d’acqérir plusieurs bouteilles de la brasserie en échange de bons crus québécois, dans l’objectif de me sucrer le bec à la californienne dans le confort de ma demeure.

Cependant, bouteille après bouteille que j’ouvre de cette sacrée brasserie m’offre même pas un petit *pshht* lorsque je soutire le liège. Elles sont toutes flattes, sans carbonatation, sans vie, avec un gros sucre d’embouteillage qui reste en bouche question de rendre l’expérience encore moins plaisante.

Ce soir, le liège de ma belle Angel’s Share vieillie en fût de bourbon est malheureusement trop facile à soutirer et m’offre un petit *ffffft*, question de rire de moi un peu avant de tomber sans vie dans mon verre.

Vraiment dommage parce que ce vin d’orge offre quand même de superbes saveurs de sucre d’érable, de bourbon avec une petite poussière de chêne en finale. Une belle harmonie du houblon au malt promettrait une grande bière si seulement la re-fermentation aurait fonctionné, et que ces belles propriétés s’auraient volatilisées. Sans cette vie, la texture deviens lourde, sucrée, et décevante. Le bouquet est timide, et lâche, et la finale d’alcool semble vouloir d’oxyder.

The Lost Abbey est une grande microbrasserie à visiter, et déguster en fût dans plusieurs points de vente aux États-Unis… mais définitivement à éviter en ce qui attrait à leurs produits en bouteilles de 375ml. Semblerait-il que ces problèmes se font plus rares en format 750ml.