L’union fait la force

union fait la force

Saviez-vous que la devise « L’union fait la force » est la devise nationale de plusieurs pays, dont la Belgique ? Sa définition est claire : plus on est ensemble, plus on a de pouvoir. Mais pour que cette devise soit forte, il faut que tous aillent dans la même direction.

Allons faire un tour aux États-Unis

Chaque année se tient la Craft Brewers Conference (CBC). En 2014, le CBC avait lieu à Denver au Colorado et offrait une semaine de conférences et de rencontres par les brasseurs, pour les brasseurs. On y trouve même un salon professionnel présentant les dernières innovations en techno­logie de brassage et nouvelles tendances. D’ailleurs, je vous invite à lire mon texte à ce sujet dans cette édition.

Cette semaine professionnelle, qui tourne autour de la bière et qui a reçu plus de 9 000 participants en 2014, est organisée par la Brewers Association, la plus grande association de brasseurs au monde. Plus de 1 800 brasseries membres sur un total de 2 600 en activité, soit un taux de représentation proche de 70 %, sans tenir compte des 200 brasseries internationales également membres de l’association.

La Brewers Association est l’association de brasseurs la plus puissante au monde dotée d’un budget de fonctionnement incroyable et de moyens exceptionnels. Sa structure est fondée sur un con­seil d’administration, du personnel exécutif et des comités liés à différents secteurs : finances, marketing, règlements, brouepubs, etc. Ses bureaux sont à Boulder au Colorado.

Comment est-elle financée ? Par un droit d’adhésion et un frais d’adhésion fondé sur la production annuelle de la brasserie, à partir de 2500 bbls annuels (1 barrel ou bbl = 119 litres). Vous êtes une brasserie avec une production de 3000 bbl/an et vous désirez devenir membre de l’association ? Le coût sera de 295 $ + 0,10 $ du bbl, soit 595 $ par année. Des peanuts ! Mais multipliées par des millions de barrels, c’est un très gros sac de peanuts…

De retour au Québec

Tel que vous l’avez lu dans mon dernier éditorial, la révolution brassicole et la modification des tendances du marché est une réalité qui se perçoit de plus en plus. Vous consommez de la bière différemment, les brasseries s’adaptent. En tant qu’observateur du marché, j’ai le privilège de comparer plusieurs marchés à travers le monde et la réalité au Québec est légèrement différente des États-Unis, mais le droit associatif est tout aussi important.

D’ailleurs, il existe déjà une association de brasseurs du Québec : l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). Créée en 1990, elle a comme mission de défendre les intérêts des microbrasseries et des brouepubs auprès des différentes instances gouvernementales et affaires publiques. Elle est structurée de la même façon que la Brewers Association : un conseil d’administration, des comités liés à différents dossiers dans l’industrie (qualité, marketing, événementiel, etc.), un membre du personnel exécutif et des frais annuels fixes plus une cotisation par volume de production.

Chaque année, l’AMBQ organise son colloque qui regroupe les gens de l’industrie, les partenaires et les fournisseurs. Le tout ponctué de conférences animées par des conférenciers du monde entier. Une formule très proche du CBC organisé par la Brewers Association, mais bien plus petite car on ne peut comparer un secteur d’industrie d’un pays avec plus de 2 600 brasseries à celui d’une province et ses 120 permis de brassage délivrés.

Figurez-vous que je me suis amusé à comparer le nombre de permis de brassage délivrés dans la province du Québec et le nombre de membres actifs de l’AMBQ. Le taux de membre est inférieur à 50 %, mais si l’on regarde le taux par volume, l’AMBQ représente au-dessus de 90 % des bières produites par les microbrasseries. Pourquoi une si grande différence ?

Tout d’abord, plusieurs acteurs du monde brassicole possèdent plusieurs permis de brassage. Dieu du Ciel!, Trou du Diable et Benelux en possèdent deux, par exemple. Un permis par lieu de production, que ce soit un brouepub ou une brasserie industrielle. De plus, l’AMBQ a ouvert son association aux brouepubs depuis un an environ. Plusieurs établissements se sont déjà inscrits, mais d’autres sont en processus de réflexion. Le droit associatif est un droit et non une obligation.

Mais je reste cependant surpris de voir que beaucoup de brasseries et brouepubs ne sont pas membres de leur association professionnelle. Certes, l’AMBQ n’a pas les moyens de la Brewers Association pour offrir les mêmes avantages à ses membres, mais elle est animée essentiellement par des bénévoles qui représentent l’ensemble du secteur de la microbrasserie au Québec et qui ont besoin de se sentir soutenus. L’union fait la force !

En novembre 2014 se tiendra la 5e édition du congrès des microbrasseries du Québec. Voilà une très belle occasion de devenir membre.