5 questions à se poser avant de se lancer dans l’aventure brassicole

Vous brassez votre bière à la maison et vous rêvez de partir votre propre projet de micro­brasserie ? Avant de croire que votre rêve peut devenir réalité, assurez-vous de poser les bonnes questions… Pour vous aider, Bières et plaisirs a défriché le terrain pour vous : voici les réponses d’un expert de l’étude Cayer- Ouellette et Associés, située à Chambly, Monsieur Alexandre Cayer, directeur services corporatifs/propriété intellectuelle.

Qui contacter quand on veut ouvrir une microbrasserie ?

Il existe trois types de conseillers dont on ne peut faire fi : le conseiller financier, le conseiller à l’implantation spécialisé dans la mise en service d’un projet de microbrasserie – soit l’aspect plus technique – et le conseiller juridique, surtout pour s’assurer que le projet soit accepté une fois que la demande de permis à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) sera déposée.

Quelles sont les premières étapes à envisager pour partir un tel projet ?

Comme pour tout projet d’entreprise louable, la première étape à franchir est la rédaction d’un plan d’affaires béton. Souvent, la difficulté dans un tel contexte, c’est de définir d’abord pour soi la nature de son projet brassicole. En d’autres mots, il faut savoir d’abord être capable de différencier un brouepub (permis de producteur artisanal de bière) d’une microbrasserie (permis de brasseur) puisqu’il n’est pas rare que le projet qu’un individu souhaite lancer ne soit pas celui qu’il puisse réaliser selon la loi… En résumé, un plan d’affaires sérieux donne une bonne idée du projet, de l’emplacement de la microbrasserie à la qualité d’équipements que l’on veut obtenir, en passant par les coûts que l’on envisage pour en faire l’achat…

Quels types de permis doit-on aller chercher ?

Il y a deux types de permis de brassage : le permis de production industrielle et le permis de production artisanale, dont sont normalement propriétaires les microbrasseries et brouepubs. Mais, contrairement à ce que l’on entend régulièrement dans le langage populaire, il n’existe pas de permis dit « de micro­brasserie ». De manière plus folklorique, on parle du permis des gros et du permis des petits.

Une troisième option, plus rare, s’ajoute aux deux plus courantes, soit quand un passionné qui a fait sa propre marque de commerce fait brasser sous licence sa recette de bière par un détenteur de permis industriel. C’est le cas pour une personne qui ne s’intéresse nullement à la partie technique du processus et où le plaisir s’arrête à créer ses propres recettes, faire sa pub et assurer la mise en marché de son produit.

À quel temps moyen doit s’attendre l’instigateur pour arriver à passer à travers toutes les étapes du processus ?

Une fois le plan d’affaires complété – et révisé par le conseiller en implantation – (étape à durée indéterminée…), le brasseur procède au dépôt de la demande de permis de brassage – révisée par le conseiller juridique. À partir de ce moment, le brasseur dispose généralement de neuf à douze mois pour monter son projet concrètement, pièce par pièce. Recherche de local; construction ou rénovation; sélection, magasinage et installation des équipements; tests et évaluations; élaboration des recettes; ajustements sur la ligne de production; embauche de personnel; planification de la distribution, à savoir par exemple s’il veut se dénicher un agent de distribution ou alors bénéficier de sa propre flotte de distribution, etc.

Le jour où il reçoit son permis, le brasseur qui a déjà démarré la machine a encore un lot de normes à respecter, mais il devient plus indépendant. Bien entendu, il peut se mettre à brasser sur place. Ensuite viendra la gestion de l’image et des étiquettes, le perfectionnement des recettes, bref le rodage du projet, du personnel et des procédures. Une autre étape vient s’ajouter au processus dans le cas où l’on s’intéresse à l’exportation…

Évidemment, vendre à l’extérieur du Québec devient une fenêtre sur un tout autre monde, avec d’autres lois et d’autres réalités.

En bref, quels sont les conseils de base que vous donneriez au principal concerné, histoire de limiter les probabilités de mauvaises surprises ?

D’être bien préparé… De bien comprendre et maîtriser tous les volets; brassage, mise en marché, réseautage dans le milieu… parce que se lancer en affaires dans le monde de la bière est beaucoup plus complexe que d’aller chercher le simple permis de brasseur.