JOUR 03: pas de géant dans le Midwest

Jour 3L’objectif principal de la journée? Suivre la cadence prévue pour pouvoir se saucer à The Sanctuary Pub et passer la nuit à Iowa City. Pas une mince affaire considérant les 8 heures de route et la brochette de brasseries à courtiser.

Avant d’aller dire bonjour à un monument de Kalamazoo, je me devais de prospecter pour une intrigante nano sur le bord de la Old U.S 12. Bitter Old Fecker Rustic Ales s’avéra insaisissable alors que ni la brasserie ni le point de vente adjacent n’avait de quoi m’éclairer. La nano restera une curiosité pour cette fois-ci. Comme un malheur n’arrive jamais seul, Dark Horse qui se trouve sur le chemin n’ouvre qu’à 15h.

Prochain arrêt: Bell’s Eccentric Cafe

Pas exactement l’idéal de commencer l’épopée du jour 3 avec le gourou des concoctions moelleuses et riches, mais en tant que sacrifiés au moral inébranlable, nous procédons. L’endroit m’est familier et inchangé depuis ma dernière visite. La boutique est bien remplie des produits réguliers de Bell’s et des multiples composantes recherchées par le brasseur maison moyen. Maintenant, place à la salle de dégustation. On a peur, surtout moi parce que je garde le volant pour une bonne partie de la journée. Ma peur se concrétise avec panache, comme prévu, avec sa vaste sélection aussi variée qu’excitante. Prenons quand même le temps de relaxer un peu. Les trois premières, Kalamazoo IPA, Red Nose ESB et Brett Stout titillent délicatement nos sens vierges de la matinée. Toujours bien exécutés les Bell’s, très rarement dans le dalot. Les deux derniers échantillons franchiront la ligne de la simple bonne exécution pour se faufiler dans le tour de force. Avec la grande Expedition Stout, se joignent la Bear Hug et la Dagger Stout forgées avec la même force. Des desserts complets et complexes qui ne laissent personne indifférent. Merci Bell’s mais si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais.

Prochain arrêt: Three Floyds Brewing Co.

Deux heures de route à grignoter des fèves edamame, c’est assez pour rendre fou de rage n’importe quel estomac. Spécialement quand le prochain endroit a peu d’égal de qualité concernant la combinaison cuisine/breuvages. Three Floyds est une des plus excitantes boites à surprise et encore une fois elle remplit sa promesse. Quand plusieurs bouteilles d’exception sont disponibles à la boutique en plus, on a l’impression d’être privilégiés. Plusieurs classiques sont au menu bière, plusieurs nouveautés au coefficient d’excitation élevé et quelques fûts invités également. Tout est là pour une bonne et bruyante mi-journée, parce oui, Three Floyds c’est aussi un repère pour la musique lourde. Les assiettes pleuvent maintenant de partout, Duck Breast, Octopus Bulgogi et Masa Dumplings nous divertissent presque autant que la bière. Tout le monde est content, tout le monde est comblé, tout le monde est déjà un brin épuisé. Merci Three Floyds mais si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais, encore.

Prochain arrêt: Flossmoor Station

Pas autant un incontournable que seulement un endroit difficile à contourner. Flossmoor, qui aime bien soigner son image et qui exige que son service soit impeccable, s’apprêtait malheureusement à nous servir un amuse-gueule de qualité douteuse. Les apparences ne servent à rien quand les bouchées sont difficiles, La maison est responsable de quelques brassins excitants et bien exécutés par contre, comme la Pullman Reserve Barrel Aged offerte en cask. Une bombe vanillée aux accents de chaleur d’une crème brûlée sortie du four. Ce n’était qu’un arrêt rapide. La progression doit s’engranger étant donné que c’est peut-être ma seule occasion d’aller dans ce coin des États-Unis, ma seule chance de vivre The Sanctuary Pub et sa sélection du Midwest profond.

Prochain arrêt: The Sanctuary Pub

Un simple coup de fil pour être certain que ce soit ouvert a eu un effet stimulateur. La route se poursuit et la batterie chargée d’excitation est encore bien pleine. À l’approche de la ville, un climat glauque et soporifique nous accueille. Rien ne nous indique que la bière promise existe en ces lieux. Finalement, au loin, une enseigne néon perce laborieusement l’écran d’arbres dégarnis. De l’extérieur on peut voir c’est tranquille, le bar n’attend que nous. D’un côté une section vide avec un feu de foyer esseulé, de l’autre un bar modestement habité. Nous faisons notre entrée sans perdre trop de temps qu’aussitôt le serveur nous prend d’assaut avec sa gentillesse. Ça n’a pas pris trop de temps pour se familiariser, assez pour que la première pinte soit sur le bras de la maison. Une valeureuse pinte de Toppling Goliath Dorothy, une pilsner aussi éclatante que certaines bues en Franconie plus tôt. Le reste de la liste comprenait une panoplie de gâteries comme la Christmas Bomb! de Pariries, la Toppling Goliath Sue et des trucs beaucoup trop impériaux pour notre niveau de fatigue. Le temps de goûter quelques trucs et de refiler un petit cadeau du Québec au serveur, nous étions en direction de la suprême et omnipotente chambre d’hôtel. Dormir sera divin, parce que demain c’est encore Noël et que le Goliath ne sera pas tendre envers nous.

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