Le Boquébière Sherbrooke, 5 ans plus tard…

Boquébière

Il y a ce qui est grand et il y a ce qui est petit. Le Boquébière se situe quelque part au milieu. L’une des plus petites brasseries industrielles du Québec fête cette année son cinquième anniversaire. Un grand événement dans ce petit marché animé des brouepubs qu’est Sherbrooke.

Un grand espace

La place est grande, c’est un fait. Un grand es­pace ouvert qui permet l’organisation de spectacles ainsi que d’événements culturels et sociaux, sans que l’on ne se marche sur la tête. Et ce n’est que la salle principale puisqu’il existe une grande salle attenante à la première, qui peut être réservée pour les événements plus intimes. Il y a deux ans, alors que j’habitais Sherbrooke, j’ai pu y assister à plusieurs assemblées et spectacles impliquant près de deux cents personnes.

Il y a eu des rénovations depuis, en janvier dernier me dit-on. Le bar prend désormais moins de place, une grande scène de spectacle a été aménagée afin d’accueillir les nombreux groupes du Québec qui passent régulièrement par là et, enfin, le décor a été renippé dans un style néorustique bon genre. Derrière le comptoir tout neuf on a accroché au mur des casiers de bois dans lesquelles se côtoient des bibelots et une sélection honnête de scotchs whisky.

Une situation particulière au sous-sol

Durant la saison clémente, une petite terrasse est installée sur le trottoir. Il faut dire que, comme Le Boquébière est situé au sous-sol d’un immeuble de la rue Wellington, le soleil manque un peu, malgré de grandes fenêtres vitrées donnant sur une petite cour intérieure. Cela-dit, si l’on cherche une terrasse intime, c’est parfait ! De même, en fin d’après-midi, l’endroit est idéal pour travailler ou lire un bon bouquin tranquille en prenant un verre et un petit casse-croute.

Un barman sympathique et des souvenirs dansants

Installé au comptoir, j’essaie de prendre mes courriels. Le wi-fi ne fonctionne pas. Les responsables du programme ZAP n’ont pas encore fixé le problème. Le sympathique barman m’assure qu’une solution de rechange devrait être trouvée bientôt. Je passe à la commande. Sur recommandation, et puisque je suis un chaud partisan du style, on me sert une chopine de Porter fumée. Simple, assez mince, le fumé est discret, mais somme toute excellent.

L’endroit s’anime en fin de soirée, lance le serveur. Ce n’est pas faux, je me rappelle de belles soirées dansantes et bien arrosées où il y avait foule… Le barman est un fan isolé de l’équipe d’Allemagne au Mondial de Soccer (il s’avéra récompensé), mais présentement, c’est le Brésil et la Colombie qui dansent leur petit balai. Après observation du menu, je choisis parmi les traditionnels nachos gratinés et tortillons, du cheddar en saumure, le Franz, un hot-dog à moutarde de Dijon, mayo et choucroute servi dans un pain ciabatta. On peut l’accompagner d’une frite avec un petit supplément ou encore mieux, de délicieux tortillons, bouchées de fromage frais en saumure.

Des bières très intéressantes sans trop d’extravagance

Pour faire descendre tout ça, un 20 onces de blonde Rustik de la série Hildegard fraîche, légèrement fruitée, à mi-chemin entre une Saison et une Kristalweizen. Pour dessert, l’abordage, une pale-ale classique toujours discrète, mais bien réussie.

L’équipe de brasseurs a réparti ses bières selon trois grandes catégories. La gamme Hildegard, nommée en l’honneur de l’abbesse de Bingen au XIe siècle, regroupe les inspirations de styles belges; la gamme Hopkins, nommée en l’honneur d’un brasseur sherbrookois de la fin du XIXe siècle prénommé John, regroupe les inspirations de sty­les anglais; enfin, la gamme Barnstown, semble plutôt être un jeu de mot à l’anglaise, puisqu’elle regroupe toutes des bières inspirées par le terroir des environs de Sherbrooke. Bien que non disponible à mon passage, la brève description de la grisette aux griottes de Compton semble des plus alléchantes. Il faudra revenir en saison.

Le garçon m’informe que les mercredis, c’est la Soirée du Houblon. À cette occasion, plusieurs bières de brasseries invitées sont servies. Je capte à la volée une conversation du serveur avec l’un des brasseurs. La semaine prochaine, ce sera Dieu du Ciel! à l’honneur.

Les heures sont passées vite. Je dois partir sur un but refusé de la Colombie. J’ai le sourire aux lèvres après cette petite virée et je reviendrai sûrement, en fin de soirée.