La Korrigane, de La Baie à Québec

C’est vers 1990, au retour d’un long séjour en Afrique, au Burundi, que Jean Foster amorce sa carrière de brasseur amateur. La bière traditionnelle découverte là-bas et son amour des bières anglaises le poussent à se lancer à l’aventure. Habile de ses mains, il met peu de temps à monter son propre système maison. En 2004, une opportunité se présente à lui…

Une connaissance lui propose d’offrir ses bières au Café Bistro Victoria situé à La Baie. Les installations de la brasserie sont sises dans un local adjacent qui permet de faciliter la collaboration tout en distinguant les deux entités. Jean Foster, le brasseur et opérateur de la brasserie se donne alors le mandat d’offrir des bières artisanales d’inspiration anglaise aux clients du bistro.

Bien que La Korrigane jouisse d’une belle réputation dans le milieu brassicole québécois, la brasserie est forcée de fermer ses portes quand le bail du bistro arrive à terme et n’est pas renouvelé. Jean choisit de mettre fin à l’aventure pour profiter d’une retraite bien méritée.

De père en fille

À la recherche d’une nouvelle carrière dans le domaine agroalimentaire, sa fille Catherine ne peut laisser l’opportunité passée et fait un pari audacieux, celui de déménager la brasserie de son père à 200km de La Baie, au cœur du quartier Saint-Roch à Québec où elle réside.

Même si elle a eu l’occasion de brasser à quelques reprises avec son père dans le passé, sa succession à la gouverne de la brasserie représente un réel défi. En 2008, elle laisse son emploi et se consacre pleinement au projet. S’en suivront plan d’affaires, recherche de financement, recherche de locaux, etc. Elle passe plusieurs mois à préparer la réouverture de La Korrigane.

Elle s’assure également que son père puisse l’épauler pour la première année d’opération. Jean prend ainsi le rôle de maître-brasseur, ce qui laisse le temps à Catherine de mettre la brasserie sur pied et de profiter de la présence de son père pour parfaire sa formation de brasseuse.

Un pari réussi

À l’été 2010, les amateurs de bières de la région de Québec découvrent la nouvelle brasserie artisanale du quartier Saint-Roch, La Korrigane. L’établissement propose des bières régulières et saisonnières, en majorité de styles anglais, mais également certaines empreintes de la culture québécoise.

La Korrigane reprend là où elle avait laissé, proposant de nouveau ses classiques telles la Mary Morgan, une délicieuse blanche belge, la Cornik, une somptueuse stout à l’avoine et la Korrigane, une rousse aux notes fruitées et caramel. La Malgven, une Old Ale aux arômes de fruits secs à 8% d’alcool, est à découvrir, elle vous séduira à l’automne avec sa douce caresse maltée.

En plus des bières maison, on offre en rotation des bières d’autres petites microbrasseries sur une ligne réservée aux produits invités. Une façon appréciée de promouvoir la bière artisanale et d’assurer une belle diversité à la pompe.

Depuis quelque temps, la brasserie a également développé un volet cuisine mettant en vedette des produits agroalimentaires locaux. Samossas à l’africaine, salade de chèvre chaud et betteraves, chili à la bière, palette de charcuteries artisanales, plateau des Îles-de-la-Madeleine et dégustation de fromages au lait cru figurent au menu. Tranquillement, ce dernier, ainsi que la carte des bières s’étoffent au grand plaisir de tous.

Que signifie Korrigane ?

La Korrigane, c’est le nom d’un bateau transformé en goélette d’exploration par cinq jeunes Français en 1934 pour faire le tour du monde. Pendant deux ans, ils ont navigué sur l’océan Pacifique, rencontrant plusieurs tribus de la Polynésie, la Mélanésie et l’Indonésie. Ils ont rapporté plusieurs objets tribaux permettant ainsi au reste du monde d’en apprendre davantage sur leurs cultures. Le logo de la brasserie représente d’ailleurs l’un des médaillons ramenés durant ce voyage historique. Le nom de la brasserie reflète ainsi la passion des voyages et des cultures de la famille Foster.

Notons qu’à l’origine, le mot korrigane désignait les esprits des légendes bretonnes, ce que la brasserie continue d’exploiter dans le choix des noms de ses bières qui s’inspirent de personnages de contes et légendes européennes.