Charlevoix/Sawdust/Black Oak – Dubbel IPA

En quittant le Canadian Brewing Awards de cette année, les hôtes nous ont encouragés d’emporter une bouteille de bière commémorative des 10 ans de la compétition de bières canadienne.

Cette bière, en plus d’être une collaboration de trois bonnes brasseries, possède probablement le nom de produit le plus long jamais enregistré au Canada. Un style qui défie le statut quo, elle s’affiche Dubbel IPA, une version impériale de l’IPA belge qui a fait son apparition tout récemment.

Puisque mon cellier est encore dans des boîtes, et les quelques bières de soif que j’avais mises de côté pour survivre mon déménagement ont toutes été bues au coeur des chaleurs et efforts des dernières semaines, j’ai décidé de me payer une traite, et de boire cette Dubbel IPA toute fraîche.

Quelle sage décision! Voyons.

Avant de l’ouvrir, je ne peux qu’admirer cette belle bouteille de 375ml. Un nouveau type de bouteille brune qui a fait son entrée tout dernièrement sur le marché québécois, elle présente un verre lourd, et épais, de belle courbes, ainsi qu’un goulot qui permet le service facile et sans dégât. Le brasseur amateur en moi adore ce format, parce qu’il remplit bien un verre de style pinte, mais parce qu’il saura bien protéger mes prochains brassins.

Ce même format a été adopté par les Trois Mousquettaires, et Hopfenstark, entres autres. Ca me rappelle beaucoup les bouteilles californiennes de 375ml (je pense à Lost Abbey, ou Russian River), mais une version avec un capuchon standard, plutôt qu’un liège.

Une fois ouverte, un lourd *pshht* se fait entendre, et des arômes tropicaux de mangue et d’ananas remplissent la salle.

Elle tombe dans mon verre en soulevant une belle mousse beige et en dévoilant sa belle et claire robe rougeâtre sans timidité.

Du nez, on inspire ce mélange tropical rehaussé de soupirs de malts caramélisés. C’est du gros bonbon cette bière! Une petite pointe minérale semble mettre à l’évidence le côté mandarine et d’eau de rose du bouquet.

En bouche, son corps sucré et bien malté ne fait que courte ouverture au concerto de houblon qui le suit de très près. Une légère amertume fruitée, donnant l’impression d’un noyau de pêche, prends le dessus, et se colle au palais avec les malts bonbon, pour s’assurer la dominance du territoire jusqu’à la prochaine gorgée.

Cette dernière se fait sous l’influence d’une belle chaleur alcoolisée qui rends justice à l’ensemble de son oeuvre.

Une très grande bière d’un style pionnier. Reste qu’à espérer qu’un jour nous auront le droit à une reprise de ce brassin chez la Microbrasserie de Charlevoix qui autrement se veut très exclusif. Certains événements à Toronto ont eu cette bière servie sous cask, et à ma connaissance, il n’y aura pas de distribution en bouteilles. Avis aux voyageurs des vacances de la construction: si votre chemin vous mène à Toronto, faites un détour pour trouver cette bière. Elle en vaut largement la peine!