Même si la rouille ne dort jamais, L’Inox ne connaît pas la corrosion

L'Inox

En novembre 2012, L’Inox, la première brasserie artisanale de la Capitale célébrait son 25e anniversaire. Depuis ses débuts, bien des choses ont changé; la brasserie a déménagé, sa clientèle s’est éduquée et la couleur de ses bières n’est plus inédite aux yeux de ses consommateurs. Les temps changent, L’Inox aussi.

Depuis quelques mois, Jean Lampron a quitté sa Microbrasserie de l’île d’Orléans pour s’approprier les parts d’André Jean, l’un des trois fondateurs de L’Inox, et ainsi revenir à ses anciennes amours, les cuves de la brasserie artisanale où il a brassé pendant plus de 10 ans.

Maintenant en tant que copropriétaire, il souhaite redorer le blason de la brasserie afin de lui permettre de clamer fièrement son titre d’institution de la bière à Québec. Déjà, il a commencé à ajuster quelques recettes au goût du jour et a également concocté une Double IPA qui n’est pas piquée des vers !

Attendez-vous à boire plusieurs autres agréables surprises de l’ami Jean qui promet de s’amuser à mesure qu’il apportera des petites modifications à sa salle de brassage.

Dans l’immédiat, il s’attarde à actualiser les principales régulières de la brasserie; la Trouble-Fête, une blanche aux parfums d’agrumes et de coriandre qui a fait la renommée de la brasserie, la Transat, une blonde sèche qui désaltère et la Trois de Pique, une ESB anglaise aux arômes de caramel et de noisette.

La Scotiche, la Dolce Vita, la Kermesse, la Coulée-Douce, la CreaminAle, la Montagnaise y passeront probablement également tout comme la Sortilège devenue un onctueux Sweet Stout et la Viking au miel et canneberge délicieusement trans­formée par l’utilisation d’une levure de Saison.

Retour aux prémices de la bière artisanale

Au milieu des années 80, trois amis de longue date, Pierre Turgeon, André Jean et Roger Roy ont l’idée de créer à Québec une brasserie artisanale où ils pourraient y vendre la bière brassée sur place. L’ennui, c’est qu’à l’époque, le Québec ne connaît que les permis de brassage industriel.

Leur projet fermente pendant plusieurs mois jusqu’en 1987 où la loi s’adapte finalement à cette tendance déjà bien implantée aux États-Unis. L’Inox obtient alors son permis de production de bière artisanale vendue sur place; le deuxième attribué dans la province. En effet, une énigmatique taverne de Montréal, Le Cheval Blanc, la précède de quelques mois seulement.

Fébriles, les trois comparses troquent leurs chau­dières en plastique pour des cuves en acier inoxydable et s’installent dans un vieil entrepôt qu’ils louent et rénovent, au cœur même du Vieux-Port de Québec, au 37, Quai Saint-André.

11 novembre 1987

S’inscrivant dans une tradition tricentenaire au fil de laquelle les brasseries québécoises ont opté pour le Vieux-Port comme lieu de prédilection en raison de la proximité du fleuve qui favorisait le transport, L’Inox devient le fier pionnier de la bière artisanale à Québec.

Évidemment, la bière blanche et la bière rousse de la brasserie laissent les premiers clients perplexes, mais une jeune clientèle étudiante s’approprie rapidement ces bières plus goûteuses offertes par la brasserie. La bière coule à nouveau à flot aux abords du Vieux-Port de Québec.

Quelques brasseurs se succèderont aux cuves de L’Inox, notamment Jean Lampron qui quitte pour démarrer sa Microbrasserie de l’Île d’Orléans en 2006 et Martin Vaillancourt qui fera de même en 2008 pour ouvrir le Corsaire à Lévis.

Passage sur Grande Allée

À la fin 2008, désireuse de devenir propriétaire de ses locaux, L’Inox ferme ses portes dans le secteur Vieux-Port et déménage dans un immeuble récemment acquis sur la célèbre Grande Allée, en plein cœur des activités de la ville de Québec.

Suite à des délais de rénovation, l’inauguration des lieux ne se fait qu’au printemps 2009 et la réponse est aussitôt positive. L’atmosphère des anciens locaux demeure présente, mais l’achalandage de la saison estivale donne du fil à retordre à la production qui peine à fournir.

Après un certain temps, la brasserie s’ajuste et peut commencer à courtiser convenablement les touristes et fêtards qui abondent sur cette artère festive de la Capitale.

L’histoire se poursuit aujourd’hui avec le retour de Jean Lampron dans la salle de brassage, ce qui permettra sans doute de redonner de nouvelles saveurs à la brasserie pour les 25 prochaines années.

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655 Grande Allée Est
Québec, QC G1R 2K4