La bière : qu’y a-t-il après le sommet?

On ne peut nier le buzz positif, l’engouement qui entoure le monde des bières de microbrasserie.

Les amateurs ne cessent de vanter les expériences gustatives qu’ils vivent en consommant des bières qui repoussent sans cesse les limites et définitions de ce qu’est une bière.

Les tripeux sont constamment à l’affût des nouveautés. Plusieurs n’hésitent pas à voyager plusieurs heures afin de mettre la main sur une perle rare ou de participer à un festival de bières aigres vieillies dans des fûts ayant contenu de l’hydromel biologique produit par des abeilles qui butinaient des fleurs de sarrasin non génétiquement modifiés.

Les projets de microbrasseries et de brouepubs se multiplient.

C’est ici que je mets mon chapeau préféré : celui d’empêcheur de tourner en rond.

Sans souhaiter de malheur à personne, j’ai tenté d’identifier des facteurs qui pourraient avoir un impact négatif sur ce beau paysage.

L’ambiance actuelle me fait un peu penser à la bourse lorsque celle-ci va très bien : tout le monde achète des actions et votre beau-frère a des tuyaux incroyables à vous proposer. Je me méfie toujours de cet environnement où de plus en plus de personnes veulent entrer dans un secteur de l’économie et pas nécessairement pour les bonnes raisons mais en espérant y réussir rapidement et avec un minimum d’efforts.

La saturation du marché est un problème pour les brasseries. Il y a un nombre défini d’amateurs de bières qui sont convoités par un nombre en hausse de microbrasseries, de brouepubs et de bières. Le nombre de bières consommées par les amateurs ne peut augmenter que si ceux-ci mettent à mal leur foie! En plus, la philosophie des amateurs de bières de spécialité n’est pas de boire plus mais de boire mieux. L’arrivée d’un brouepub dans un village est assurément une bonne nouvelle économique. Les gens qui s’y rendent consomment les bières produites sur place mais probablement au détriment des bières qu’ils savouraient à la maison. On assiste donc à un déplacement des achats vers le brouepub au lieu du magasin spécialisé.

L’arrivée des macrobrasseries dans le monde de la bière savoureuse et goûteuse via des filiales microbrassicoles est assurément une reconnaissance de leurs succès, une fleur faite aux gens de ce milieu. Par contre, lorsqu’on prend cette fleur, on s’y pique. Ces filiales ne peuvent qu’augmenter la compétition dans un milieu où elle est déjà féroce. Et contrairement à cette compétition « fraternelle » et à armes égales entre microbrasseries, celle provenant de ces géants pourrait être beaucoup plus dure si on considère les ressources financières qui leur sont disponibles.

Les mentalités concernant la consommation d’alcool et sa consommation ont changé au cours des années. Comme on consomme moins, lorsqu’on le fait on veut vivre une expérience gustative intéressante.

Je me confesse : je ne suis pas le consommateur de bières typique. Mes attentes ne reflètent peut-être pas celles du marché mais elles ne sont pas démesurées pour autant. La bière doit être bien brassée et sans défaut. Voici en résumé ce que j’ai pensé des six dernières bières de microbrasseries que j’ai consommées :

  • ordinaire
  • correct,
  • bof! (une pâle imitation de ce qu’elle a déjà été),
  • ordinaire (une pâle imitation de ce qu’elle a déjà été),
  • médiocre,
  • correct (mais surévaluée par la réputation de la microbrasserie).

Toutes ces bières provenaient de microbrasseries pour lesquelles j’ai un préjugé favorable.

Le revenu discrétionnaire est ce qui vous reste après avoir payé votre loyer, vos impôts, votre bouffe, vos factures. Et il semble que les gens en ont de moins en moins. Ils doivent alors couper dans les petits extras qu’ils se payent. Est-ce que les bières de spécialités les plus dispendieuses pourraient écopées au profit de bières moins dispendieuses?

Et vous, que vous fait voir votre boule de cristal?