Le Mondial de la Bière : le meilleur de la culture brassicole

Mondial de la Bière

En guise de préambule à l’arrivée officielle du solstice d’été, le Mondial de la Bière entamait la saison des festivals estivaux de la Métropole et ce, pour la 22e fois. L’évènement s’est échelonné principalement sur 5 journées où 193 000 épicuriens ont franchi les tourniquets du Palais des Congrès pour y déguster 475 bières, dont 226 nouveautés, et une panoplie d’options culinaires toutes aussi appétissantes les unes que les autres.

La grande nouveauté cette année était la célébration de la culture bière sur une semaine complète entourant le Mondial, du 8 au 14 juin. Plusieurs sorties et activités étaient proposées aux festivaliers pour bien s’imprégner de ce que Montréal a le mieux à offrir en matière de bières et de gastronomie.

Un petit survol de mon expérience personnelle de cette Semaine Brassicole.

MARDI 9 JUIN

J’entame mon aventure en force avec un passage obligé au Cheval Blanc pour y déguster une succulente Coco Bonheur. Je l’attendais avec impatience celle-là et je n’étais pas le seul. C’est quoi cette bière au juste? C’est l’été dans un verre, tout simplement. L’azote fait tout un boulot pour le visuel de ce nectar. D’apparence blanche et onctueuse à première vue, l’onctuosité du liquide s’effrite rapidement et dévoile sa vraie nature : une belle robe dorée surmontée d’une mousse laissant une magnifique dentelle derrière elle. Un nez tout en fruits tropicaux nous fait instantanément saliver. En bouche, on a droit à un véritable pina colada, l’ananas et la noix de coco sont en parfaite symbiose. J’en aurais bu un pichet tellement ça se boit si facilement, mais je devais faire de la place pour ce qui s’en venait…

Déplacement vers la Promenade Masson pour se boucaner le bec lors de la soirée des bières fumées à la Succursale. N’étant pas un fan de ce type de flaveurs, mais étant un fidèle client de l’endroit, je me devais d’aller goûter au merveilleux cask de rousse au thé fumé, présenté exclusivement pour l’occasion par Les Trois Mousquetaires. Pas trop abrasive, juste assez fumée, cette bière m’aide à refaire la paix avec ces saveurs, lentement  mais sûrement.

MERCREDI 10 JUIN

Première incursion au Palais des Congrès pour l’ouverture officielle du Mondial. Étant donné l’achalandage contrôlé, c’était l’occasion parfaite pour déguster toutes les bières qui risquent d’être liquidées avant la fin du festival. C’était également le moment tout désigné pour renouer avec des connaissances et des gens de l’industrie dont je n’avais pas vu depuis des lustres. Ma première bière bue fut la Dixième des Trois Mousquetaires. Pas l’temps de niaiser! Toujours aussi délicieusement complexe, quelle bière! La barre était haute pour les bières subséquentes,  mais force est d’admettre que celles dont je me suis délecté ont su tirer leur épingle du jeu. Mentions plus qu’honorables à la Wastringue, une hopfenweisse de Le Temps d’une Pinte, le Sergent Ripin du Brouhaha, pour les amateurs de brettanomyces, et finalement, la sublime Exorciste aux mûres du Dieu du Ciel. Je quitte les lieux vers 18h, mais je ne suis pas tout à fait rassasié.

Le Vices et Versa est ma prochaine destination, question de déguster un plat concocté avec brio par Philippe Wouters. J’arrête mon choix sur un filet de porc farci aux kumquats, sauce à la Disco Soleil et purée de panais. Je fais fi des suggestions houblonnées pour accompagner le plat en buvant à grandes lampées une pinte des Chevaliers du Funk, une collaboration extraordinaire entre les brasseries Dunham et Le Castor. Ai-je besoin de préciser que c’était divinement délicieux?

La panse remplie, je quitte vers la Soirée des Ex au Dieu du Ciel où anciens et actuels artisans de l’endroit avaient brassé des bières exclusives à l’évènement. Un peu fatigué, je ne bois qu’un seul verre, mais tout un. La Sommet du Bonheur, brassée en collaboration avec Isaël Dagenais du Cheval Blanc, remporte la palme de la meilleure bière bue pendant toute la semaine, à mon humble avis. Un nuage de mousse blanche et crémeuse s’ancre fermement sur une bière blonde et embrouillée. Lorsqu’elle se dissipe, cette mousse tapisse la totalité du verre. Quelques phénols de la levure belge sont perceptibles au nez, mais c’est surtout une explosion fruitée et résineuse qui vole la vedette. En bouche, la poussée d’azote procure une sensation veloutée à chaque gorgée, celle-ci étant composée de fruits tropicaux très vifs. Le côté belge se fond dans toute cette marée houblonnée pour créer un équilibre sensationnel.

JEUDI 11 JUIN

Petite pause bien méritée lors du jeudi 11 juin. Je m’en veux toutefois d’avoir raté le 7e anniversaire du Brouhaha, où de grands crus coulaient à flots. On m’a dit beaucoup de bien de la Trente-Trois du Memphré notamment. J’ai bien hâte d’y tremper mes lèvres!

VENDREDI 12 JUIN

Tel un guerrier assoiffé, je reprends d’assaut le Mondial, mais cette fois-ci, la foule est beaucoup plus dense que le mercredi, résultant donc en un départ hâtif de ma part. J’ai quand même eu la chance de boire quelques bières d’Oshlag, une nouvelle avenue créatrice des fondateurs de Glutenberg. Une curiosité qui m’a piqué de plein fouet lorsque j’ai vu leurs offrandes, la Aztec Steam Beer  m’a grandement plu notamment grâce à son visuel pourpre invitant et ses saveurs fruitées fort intéressantes. Idem pour leur Barley Wine affiné en barriques de rhum qui était très savoureux. Après avoir avalé tout rond un décadent grilled cheese du camion de rue P.A. & Gargantua, je prends la poudre d’escampette vers la Station Ho.st pour la populaire soirée des bières sûres.

Une pluie torrentielle s’abat sur la ville, je suis tout trempé quand je pénètre dans le bar de la rue Ontario. La divine Cassandra saura m’assécher rapidement. Du moins la bouche. Cette bière sûre aux framboises et aux cerises est cuivrée avec quelques reflets rosés, une couche de mousse moyenne se posant sur le dessus de la bière. Un nez très fruité (cerises et framboises, évidemment) s’appuie sur des notes lactiques modérées. L’acidité est douce et très agréable, véhiculant ainsi à perfection les saveurs fruitées très explosives.

SAMEDI 13 JUIN ET DIMANCHE 14 JUIN

Le guerrier n’est plus tant assoiffé et je constate à ma grande déception que je n’ai plus 20 ans. Bon, mon début de calvitie était déjà un bon indice, mais vous comprenez ce que je veux dire. Ma brève mais intense aventure fut toutefois ponctuée de moments inoubliables, de bonnes bières, de fous rires et de superbes rencontres, comme toujours. C’est donc un rendez-vous pour la 23e édition qui se déroulera du 8 au 12 juin 2016!