Projet Cellier 2012 – Les débuts et Jour 1

L’opportunité qui se présente

En août dernier je reçois un message d’un ami d’école qui m’informe qu’un de ses collègues de travail, fervent collectionneur, désire se départir de sa collection de bouteilles de bières pleines.

Le connaissant comme un homme globetrotteur ayant un penchant pour la bonne bière belge, américaine et est-européenne, je savais qu’il les avait acquises avec la ferme intention de les boire à un certain moment donné. Mais pourquoi s’en débarrasser?

Il l’appelait son « cellier », et la vitesse avec laquelle il accumulait ses bouteilles dépassait largement sa capacité de les boire. Le résultat ressemblait plus à une collection qu’un cellier.  Un soir, je me rendit chez cet homme pour découvrir le plancher de son sous-sol envahit par plus de 500 bouteilles de bières de qualité de dégustation, et une panoplie de caisses mixtes encore scellées, empilées les unes sur les autres. Nous avons passé quelques heures à ouvrir les boîtes pour tenter d’identifier la valeur de certaines bouteilles, et sommes vite arrivé à la conclusion que le prix était raisonnable compte tenu de la qualité de certaines bouteilles.  Par contre, l’âge de plusieurs de ses produits (par exemple, une Koningshoeven La Trappe Quadrupel 1999), ainsi que du grand nombre de bouteilles à piètre potentiel de vieillissement (pilsners est-européens dans des bouteilles vertes) nous donnèrent l’impression d’acheter un cellier problématique, et sans valeur gustative.

Ayant déjà un cellier bien nanti, j’hésitais à me lancer dans ce projet. Avec mon fidèle ami James Walker à mes côtés ce soir là, j’ai eu une idée qui pouvait s’avérer intéressante.

Nous avions devant nous, à deux, une belle opportunité de déguster des bières vieillies, mais aussi de tenter d’identifier de la valeur sans l’opportunité de goûter. Comme être accoudé à un bar à bières spécialisées qui propose des bouteilles vieillies, et de devoir décider si le prix en vaut la peine. Ca peut souvent vouloir dire payer significativement plus cher qu’une bouteille fraîche.

L’offre de bouteilles vieillies est un phénomène de plus en plus commun chez les estaminets de réputation. Par exemple, on y découvre parfois des menus proposant des bouteilles de Chimay Grande Réserve 1999, 2002, 2003, 2004, etc.  Ca ressemble drôlement à une carte de vins n’est-ce pas? Mais au moins, dans le monde vinicole, nous pouvons se fier sur la réputation d’un millésime pour juger des prix commandés par ces bouteilles de grand cru. Dans le monde de la bière par contre, où la stabilité du produit frais prime par dessus tout, rares sont les renseignements qui nous donnent un aperçu sur le potentiel de vieillissement de ces bières. C’est pour ca que dans ces super-estaminets, on a tendance à charger de plus en plus cher pour des bouteilles de plus en plus vieilles.

Mais étant un produit à l’essence même, périssable, à quel point payons-nous pour la rareté plutôt que pour une expérience gustative complexe et appréciable?

Présentement, nous devons faire ces choix à l’aveugle. Nous ne pouvons que faire confiance que le produit a été entreposé dans des conditions permettant un bon vieillissement, et que le style de bière se livre bien aux épreuves du temps.

Le Projet Cellier 2012

C’est avec ce raisonnement qu’il m’est venu à l’idée de proposer à mon ami James d’acquérir cette collection de bouteilles conjointement, et de se séparer les bouteilles en procédant à un repêchage. Directeurs généraux de nos celliers respectifs, nous allions imiter les dirigeants d’équipe de la Ligue Nationale de Hockey, en choisissant à tour de rôle, une bière de la cuvée 2012 qui, à nos yeux propose le meilleur potentiel gustatif.

Plus de 100 rondes de repêchage en perspective! Des choix déchirants entre une Cantillon Iris de 2003, ou une Westvleteren 12 de 2008.  Des choix de coeur comme une Solstice d’hiver 2009 vieillie en fût de chêne ou une Ste-Ambroise Impériale Stout Russe 2009. Que d’émotions! Rendez-vous le 2 novembre en soirée pour la première ronde du dit repêchage, en direct sur Facebook. Vous aurez la liste complète et l’opportunité de commenter les choix et le raisonnement de nos DG de cellier!

Nous viserons à terminer ce projet à déguster le fruit de nos efforts et en tirer certaines conclusions pour l’avancement de la science.

Jour 1 : Diversification, rajeunissement et curiosité

Le lendemain de l’acquisition du cellier, nous nous avions déjà mis au travail, café en main.


Pour le repêchage, l’objectif sera de rendre le choix difficile, et le résultat intéressant. Pour ce faire, nous avons fait trois piles. Une pile de bières nommée GARDER ayant une valeur gustative assurée, une pile de bières nommée ÉCHANGER qui rassemble des bières qui ont probablement passé leur apogée, mais qui pourraient intéresser certains biérologues (un peu de monnaie d’échanges). Finalement une pile de bières nommée DONNER pour laquelle il y a peu d’espoir et aucun intérêt de même tenter l’expérience gustative. Cette dernière pile nous l’avons refilé gratuitement à un ami qui, entre deux emplois, est plus motivé de tenter l’expérience que nous.

La première pile nous mettrons de côté pour le repêchage, et la seconde, nous allons la mettre disponible sur le marché des échanges pour aller chercher un mélange de fraîcheur, de diversité (plusieurs bières de notre nouveau cellier se répètent), et de curiosités.

Faits saillants de la pile « GARDER »

 Dogfish Head World Wide Stout 2000, Terrapin Rye Squared, Dieu du Ciel Solstice d’hiver 2009 Réserve Spéciale, Cantillon Vignerone 2009, Ste-Ambroise Impériale Stout Russe 2009 et 2010, Three Floyds Alpha King, Weyerbacher Blithering Idiot 2002, Brooklyn Black Chocolate Stout 09-10, Dieu du Ciel! Péché Mortel 2007, Girardin Kriek, He’brew Funky Jewbelation Barrel Aged, North Coast Grand Cru, Old Stock Ale Cellar Reserve 2009, Southern Tier Choklat 2011, Ommegang Three Philosophers 2005, Victory Old Horizontal 1997.

Faits saillants de la pile « ÉCHANGER »

Cantillon Rosée de Gambrinus 2001, Cantillon Iris 2003, Thomas Hardy’s Ale 1995, 1997, 2007, et 2008, Westvleteren ABT 12 2006, Chimay Grande Réserve 2003, St-Bernardus 12 Special Edition 60th Anniversary, Unibroue Quelque Chose 2002, De Dolle Special Reserva Oerbier 2002, Dogfish Head 90 Minute IPA 2006, Fuller’s Vintage Ale 2006 à 2010, Kuhnhenn Raspberry Eisbock 2004, Fantôme d’Hiver et Noel, McAuslan Vintage Ale 2006, Eggenberg Samiclaus 2002.

Faits saillants de la pile « DONNER »

Church Brew Works Munich Dunkel Lager, Fuller’s London Porter 2005, Great Divide Titan IPA 2004, McAuslan Scotch Ale 2005, Okocim Brown label, Pumphouse Cadian Cream Ale, Unibroue Blanche de Chambly 2006, Samuel Smith Oatmeal Stout 2007, Wychwood Hobgoblin, Wychwood Bah Humbug 2010.

En tout, après avoir débarrassé des bières disons, périmées, il nous restait au dernier décompte 301 bières dans le cellier, et plusieurs échanges auront lieu d’ici le 2 novembre pour tenter d’augmenter le nombre de décisions difficiles !

Suivez ce projet sur mon blogue, parce que les mois qui suivront risque d’être assez intéressants!