Bad Dog BarCraft Bitters et détours

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Les amers (bitters) sont une drôle d’espèce. Dans les faits, il s’agit d’un breuvage alcoolique aromatisé au goût amer ou doux-amer. Ils sont par contre classifiés différemment. Initialement perçus comme un médicament, leur popularité suivi la montée des ligues de tempérances. En effet, s’il était mal vu de trinquer de l’alcool après le boulot, siroter un médicament à toute heure du jour était, ma foi, de bon goût. Mais n’oublions pas que les amers tirent entre 15%-71% d’alcool par volume. La majorité étant embouteillée entre 30%-47%.

Ils existent depuis fort longtemps et contiennent parfois une liste impressionnante d’aromates. Par exemple, la chartreuse proviendrait d’un mystérieux manuscrit reçu par les moines de la chartreuse de Vauvert en 1605.

D’ailleurs, Vauvert me fascine depuis longtemps. C’est aujourd’hui le Jardin du Luxembourg, oui, celui de la toune à Dassin. Outre un couvent, la chartreuse ci-haut mentionnée, il abrita auparavant le château de Robert le Pieux, qui, laissé à l’abandon, devint un endroit lugubre et que plusieurs devinait maléfique. L’expression québécoise d’envoyer ou d’aller au « diable vert », serait en fait une dérivation folklorique de « diable vauvert ». Comme quoi, tout est dans tout, la chartreuse est verte en diable. Couleur dût aux 130 plantes qui la composent.

Hein! Vous pensiez que j’allais me perdre dans un détour? Bam, je suis toujours dans le sujet. Le diable est aux vaches! Est-ce que ça veut dire, celle-là, que la gente féminine est en sécurité face au prince des ténèbres? Je m’égare? Non, pas trop : car lundi, je rencontrais Lara Nixon, propriétaire de Bad Dog Barcraft. Elle élabore les bitters, du même nom depuis 2 ans maintenant. Basée à Austin, Tx, elle fabrique des amers à partir d’ingrédients biologiques.

Photo: Bad Dog BarCraft

Deux produits sont présentement disponible, et leurs noms anglais veulent tout dire : Fire and Damnation et Sarsaparilla Dry Bitters. Le premier est tout feu tout flamme avec du piment brûlant, du thé et de la fûmée. Il est ce qu’il y a des plus approprié pour les cocktails et aliments mexicains. Le second est une version sèche et amère de la racinette à la salsepareille. Il se marie à merveille au vermouth rouge, à l’armagnac et au gin.

D’autres sont en élaboration, dont un amer Bloody Mary (poivre, céleri) et un possible sirop à la vanille. J’ai goûté à ceux-ci, et je dois avouer que c’est fort réussi. Mme Nixon étant de passage en ville, Alambika, le dépositaire montréalais de ses produits, la recevait lundi soir dernier. Brève présentation de ce qu’est un amer, suivi de celle de ses produits. On apprend, entre autre, que l’amer aux piments prends 5 jours à produire, et que de par la nature même des ingrédients utilisés, le feu n’est jamais le même. Il faut donc jouer d’imagination et de doigté pour dompter la bête.

D’une générosité immense, elle nous livre volontairement la liste d’ingrédients de ses produits, puis nous invite à créer nos propres amers à partir de la vingtaine d’extraits qu’elle a amenée. Elle commentera même le produit fini de ceux qui le veulent bien. Pour ma part, j’ai créé un Cherry Claws Bitter : un amer plutôt sec à base d’écorce de cerisier et de griffe du diable. Me semble que ça va être pas mal dans un cocktail à base de bourbon…

Je vous présenterai mes concoctions dans de prochains billets.