Valse allemande à l’américaine

Hopfenweisse

La Hopfenweisse est essentiellement un style hybride qui marie les flaveurs typiques des bières blanches allemandes, les Weizen, aux propriétés aromatiques des houblons, la plupart du temps, de variétés américaines. Voilée, au nez parfumé de notes intenses et fruitées, elle est onctueuse, savoureuse et intensément rafraichissante. Une bière estivale

par excellence !

Si le style n’est pas officiellement reconnu, les bièers qu’il représente ne passent certes pas inaperçues. L’union des propriétés de la Weizen et des houblons américains ne pouvait que donner une bière à la fois goûteuse, accessible et parfaite pour les chaudes journées d’été. Le subterfuge qui réconcilie l’amateur de blanche légère et l’insatiable hop head sur une terrasse ensoleillée…

Si la Hopfenweisse a pu raccommoder quelques couples, elle fut plutôt créée pour unir la tradition allemande – sa levure Weizen et ses bières de blé – et les récentes tendances américaines – la puissance aromatique des houblons conférée par le houblonnage à froid – afin de leur rendre hommage.

Retour aux sources

C’est la TAP5 Meine Hopfenweisse de l’allemande Schneider Weisse qui se targue d’être la première Hopfenweisse mise en bouteille. Aussi connue sous le nom Schneider & Brooklyner Hopfen-Weisse, elle est le fruit d’une collaboration transatlantique entre Garrett Oliver, brasseur en chef de la Brooklyn Brewery de New York, et Hans-Peter Drexler, maître-brasseur chez Schneider Weisse de Kelheim en Bavière.

Créée en 2008, cette version originale fut toutefois créée avec des houblons allemands – on y retrouve tout de même des flaveurs tropicales intenses au nez –, elle titre 8,2 % d’alcool, et est légèrement cuivrée, s’apparentant davantage à une Weizen Bock bien houblonnée. Une interprétation qui, quelques années à peine après sa création, ca-dre plus ou moins avec les nouvelles interprétations de Hopfen-weisse que l’on retrouve ici et là.

S’il est dur de déterminer si la Hopfenweisse de Schneider et Brooklyn est réellement la première authentique, on ne peut contester qu’elle a été la première à arborer le nom et qu’elle a eu beaucoup d’influence sur des bières alliant les mêmes caractéristiques qui sont apparues peu de temps après.

Le profil le plus commun de la Hopfenweisse

On retrouve plusieurs profils différents, mais l’équilibre entre le houblonnage, la base céréalière et l’apport des levures est habituellement harmonieux. La bière est légère, rafraichissante, fruitée et parfois épicée.

Un sucre résiduel supporte quelques fois les arômes et flaveurs, alors que d’autres versions sont légèrement acidulées, ce qui est attribuable au blé ou aux agrumes. L’amertume ne devrait pas dominer la bière, celle-ci devrait être plus aromatique qu’amère.

Sa couleur est jaune paille et habituellement voilée ou trouble, elle est coiffée d’une mousse blanche onctueuse et persistante. On retrouve souvent au nez, des notes fruitées provenant des houblons (agrumes, fruits tropicaux), de la levure (banane, poire) ou d’épices (coriandre, zeste d’agrumes). Des notes herbacées et résineuses peuvent également être présentes à l’occasion.

C’est en bouche que l’on retrouve les variations les plus marquées. Même si les flaveurs reflètent habituellement celles offertes au nez, certaines versions misent davantage sur les houblons alors que d’autres laissent plus de place aux nuances céréalières et, évidemment, aux notes signatures de la levure. Elle est généralement sèche, assez gazéifiée et très facile à boire.

Elle oscille entre 5 % et 8 % d’alcool tout dépendant des interprétations. Différentes versions telles que l’Imperial Weizen, l’American Wheat et la Wheat Ale – essentiellement toutes des bières de blé houblonnées ou des Weizen amplifiées – sont parfois encore plus fortes, atteignant même les 10 %.

Notre dégustation

La Hop & Weizen est évidemment très bien réalisée et le résultat est excellent quoiqu’un peu plus axé vers le côté Weizen. De ce fait, elle est moins goûteuse et moins intense, mais très intéressante. La Hopfenweisse des Trois Mousquetaires intrigue par ses effluves herbacés et citronnés. En bouche, elle est onctueuse et agréable, les houblons prenant nettement les devants.

La LSD est onctueuse à souhait et, au nez comme en bouche, ses arômes nous enchantent, particulièrement ceux des houblons qui se font dominants. Les amateurs d’amertume adoreront sa finale persistante.

La Shawinigan Handshake séduit par son nez Weizen aux effluves évoquant le girofle et la muscade. Elle s’impose ensuite par sa texture onctueuse, ses agréables flaveurs de levure et sa finale houblonnée acidulée aux notes de fruits tropicaux.

De même, la Hopweizen de Pit Caribou charme par son nez épicé de levure et ses effluves de fruits tropicaux; c’est toutefois en bouche que se dévoile le spectacle, laissant place tour à tour aux grains, au blé, à la touche de banane, aux houblons fruités, puis à la finale amère et rafraichissante. La lutte a été serrée entre les deux dernières, mais c’est celle du Pit qui fut couronnée par notre panel.