Dans une distillerie loin de chez vous…

Okanagan

La Colombie-Britannique est une superbe destination de voyage et ce, pour plusieurs raisons.  Nul besoin de passeport ou d’acheter de l’argent à fort prix, on y va pour les grands espaces, les sources thermales, les montagnes, le Pacifique, pour l’attitude des gens de la côte ouest bref, tout ce dont on peut rêver pour un séjour.

Les amateurs de bière y sont choyés, tellement il y a de bonnes adresses ! La culture brassicole y est bien vivante. La province a vu naitre son premier brouepub en 1984 (Spinnakers Brewpub, à Victoria) et compte aujourd’hui plus de 50 micro-brasseries et brouepubs, selon le site hellobc.com. D’ailleurs, si jamais vous êtes fans et que vous êtes libres les 11 et 12 septembre, allez faire un tour au Great Canadian Beerfestival à Victoria.

La vallée de l’Okanagan, elle, regorge de vergers, vignobles et cidreries et certains de ces vins sont disponibles à la SAQ. À Naramata, on peut trouver des vins plutôt singuliers ! L’équipe d’Elephant Island Orchard Wines produit des vins de cassis, poires, cerises, et autres gâteries qui valent amplement le détour. C’est sur la route vers Elephant Island que le hasard a voulu nous faire tourner dans la cour d’un distillateur, et pas n’importe lequel.  Maple Leafs Spirits est un des pionniers dans la microdistillerie là bas. Coup d’œil sur cette industrie en plein essor.

Distillerie artisanale ou industrielle ?

En 2005, Jorg Engel, venu d’Allemagne, ouvrait sa distillerie Maple Leafs Spirits – qui a changé de proprio depuis –, à peine 6 semaines après le Okanagan Spirits. Jorg est donc l’aîné d’un mouvement qui fait aujourd’hui de plus en plus de vagues. Il ne distille aucun alcool de grain, il se spécialise plutôt dans des alcools fabriqués avec les divers fruits de la vallée, dont un Skinny au Gewurztraminer, l’appellation « Grappa » lui étant interdite. En effet, seule l’eau-de-vie de marc produite en Italie et au Tessin (CH) peut porter cette appellation. En 2013, il y avait 7 distilleries. Cette même année, après beaucoup d’efforts et lobbying de la part de l’association Craft Distillers Guild of BC formée en 2007, le gouvernement a finalement changé les règles pour créer une deuxième catégorie de distillateurs, ce qui leur a permis de sortir des quartiers industriels et être là où les gens peuvent les voir, avoir un comptoir de dégustation, s’installer dans les divers marchés publics régionaux pour ainsi promouvoir et vendre leurs produits aux touristes et locaux.

Ce permis vient avec l’obligation de n’utiliser que des ingrédients provenant de la province, de ne pas produire plus de 50 000 litres, et le tout doit se faire sur place. Le permis industriel, lui, n’a pas ces restrictions. Ce permis artisanal est vraiment intéressant pour le consommateur soucieux d’explorer et en-courager les artisans des différents terroirs. En tout cas, il semblerait que les distillateurs aussi trouvent l’idée intéressante, puis-que de 7 distilleries en juin 2013, il y en a aujourd’hui 30, et plusieurs autres ouvriront bientôt.

Gin et Vodka, superstars en devenir

En plus de ces alcools de fruits ou de miel, de plus en plus de gins et vodkas artisanaux voient le jour, même que certains distillateurs commencent à travailler des Single Malts. L’engouement pour ces produits est tel, que le festival BC Distilled vit le jour en 2014. À partir d’une quarantaine de dollars le billet régulier, les festivaliers ont accès à une session, et l’entrée inclut les dégustations ainsi que des bouchées. Il va sans dire que le transport en commun est de mise ! Pour cette deuxième édition qui eut lieu le 18 avril, un petit nouveau s’est fait remarquer. En effet, la distillerie The Dubh Glas Distillery qui a ouvert ses portes en mars, s’est vu remettre le prix du meilleur gin de la province à peine quelques semaines plus tard ! Nous nous sommes rendus à Oliver, pour discuter avec le propriétaire et distillateur Stevely, et pour goûter à son Noteworthy Gin, fabriqué avec pas moins de 8 herbes et épices. Il est effectivement exceptionnel et c’est avec beaucoup de fierté et un peu de surprise qu’il a ramassé ce premier prix ! Fait intéressant, Stevely a pu compter sur l’aide de Jorg Engel pour démarrer son entreprise.

C’est avec beaucoup de camaraderie et de passion que cette industrie se développe un peu partout à travers la province, à notre grand bonheur.  Voilà donc une autre raison pour aller faire un tour dans l’ouest du pays ! Santé !