Une première microbrasserie québécoise aux États-Unis

C’est officiel, Farnham Ale & Lager s’installe chez l’Oncle Sam. Lors d’une première exportation de ses produits au Maine l’été dernier, la microbrasserie s’est bâtie une enviable réputation aux États-Unis. Le succès américain des bières Farnham Ale & Lager a convaincu leurs quatre créateurs – Alex Jacob, Jean Gadoua, Steve Tellier et Hugues Ouellette – d’ouvrir une division au sud de nos frontières. C’est à ce jour la seule microbrasserie québécoise à s’installer aux États-Unis.

Pignon sur rue au Vermont

C’est à partir du 80, Eaton Allen Drive à South Burlington au Vermont que la microbrasserie servira sa clientèle vermontoise. Pour faire du rêve américain une réalité, les quatre actionnaires ont dû faire l’acquisition d’une brasserie existante, Infinity Brewing, qu’ils ont rebaptisé Farnham Ale & Lager. En tant que non-citoyens américains, acheter une brasserie existante était la solution la plus simple.

Pour l’instant, la division américaine est située dans un local de 1000 pieds carrés et accueille une petite base de clientèle. En janvier 2016, elle emménagera dans un nouveau bâtiment de 10 500 pieds carrés, qui est présentement en construction sur le même terrain.

Pourquoi s’installer aux États-Unis ?

Tout d’abord, le choix de s’établir au Vermont était évident pour les quatre partenaires. L’état étant situé à seulement une heure de Farnham et jouissant d’une renommée internationale dans le milieu de la bière, la question ne se posait pas. « L’accueil a été très bon et les gens sont très sympathiques avec nous, très ouverts à nos produits, » explique M. Jacob, président de la microbrasserie.

Ensuite, l’exportation des produits au Maine – malgré leurs très bons résultats de ventes – s’est avérée une opération très dispendieuse. Afin d’exporter aux États-Unis en tant que producteur, on ne peut que vendre à un importateur américain, qui revendra le produit à un distributeur, qui lui le revendra à un détaillant. Ces multiples transactions ont enflé les prix des bières au point où les actionnaires ont craint pour la réputation de la marque. « J’ai la prétention que notre bière est très bonne, mais ne vaut pas 18 USD $ pour quatre cannettes, par contre, » confie M. Jacob.

Somme toute, produire ses bières en sol américain serait plus profitable pour l’entreprise. Chose certaine, la décision de s’installer aux États-Unis n’a pas été prise à la légère. « Pour partir la brasserie américaine, ça va coûter 1,3 million de dollars. C’est sûr qu’on ne dépense pas cet argent pour aller voir si ça pourrait marcher. On va là-bas pour que ça fonctionne, » dit M. Jacob. Le but ultime est de faire de Farnham Ale & Lager la plus grande entreprise possible.

Des brassins américains à la Farnham

Jacob explique qu’à court terme, certaines recettes seront ajustées. « Par exemple, on a brassé la 12 Hefeweizen de la même manière, mais on a ajusté le IPA un peu, car le palais américain n’est pas exactement comme celui du québécois. Alors on a joué avec le houblon pour faire une bière avec moins de corps, plus aromatique. Mais pour le reste de la bière, ça se ressemble sensiblement. »

Les créations américaines qui se vendent bien seront aussi brassées au Québec. D’ailleurs, à partir du 21 décembre, la South Burlington, version américaine de la IPA québécoise, se retrouvera dans nos magasins. Aux États-Unis, elle sera commercialisée sous le nom « 58 ».

C’est un projet audacieux, certes. Mais selon M. Jacob, rêver plus grand est essentiel à l’expansion de toute entreprise.

La division vermontoise, où l’on brasse sur place, compte actuellement un salon de dégustation ouvert du samedi au dimanche.