Assoyez-vous, ça commence…

Lorsque vous demandez à un amateur de bières ce qu’il pense du marché de la bière, il s’imagine spectateur d’un match de boxe. Dans le coin gauche, les bières de macrobrasseries. Dans le coin droit, les bières de microbrasseries. Il espère, avec enthousiasme, voir le duel tant attendu depuis des années sans se douter qu’il ne verra rien car les deux concurrents n’ont pas le temps de se taper dessus, ils sont bien trop occupés à s’adapter à l’évolution du marché.

Et le marché, c’est un match de lutte en équipe !

Dans les réseaux sociaux, les médias ou les sites de blogueurs, on y va de diatribes et autres critiques à l’égard des macrobrasseries ou microbrasseries, dépendant du camp choisi : bières sans goûts se disent les uns, bières plein goûts annoncent les autres. Chacun y va de son argument pour convaincre l’autre.

Mais que vous buviez de la bière de microbrasseries, macrobrasseries, importée ou fabriquée à la maison, vous buvez de la bière et nous sommes tous dans la même équipe. Et dans les sports d’équipe, on se bat avec les forces et caractères de chacun.

Voila le message principal de cet édito : véhiculer la culture bière en équipe et faire en sorte qu’elle soit mieux comprise auprès des consommateurs. Parler des matières premières, du savoir-faire, des produits, du goût, des différentes saveurs, de la couleur… vous êtes des passionnés, vous trouverez les bons mots.

La riposte arrive des grands brasseurs

Je le concède, il est plus difficile de parler « culture bière » une blonde très légère à la main qu’avec une Imperial Stout au café équitable. Mais avez vous remarqué les dernières initiatives de Labatt et Molson? On met à l’avant plan les matières premières de la bière, c’est l’antithèse des stratégies commerciales des années 80 et 90. Les exemples sont nombreux : Alexander Keith’s Cascades Hop, Molson Wheat, Rickard’s Cardigan, etc.

La stratégie est simple, faire réagir positivement le consommateur, offrir une expérience de dégustation, rehausser le plaisir de boire de la bière et valoriser le produit. Plusieurs d’entre vous croient que les valeurs citées « fitent » mieux avec les bières de microbrasseries et pourtant, je crois qu’elles se doivent d’être communément annoncées par l’ensemble des consommateurs de bière et que les grandes brasseries, de par leur leadership, ont un rôle à jouer pour l’ensemble de la filière bière.

Promouvoir le houblon Cascade ou le blé et en faire la promotion est utile pour toute la filière bière même si la stratégie première des grandes brasseries est de commercialiser leurs produits. Il est plus facile de parler de culture bière avec un consommateur qui a déjà entendu parler des matières premières de la bière.

La plupart des consommateurs de bières en boivent sans connaître la culture qui y est associée, mais les consommateurs sont de plus en plus intéressés à la découvrir. Il est temps de jouer un rôle commun et de présenter la bière, toutes les bières. Peu importe ce que vous buvez, que celle-ci soit artisanale, importée ou macro-brassée, partagez votre bière avec un consommateur qui n’ose pas s’y aventurer. C’est en lui présentant un produit qui a une histoire et du terroir qu’il apprendra comment l’apprécier.

La bière, on en consomme pour l’expérience, comme le vin. Sachons promouvoir cette expérience, il en va de la vitalité de la filière bière.

Le marché de la bière va évoluer très rapidement au Québec, vous avez raison, ne vous assoyez pas et levons nous pour encourager la consommation de bière de façon responsable. Toutes les bières offrent une expérience, à vous de voir laquelle vous correspond le mieux.