Dégustation Spéciale: Evil Twin Brewing

Evil Twin est une de ces brasseries que j’aime appeler les SDF, ou sans domicile fixe. Depuis sa fondation, on cherche des brasseries où il y a un excédant de capacité, et on loue les installations pour brasser des bières qu’on par la suite met à vendre sous l’effigie de la compagnie. C’est un peu le même genre d’entente qui a donné naissance à la gamme de bières Jukebox ici au Québec.

La possibilité de brasser dans plusieurs endroits, ou même plusieurs pays, ça donne à une brasserie un avantage net d’adaptabilité. Non seulement que la taille de la brasserie peut être ajustée sans trop de frais pour rencontrer la demande, ou même la saison, mais en brassant dans un pays on s’ouvre à pouvoir y vendre nos bières sans passer via un agent d’importation comme la SAQ.

Pour donner une idée, c’est comme si Sierra Nevada loueraient les installations de Labatt’s pour brasser de la Sierra Nevada Pale Ale pour vendre en épicerie partout en province. C’est soit ça, ou laisser une pale ale fraîche pourrir pendant des mois en entrepôt quelque part à Montréal.

D’habitude, une brasserie qui loue de la capacité ca ne devrait pas arriver si la taille de la brasserie accroit au même rythme que la demande pour son produit. Cependant, dû aux récents troubles économiques, plusieurs brasseries on eu recours à ce type de contrat pour pouvoir rentabiliser les installations. Mais soyons reconnaissants envers ces compagnies, pour nous permettre de savourer les talents de plusieurs brasseurs de grande renommée. Voyons ce soir si Evil Twin saura se faire compter parmi eux!

IMG_0824Evil Twin Kiwi Imperial Pils (Pilsner, 7.5%, BeerAdvocate 86)

Les amateurs de bière aux fruits seront peut-être déçus d’apprendre que la référence à Kiwi sur l’étiquette fait appel au surnom qu’on donne aux habitants de la Nouvelle Zélande, et non au poilu fruit tropical. En fait, c’est à l’honneur du houblon Motueka qui s’y trouve, et qui sert à l’houblonnage de cette pilsner plutôt forte.

La bière commence bien son kata avec une belle entrée de verre moussant à profusion, d’une fine et opalescente mousse fugace. Même après une demie-heure, on voit encore un fil de carbonatation s’échapper du centre de mon verre. La bière fait preuve d’une couleur cuivrée, propre et claire qui met bien à l’honneur les bulles qui s’y trouve.

Au nez, c’est un délicieux mélange tropical d’arômes étrangères; vanille, savon, mangue, papaye, avec un beau parfum floral de lilas er d’eau de rose. Assez différent!

En bouche, il y a immédiatement une cacophonie de biscuits au miel, et de ces parfums floraux. J’aimerais retrouver une pilsner très sèche qui laisse ces aromates jaillir en saveurs à chaque gorgée, mais les malts choisis dans cette recette sont beaucoup trop présent à mon goût. Mais je m’avoue pas le plus grand fan des pilsner est-européennes.

En conclusion: Différente, surprenante, aromatique et vive, recommandée pour les amateurs d’IPA du Centre des États-Unis, et de Pilsner tchèques.

 

IMG_0827

Evil Twin Aun Mas a Jesus (Imperial Stout, 12%, Beer Advocate 94)

Le nom de cette impériale stout est attachant. Peu importe son origine, on s’imagine une impériale stout d’origine critiquée pour ne pas avoir assez de Jésus. On a donc créé cette version à 12%, ayant encore plus de Jésus! Formule améliorée, fait de Jésus certifié biologique à 100%.

Cette version 2.0 commence avec une valse revêtue d’une robe obsidienne d’une teinte des plus profondes. Sa mousse semble avoir passé du temps dans une tasse de cappuccino. Au nez, elle nous envoûte avec des soupirs de pain de mélasse, de gaufres au sucre, de cassonade et de chocolat noir.

Wow! Ca promet! Mon verre est très lourd, j’aurais tendance à croire que cette bière cache un sucre assez dense.

Le corps est fort, riche, et commence avec une impression de crème. Ca ne prends que quelques instants avant que l’acidité de la torréfaction ne vienne l’alléger, et de couper les beaux chocolats crémeux d’une tranchante amertume de rôti. C’est merveilleux, somptueux. La concentration des saveurs nous permet même d’oublier les 12% d’alcool que nous sommes en train de nous enfiler un soir de semaine… une chance que c’est les séries éliminatoires, et qu’on profite d’une petite excuse de rentrer au travail avec des cernes sous les yeux!

Conclusion: Magistral, quoi qu’un peu acide pour être parfaite. J’ai appris ce soir qu’il y a une version vieillie en fût de bourbon qui s’en vient. J’aurais un penchant à croire que cette version corrigerais les imperfections que je perçoit dans cette bière. Je précise, “imperfections”, puisque cette bière ose la frôler.