Three Floyds Behemoth 2009

L’ami qui me l’a échangé était convaincu qu’elle était passé son apogée, ayant préalablement dégusté une bouteille un peu plus vieille. J’avoue qu’une bouteille de 4 ans d’âge d’habitude c’est un risque, mais connaissant cette brasserie, et faisant confiance à son entreposage ainsi que de sa provenance, j’ai pris une chance et je l’ai acquise pour ma collection.

Ce soir, pris d’une envie folle de déguster une bière forte en plein été, je me suis laissé tenter par cette dernière, en croyant bien faire d’ouvrir une de mes plus vieilles bouteilles. Lorsqu’on a un cellier plein de bières, toujours mieux de déguster les plus vieilles en premier, question d’éviter de les laisser vieillir trop longtemps, et perdre une belle opportunité de savourer leurs plus belles qualités.

IMG_0048Three Floyds Brewing Co. – Behemoth 2009, vieillie 4 ans (IL, USA, 12% alc./vol., Barleywine américain, RateBeer: 100)

J’adore l’étiquette de cette bière, comme la majorité des images de cette brasserie. Une grosse bonne femme blonde en costume de bain une-pièce vert avec un bandeau “Miss Behemoth 2009” admirée par deux bizarroïdes verdâtres. Ca ouvre l’appétit pour justement ça! Dès l’ouverture de la bouteille cirée, des arômes florales envahissent la pièce. Pas le bouquet frais de fleurs aux nuances citronnées de la version fraîche, mais de complexes parfums issus de son vieillissement, aux soupirs d’amandes, de noix de Grenoble, de pruneaux. C’est génial!

En bouche, c’est une panoplie de saveurs qui laisse un peu perplexe, à figurer qu’est-ce qui vient de nous arriver. En entrée de bouche, des écailles de poisson et un chatouillement de prunes font leur apparition, quoique de courte durée. Par la suite, les effluves d’alcool (12% quand même!) réchauffent le palais, et entrainent des goûts de noisettes, de pain à la cassonade, de brioche, et de noix de Grenoble. Les sucres, encore bien présents collent au palais, et laissent les lèvres bien gommées.

L’arrière-goût se veux plus timide, laissant vaguer les mêmes saveurs sur une délicieuse amertume aux souvenirs floraux, maintenant poussant sur le noyau de pêche. C’est chaud, c’est réconfortant, ca donne le goût d’aller prendre une petite marche hivernale fraiche. Petit problème; on est en Juin! Pas grave, la nuit est jeune, les vents nordiques ont le temps de rafraichir la soirée, et me permettre de me coller sur le restant de cette merveilleuse bouteille.

Conclusion: Définitivement sur le déclin, mais vieillie à quasi-perfection, ce bel exemple du potentiel de vieillissement d’un vin d’orge américain est à son plus intéressant, à mon humble avis. J’adore cette bière lorsque fraîche, et la version après 4 ans n’est pas du tout pareil, mais tout aussi appréciable.