Une bière, une histoire : Heady Topper

Heady Topper

Chaque parent se rappelle de la naissance de son premier bambin comme étant le jour le plus grandiose de leur vie. Tout(e) adolescent(e) se souvient de la première fois où il (elle) a embrassé quelqu’un à bouche que veux-tu.

Pour ma part, je n’ai pas d’enfants. Et la première fois que j’ai « frenché » quelqu’un, je crois que c’était en 4e année pendant une joute enlevante de tag BBQ. Peut-être même avant ça, j’étais précoce du « frenchage », ce n’est pas de me faute. Bref, mes souvenirs ne sont pas très définis à ce niveau.

Il y a une chose dont je me souviens par contre : ma première Heady Topper de la brasserie vermontoise The Alchemist.  Ah je m’en souviens comme si c’était hier! Bon, c’était l’automne dernier, donc c’est tout de même assez récent. Chaque fanatique de bonnes bières  se souvient de sa première rencontre avec la canette grise métallique à la forme svelte et invitante. Ceux et celles qui en parlent ont soudainement une étincelle dans les yeux; tous et toutes ont une histoire à raconter avec cette bière maintenant légendaire, voici la mienne …

Comme je l’ai déjà mentionné dans une précédente chronique, j’ai réussi à implorer suffisamment le gérant du Vermont Beverage Warehouse, Evan, pour qu’il puisse me mettre un 4-pack de côté de cette Heady Topper tant convoitée. Au fil de nos échanges privés via Facebook, j’aime croire que j’ai réussi à gagner son cœur avec tact et une bonne dose de patriotisme. Pour combler votre soif de savoir ce qui s’est dit entre lui et moi, voici un extrait de notre entretien :

Moi : Good day, I will be in Burlington over the weekend and I was wondering if you would be kind enough to put aside a 4-pack of the marvelous Heady Topper for me please? I understand that the demand is high for this beer and that it would probably be impossible for you to go ahead with that request, but I’m asking anyway and crossing my fingers!

Evan : Hi Eric, as you have guessed, the demand is ridiculously high for Heady Topper and I can’t take personal orders for HT, sorry.

Moi : That’s ok, I understand  completely the situation. (Et c’est ici que je crois que j’ai réussi à le faire plier.) I will still be visiting your lovely State and store this weekend and take my chances on getting my hands on that beer I’ve been craving for a while now!

Evan (2 jours plus tard): Hi Eric, thanks for the kind words! If you come on Saturday, just ask for me … there’s a 4-pack with your name on it waiting for you!

Je sais ce que vous pensez, je suis têteux hein!? Probablement, mais  avez-vous déjà réussi à obtenir des faveurs en étant méchant et sournois?  Voilà, c’est  bien ce que je pensais.

Je reviens donc au Québec, excité comme un jeune gamin à l’idée de tremper mes lèvres dans ce nectar au houblonnage  monstrueusement intense. Quelques jours après mon périple au Vermont, moi et mon ami brassions notre toute première bière ensemble que nous avons judicieusement baptisé La Tentative. Cette bière se voulait un clone de la Torpedo, une IPA très savoureuse gracieuseté de la microbrasserie californienne Sierra Nevada. Les astres étaient donc alignés pour que la Heady Topper fasse partie de ce grand moment.

Heady Topper Brassage

Le brassin étant  bien entamé, le temps était donc venu pour ouvrir ces fameuses canettes. Écoutez, si vous n’avez jamais eu la chance d’y goûter, arrêtez tout ce que vous êtes en train de faire et allez vite au Vermont! Une explosion d’agrumes (orange, pamplemousse) et d’houblons résineux enveloppent intensément le palais à chaque gorgée. Malgré son taux d’alcool plutôt élevé, ce véritable jus de houblons incroyablement frais se boit dangereusement bien. Une légère dose de malts mielleux apporte un certain aspect soyeux qui est évidemment fort agréable.

Deux semaines plus tard, je me présente au Bièrologue pour mes emplettes hebdomadaires. En discutant avec le commis, Olivier, il me fait comprendre que mes Heady Topper restantes qui traînent dans mon frigo doivent être bues le plus rapidement possible pendant qu’elles sont encore fraîches. Le lendemain, un vendredi où la journée au bureau fut pénible, je rentre à la maison pour faire un peu de ménage. Afin de récompenser mes efforts,  je décide d’écouter les conseils d’Olivier et de boire pas une, mais les deux Heady Topper qui se laissaient désirer bien au froid. La récompense ultime! Un sentiment de béatitude absolue mélangée avec une tristesse incontrôlable créée par l’absence soudaine de Heady Topper s’est alors emparé de moi. Quand vais-je avoir la chance de renouer avec toi Heady? Quand? 

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Œil :Orangée, trouble, collet de mousse moyen

Nez :Houblons résineux, herbe fraîchement coupée, agrumes

Bouche : Houblons, houblons et encore des houblons! [divider]Vermont Beverage Warehouse[/divider]