Caroline Leclerc: Passionnée, simplement

Caroline Leclerc

Caroline Leclerc avait à peine cinq ans quand elle a « goûté » à sa première bière, une Miller lit-on dans l’autoportrait qu’elle a livré sur le site de Ça va brasser, l’émission qu’elle a mise au monde quelques années plus tôt. Comme on dit : cela arrive, même dans les meilleures familles ! Aussi anodin soit-il, ce geste reste imprégné dans sa mémoire quand elle raconte où a commencé son aventure… Or, après s’être désaltérée durant l’adolescence avec les grandes bières commerciales qu’on connait, elle rencontre son premier amour, Unibroue, à l’aube de l’âge adulte. La « bière à Charlebois » lui a littéralement ouvert l’horizon sur ses papilles gustatives, tandis qu’elle animait des dégustations dans des épiceries de Québec.

Caroline est une passionnée de bière… et qu’on se le dise : avec sa petite corpulence, elle est assez atypique comme grande buveuse de bière ! Qui plus est, elle a su intégrer parfaitement sa passion dans son travail; les cinq premières minutes passées en sa compagnie suffisent pour bien le sentir. D’ailleurs, c’est sûrement grâce à son verbe enjoué et la simplicité qu’elle dégage qu’elle sert si bien le milieu. Autant à La Barberie, où elle a justement servi nombre de pintes vers l’an 2000, que lors de ses visites dans les micros de la province, alors qu’elle présentait fièrement en ondes les projets de celles-ci. D’ailleurs, les gens de l’industrie qui l’ont côtoyée sont bien placés pour en témoigner… mais, ce n’est pas ici qu’on va dévoiler nos sources !

Comme toute bonne passionnée, il lui est arrivé de traverser l’Atlantique pour aller goûter ce qui s’y fait de bon. Des voyages dont elle garde de délicieux souvenirs… Notamment « d’avoir vécu le gros trip de l’Oktoberfest en Allemagne et un arrêt mémorable chez Liefmans, en Belgique, en plus de l’accès à une variété de packs de bières pour une bouchée de pain. »

En bouche, elle ne se tanne surtout pas des Stout et des Porter. « J’apprécie également beaucoup les session, qu’on retrouve de plus en plus au Québec, et les sours avec leur petit côté acidulé aux fruits », toutes deux fortes en goût, mais faibles en alcool, un élément non négligeable dans l’équation pour aller avec son (petit) gabarit.

Les métiers de Caroline

Fille de plateau, son expérience derrière la caméra comme caméraman-monteuse l’a menée, 10 ans plus tard, à s’installer devant l’objectif; un rêve devenu réalité. Et son parcours n’étant pas étranger à son amour pour la bière, elle convainc les Productions RPM vers 2010 de porter son projet d’émission et l’accompagner dans la promo de ce qu’elle appelle encore aujourd’hui son bébé. Un pilot de 10 minutes suffira pour que V Télé accepte de diffuser trois saisons de Ça va brasser dès avril 2012, durant lesquelles elle roule sa bosse partout en province à la rencontre de personnages tout aussi passionnés de bière qu’elle.

Bien entendu, des tonnes de rencontres déterminantes ont teinté son itinéraire lorsqu’elle était à la barre de l’émission. Des gens qu’elle continue de croiser à l’occasion dans le cadre de ses différentes fonctions entourant la bière, dont la bible ambulante de la bière, Laurent Mousson, « un homme complètement passionné et inspirant » et Jérôme C. Denys, propriétaire du Cheval Blanc, également directeur de production chez Les Brasseurs RJ, qu’elle côtoie régulièrement et pour qui elle a une profonde admiration, pour ne nommer que ceux-ci. Un point qui n’est pas passé inaperçu pour elle ces dernières années dans l’univers brassicole au Québec ? « J’ai noté un gros changement côté bouffe : on apporte de plus en plus de bière à table. On a connu eu une belle effervescence, entre autres avec le terroir… Vraiment, on est ailleurs ! »

Les dates importantes à son agenda cette année : le congrès de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), du 16 au 18 novembre, dont elle coordonne la tenue et le bon déroulement grâce à un poste à temps partiel qu’on lui a confié au sein de l’association et sa participation au Craft Brewers Conference (CBC) à Philadelphie, en mai prochain, pour lequel elle compte presque déjà les dodos.

Après avoir expérimenté l’ensemble des rudiments du métier, il ne lui reste plus qu’une chose à faire : ouvrir sa place à elle. Celle qui avoue avoir encore aujourd’hui envie de divertir à la télé ne s’en cache d’ailleurs pas, « c’est un projet qui murit parmi d’autres » et qui verra peut-être le jour alors qu’elle sera bien installée dans la quarantaine. Même qu’elle aurait déjà un concept bouffe en tête. À suivre…