Une bière pour la soif ?

hydrataion

C’est bien connu : y’a pas mieux qu’une bière pour lutter contre les fortes chaleurs .

Ouais… mais non.

La bière est vraiment une arme à double tranchant par grande chaleur, que ça soit sur une terrasse en été …ou dans un bar surchauffé en hiver.

La raison, on la connaît tous : une bière légère, mince en bouche et légèrement amère, étanche la soif, mais dans l’heure qui suit le volume de liquide évacué par les reins est plus important que celui qu’on a bu. Comme le dit dans sa grande finesse la sagesse populaire brassicole : t’en bois une, t’en pisses deux.

Une combinaison de facteurs

La bière est aussi notoire pour avoir cet effet de manière plus marquée que la vin ou les alcools forts. Là, quelques facteurs entrent en ligne de compte. Premièrement, le fait que l’on boit généralement de la bière en plus gros volumes que le vin ou les alcools forts. Et puis, dans la bière, l’effet diurétique du houblon s’ajoute à celui de l’alcool.

L’effet de l’alcool sur l’organisme a été étudié de manière précise : l’éthanol est un antagoniste de la vasopressine ou ADH (hormone anti-diurétique). C’est-à-dire que l’alcool contenu dans la bière desserre le frein naturel de notre corps à l’évacuation de l’eau par les reins. Ce frein permet qu’une partie de cette eau puisse être récupérée pour hydrater l’organisme. Si on le desserre, l’organisme n’absorbe plus cette eau.

Du côté du houblon, l’effet diurétique est lié aux composés phénoliques qui stimulent l’activité des reins… qui travaillent plus vite et remplissent donc plus vite la vessie.

Alors quoi ?

Alors voilà : dans un environnement chaud, cette évacuation de plus de liquide qu’on n’en absorbe provoque une déshydratation. Cause de la gueule de bois, mais qui, en période de canicule prolongée en été, peut avoir des conséquences bien plus sérieuses, des problèmes rénaux au collapsus cardio-vasculaire. La recommandation habituelle de boire des verres d’eau entre les bières en cours de soirée, ainsi qu’avant et après est donc tout ce qu’il y a de plus valable. Et cela, bien sûr, en plus des deux litres par jour recommandés pour un adulte en temps normal. Il faut bien sûr éviter d’aggraver le tableau avec des boissons contenant de la caféine, elle aussi diurétique, café ou un breuvage au cola.

Ceci dit tout n’est pas mauvais non plus dans cet effet diurétique de la bière : en faisant travailler les reins, il permet à l’organisme de se débarrasser de nombreux déchets, et cela aurait apparemement un effet préventif contre les calculs rénaux.

De la bière isotonique ?

Il y a pourtant, dans le monde de la bière des produits réputés isotoniques, c’est-à-dire qui présentent une composition idéale pour réhydrater l’organisme : les Weizen sans alcool allemandes, comme par exemple la Weihenstephaner Alkoholfrei, disponible en quelques endoits au Québec.

De manière évidente, en enlevant l’alcool dans une bière peu houblonnée, on limite l’effet diurétique de la bière, c’est logique. Le surplus de matière sèche, sucres complexes, protéines et sels minéraux, (comparé à une Lager sans alcool) faisant le reste.

C’est en soi réjouissant de trouver ainsi dans le monde de la bière une alternative aux boissons isotoniques courantes sans sucre raffiné, sans colorants, sans addiftifs ou édulcorants. Mais il y a une petite ombre au tableau. En 2010, dans un test de Weizen sans alcool, la Stiftung Warentest allemande, a déterminé que, si la majorité de ces bières étaient bien isotoniques, toutes contenaient trop de calcium et pas assez de sodium pour répondre aux besoins d’un coureur de fond, par exemple.

Ceci dit, pour les boire assis tranquille sur une terrasse, ce n’est probablement pas un problème. Santé !