La tradition brassicole anglaise, made in Québec

SONY DSCLe Corsaire est l’une des quelques brasseries québécoises qui ont choisi de ne pas trop s’éparpiller et de garder le cap sur leurs influences initiales, dans son cas, les bières anglaises. Non seulement on en retrouve peu au Québec, mais en plus, la brasserie les réussit très bien, les met en cannette, et les affuble de sobriquets humoristiques parfois noirs, parfois absurdes. Existe-t-il plus authentique?

C’est sur les berges de Lévis, dans un ancien bureau de poste, que Martin Vaillancourt, Julie Gagnon et Gabriel Paquet ont jeté l’ancre pour concrétiser en 2008 leur projet, Corsaire Microbrasserie. Il s’agit de la première brasserie artisanale de Chaudière-Appalaches.

Le nom fait référence à l’histoire navale de la ville de Lévis, ainsi qu’à l’emplacement remarquable de la microbrasserie, situé à quelques pas du traversier. Rapidement, Martin Vaillancourt se met au brassage de bières d’inspiration anglaise et la population du Vieux-Lévis adopte l’endroit et ses produits.

 

Faire les choses autrement

Dès ses débuts, le Corsaire mise sur du savoir-faire particulier pour se démarquer. Martin est maître-brasseur spécialisé en bières anglaises et en conditionnement en cask, Julie cumule les années d’expérience en gestion de brasserie et Gabriel est maître torréfacteur. Les trois propriétaires se dotent d’ailleurs d’une rôtisseuse à café pour torréfier leur orge directement à la microbrasserie. Gabriel quitte éventuellement le navire et Martin ajoute la torréfaction à son arc.

Habituée de naviguer à contre-courant, la brasserie choisit de sortir ses produits en canettes, un format jusqu’alors inexploité par les microbrasseurs québécois. À 3,8% d’alcool, en format de 473ml, la Kirke devient l’une des trop rares Session Beer disponibles sur nos tablettes. L’une de mes québécoises préférées à ce jour.

 

Des bières de « Brit »

Outre la Session Bitter, le Corsaire propose parmi sa gamme une Pale Ale anglaise, la Galère, une Extra Special Bitter, la Bristol, une Mild Ale, la Dark Mild, ainsi qu’un Stout, la Davy Jones. Deux blanches et une Pilsner complètent la sélection à laquelle s’ajouteront prochainement des nouveautés, notamment une IPA.

En 2013, après des démêlés avec la Ville et les propriétaires d’un condo avoisinant, le Corsaire cause tout un émoi en annonçant son déménagement… de l’autre côté de l’immeuble. Enfin, le pub pourra exploiter sa terrasse aux abords du Saint-Laurent!

Encore mieux, la production au grand complet est déménagée dans un ancien entrepôt situé dans un secteur industriel de Lévis. Plus d’espace, plus de cuves, plus de bières; la séquence est inévitable. L’usine compte même un salon de dégustation qui pourra abreuver les gens du coin.

Si vous pensez qu’un salon de dégustation à même une usine de production n’est pas ce qu’il y a de mieux, c’est que vous ne connaissez pas Martin. Le salon compte 12 lignes de fûts en tout temps auxquelles s’ajouteront éventuellement des casks. Inutile de vous dire que ces lignes accueillent exclusivités et expérimentations de façon régulière. Certains employés du pub sont même un peu jaloux de la sélection que l’on retrouve au salon…

 

Les bières du staff

Le Corsaire a également trouvé une façon bien réfléchie d’intéresser et de former ses employés à la bière. En fait, chaque employé élaborera tour à tour une bière qu’il brassera en compagnie de Martin. Déjà, les résultats s’avèrent intéressants pour la brasserie – il faut goûter la Hooker, une Ordinary Bitter concoctée par Claude – et contre toute attente Martin sera bientôt forcé de sortir de sa zone de confort pour brasser une Saison…

Julie sera passablement occupée de son côté également alors qu’une cuisine complète s’ajoute au pub pour l’automne. Espéré par plusieurs depuis longtemps, cet ajout est finalement rendu possible grâce au déménagement de l’espace de production. Les habitués de la brasserie pourront s’attendre à un menu mettant en vedette produits du terroir, aliments du marché, cuisine à la bière ainsi que des grillades, de quoi exploiter la terrasse à son plein potentiel.

Si vous n’avez pas visité le pub depuis le déménagement, vous serez agréablement surpris par les nouveaux aménagements et à la fois rassurés de toujours y retrouver l’influence britannique dans un décor chaleureux, orné de bois et de lustres, le tout un peu modernisé. Le salon de dégustation partage la même ambiance avec une touche « cale à bateau » un peu plus accentuée. À voir, mais surtout, à boire!