BDT – Mea Magna Culpa 2011 en Fût de Bourbon

Parfois, en Outaouais, on se sent à l’égard du cœur de l’activité brassicole québécoise. Mais on se console rapidement quand les Brasseurs du Temps nous donnent accès à leurs tirage limité de bières vieillies en fût de chêne, disponibles en bouteille uniquement en boutique, à la brasserie. La deuxième bière de cette série est sortie en début d’année 2012. C’était nul autre que leur vin d’orge, la Mea Magna Culpa vieillie 6 mois en fût de bourbon (Jim Beam, Kentucky).

La version originale figurant fièrement parmi mon top 10 (à vie) de bières québécoises, mes attentes sont assez élevées pour ce produit que je m’ouvre ce soir.

La bouteille s’ouvre avec un beau petit bruit de *pssht*, signe qu’elle a bien fermentée en bouteille. Pas évident compte tenu son taux d’alcool, et son vieillissement.

Elle tombe en verre en remontant une belle mousse de couleur sable, couronnant un liquide brun foncé aux lueurs ambrées profondes. Assez opaque.

Le nez rappelle les vieux barils humides des tours de maturation d’une distillerie. L’huile de chêne, se mélange délicieusement avec un beau sucre fruité qui rappelle les jujubes de style Gummi. On perçoit un petit côté chlorophylle houblonné qui améliore l’image mentale de la distillerie en ajoutant un peu de mousse sur les barils.

En bouche, elle est un exemple typique de l’équilibre entre l’amertume verte des houblons américains, mais aussi de la vanille issue du vieillissement en fût de chêne. Le corps est crémeux, et combiné avec cette vanille, lui donne un aspect latté qui plait énormément aux sucres résiduels. La finale est longue et oscille entre une amertume terreuse anglaise, et un petit chocolat vanillé. Ici, il y a une petite discorde entre les saveurs, l’alcool se faisant modérateur timide parmi cette énergie de saveurs hétéroclites.

Cette bière présente aussi un profil très minéral, qui accentue sa carbonatation, mais aussi son amertume. Une acidité languissante cherche parfois l’attention au mauvais moment, mais se calme lorsque la chaleur de son alcool finit par se faire entendre.

Ces caractéristiques parfois tanniques me donnent une grande confiance en son potentiel de vieillissement. Je ne peut que constater que sa jeunesse a joué un peu contre elle ce soir, et savoure l’idée de pouvoir continuer le vieillissement de ses sœurs dans le fonds de ma cave à bières.

Une grande bière à son enfance, tel un enfant roi gouvernant une puissante armée de saveurs parfois maladroitement, mais qui saura dominer ceux et celles qui y feront face lorsque la sagesse et la maturité lui seront confié par les muses du temps. Bière qui sera grandiose et fidèle au nom de la brasserie.