1 pour 100

Non, il ne s’agit pas d’une taxe supplémentaire ou d’une augmentation substantielle de la consommation de bière au Canada, mais bien du taux d’emplois en lien direct ou indirect avec la bière. Au Canada, 1 emploi sur 100 est en lien avec l’économie de la bière, qui contribue à 0.9% du PIB. Ces chiffres sont le résultat d’une étude du Conference Board du Canada, commandée par l’Association des Brasseurs du Canada. Fascinante à lire, on y trouve quelques faits intéressants sur une économie souvent oubliée, mais qui fait partie de notre patrimoine depuis plusieurs siècles.

Une économie en santé

L’économie de la bière au Canada est en bonne santé. Boisson alcoolisée la plus consommée au pays, elle représente des dépenses globales, par ménage, de 8.1% en aliments et boissons. Selon l’étude, en 2012 les canadiens ont achetés l’équivalent de 235 bouteilles de bière par personne en épiceries et détaillants et environ la moitié dans les bars et restaurants. On consomme donc toujours plus de bière à la maison.

Chaque dollar dépensé en bière par les ménages engendre une activité économique se chiffrant à 1.12$ et les taxes perçues de 2009 à 2011 sont de l’ordre de 5.8 milliards de dollars en moyenne.

Une économie pancanadienne

L’étude se penche sur l’ensemble de la chaîne de production des matières premières, de l’énergie nécessaire, de la chaîne de fabrication, de la distribution et de la vente. De Vancouver à St-John’s, la bière y est brassée, distribuée et vendue.

Saviez-vous que c’est au Québec et en Ontario qu’il se brasse le plus de bière? Les trois plus grandes brasseries du pays y sont présentes et la moitié des emplois liés à l’économie de la bière y sont pourvus, représentant 71% de l’économie totale liée à la bière. Du côté des provinces de l’Ouest, l’apport en énergie et en céréales permet de soutenir des milliers d’emplois et stimuler une économie pancanadienne.

Fait marquant, comparé à divers autres secteurs, le PIB de la bière se classe légèrement en dessous de celui de l’industrie forestière ou de l’industrie pharmaceutique. Deux industries reconnues comme étant fortes dans notre pays.

Des consommateurs partout au pays

C’est au Yukon que l’on consomme le plus de bière per capita. Un total de 385 bouteilles de bière en 2012. Du côté du Québec, 270 bouteilles ont été consommées par capita en 2012. Et quelle est la province la moins amatrice de bière? C’est la Colombie-Britannique, avec environ 200 bouteilles.

La vente totale de bière au Canada a généré des revenus d’environ 12.3 milliards de dollars ces dernières années et des revenus de taxes de l’ordre de 5.8 milliards de dollars. C’est donc  une industrie en bonne santé. Il est cependant intéressant de remarquer que les bières importées représentent 15.5 % des ventes de bière au pays avec une nette augmentation ces dix dernières années.

 Plus de bières importées ?

L’étude ne le détaille pas, mais ces dix dernières années, le consommateur s’est intéressé de plus en plus aux bières importées. Contrairement aux vins, les bières importées ne sont pas principalement  disponibles dans les sociétés d’États monopolistiques telles la SAQ au Québec ou la LCBO en Ontario. Elles le sont aussi grâce à plusieurs brasseries qui ont un catalogue de produits, incluant ces bières brassées hors Canada, qu’ils proposent à leurs clients détaillants et restaurateurs. C’est sans oublier plusieurs agences d’importations représentant des brasseries étrangères auprès des mêmes détaillants et restaurateurs.

Est-ce que l’avenir est en péril pour les produits brassés au Québec, surtout en microbrasseries? À en croire les divers chiffres fournis par les associations de microbrasseries à travers le Canada et le rapport du Conference Board, les bières microbrassées ont un bel avenir devant elles.

Par contre, le consommateur québécois désire avoir accès à un plus large éventail de bières provenant de partout dans le monde, le modèle actuel est donc à revoir. Est ce que la SAQ se débarrasserait de son portefeuille bière pour laisser aux détaillants le droit d’importer les bières de leur choix? Si on se fie aux résultats de l’année fiscale 2012-2013, la SAQ a vendu pour 90.1 millions de dollars de bières, cidres et produits complémentaires, soit 1.6% de ses revenus. Des peanuts…

Je suis persuadé que l’ouverture du marché des bières importées serait bénéfique pour l’ensemble des consommateurs et de l’économie liée à la bière. Les marchés sont matures, profitons-en.