Ingénieur, médecin et brasseur, c’est tout ?!

15_Siboire_BrasseurJonathan Gaudreault s’enlignait tout bonnement pour un baccalauréat en génie chimique à l’Université de Sherbrooke lorsqu’il a fait le grand saut en médecine. Comme pour plusieurs, les études en génie l’ont poussé à faire des découvertes insoupçonnées et à se lancer dans la production de la bière. Question de priorité, la médecine a rapidement débarqué. Évidemment!

Jonathan a grandi à Roberval avant d’entamer ses études universitaires à Sherbrooke en génie chimique, puis en médecine. Aux populaires 5 à 8 de la Faculté de génie, il se familiarise avec les Unibroue et développe un goût pour la bonne bière. Au fil du temps, sa passion pour la médecine s’estompe et c’est celle pour la bière qui prend toute la place.

Comment avez-vous commencé à brasser de la bière ?

C’est mon beau-frère qui s’est d’abord inscrit à un cours donné par Pascal Desbiens et lorsqu’il m’en a parlé, j’ai décidé d’y assister également avec un ami. C’est durant mes études que je me suis mis au brassage maison. Je partageais une maison avec Pierre-Olivier, mon ami d’enfance, et rapidement le sous-sol s’est transformé en brasserie.

La première bière que vous avez brassée ?

La première dont je me rappelle est la Trip d’automne. J’essayais de faire la Westmalle Tripel… Elle titrait 9% d’alcool à l’époque, on l’a assoupie un peu depuis. Son nom vient du style et de la saison lors de laquelle elle fut créée. À la brasserie, la première fut la Calvaire qui se voulait une Pale Ale anglaise classique. Le nom vient de « cale verre ».

La bière dont vous êtes le plus fier ?

L’InsPirAtion, ma IPA américaine. Je suis un grand amateur de IPA américaine et on en retrouve d’excellente aux États-Unis, mais celles du Québec me semblent moins fidèles. Je pense que je réussis à faire quelque chose de bien quand je peux compter sur des houblons de bonne qualité. Elle se boit bien et est moins caramel que ce que l’on retrouve ici.

Votre style de bière préféré ? [À brasser et à boire]

À boire, c’est la IPA américaine suivie d’une bonne Saison. J’aime les saveurs du houblon, quand c’est mordant et rafraîchissant, c’est agréable. Pour les Saisons, ce sont les saveurs propres au style qui me plaisent, le côté âpre des levures, le côté sec, et le houblonnage qui les distingue des autres styles belges.

À brasser, c’est le Barley Wine, ça donne vraiment l’impression de brasser de la bière! Beaucoup de grains et de houblons, ça sent bon dans toute la brasserie et tu n’es jamais sûr si ta levure va te lâcher en cour de route. C’est plaisant de voir le tout évoluer.

Votre ingrédient préféré ?

Le malt de base anglais Maris Otter pour sa richesse. Pour toutes les bières qui nécessitent du corps, ça fonctionne toujours très bien.

Une brasserie québécoise que vous appréciez particulièrement ?

Trou du Diable, Dieu du Ciel! et À l’abri de la tempête. TDD pour la qualité des bières et leur audace; DDC pour la constance des bières et leur statut de pionniers, c’est ma référence initiale pour de la bonne bière; À l’abri de la tempête pour le côté non-conformiste de Jean-Sébastien que je déteste habituellement chez les autres, mais qui fonctionne bien avec lui.

Une bière québécoise que vous auriez aimé brasser ?

La Corps Mort d’À l’abri de la tempête. Il y a un côté réconfortant dans cette bière et l’assemblage des saveurs est parfait. Il y a aussi la constance de la qualité en bouteille. Jean-Sébastien va rire, car je n’aime pas les brasseurs qui ne respectent pas les styles, mais celui-là, c’est vraiment bien. De toute façon, c’est impossible que je la brasse, car je suis trop puriste, ça prend juste Jean-Sébastien pour brasser ça!

Vos impressions sur la bière au Québec…

Je suis très fier d’où en est l’industrie, c’est beau de voir le succès de la bière artisanale au Québec. Ce n’est pas un hasard, c’est vraiment le fruit du travail de beaucoup de passionnés, et ce n’est qu’un début. Aux États-Unis, la bière de micro représente une importante part du marché et ça augmente rapidement. On tend vers ça, je pense, les consommateurs et l’industrie sont prêts.

Qu’est-ce que ça prend pour créer un style québécois ?

Du temps… c’est l’avenir qui nous le dira. Tous les styles ont été créés par l’histoire donc, de vouloir créer un style, c’est un peu devancer l’histoire. Je crois que le Québec est plutôt identifié par son industrie que par un style. On risque davantage d’être reconnu pour l’ensemble de l’industrie. On verra par la suite si un style est créé et reconnu.

Qu’est-ce que nous réserve votre brasserie ?

Une très prochaine Soirée des grands crus! On va continuer sur notre lancée avec la qualité de la bière en essayant de s’améliorer. Comme on est rendu à capacité maximale de production, on peut peut-être s’attendre à voir un deuxième Siboire en Estrie…

Mot de la fin…

Venez découvrir le Siboire et la dynamique brassicole québécoise à son meilleur lors de la Soirée des grands crus, le 27 avril prochain.