Le Boq a toujours le feu sacré

boquébière

Le Boquébière célèbre à la mi-décembre 2015 son 7e anniversaire. Depuis ses débuts, le « Boq » a dû surmonter bien des défis; des membres fondateurs ont quitté, un incendie majeur a anéanti sa salle de brassage, et ses bières ont subitement disparu des tablettes suite au feu. Malgré ce, la brasserie est toujours ouverte, sous une nouvelle vocation, entourée de gens compétents, animés par une même passion.

Les festivités du 7e anniversaire se déroulent du mercredi 16 au samedi 19 décembre, et mettent de l’avant plusieurs créations maisons, dont quelques-unes plus expérimentales savamment concoctées par le brasseur. Sont présents des chansonniers québécois, une soirée DJ pour faire le party et le Québec Redneck Bluegrass Project en clôture le samedi question de fouler la place et de terminer la semaine en beauté.

Il y a sept ans…

C’est le 16 décembre 2008 que le Boquébière a ouvert ses portes au 50, rue Wellington Nord à Sherbrooke. L’ouverture s’est vue passablement retardée en raison de celle du Siboire, situé tout près, qui a donné la frousse aux financiers du projet.

Ouvert sous une formule coopérative, deux des six membres fondateurs quittent dès la première année. Le brasseur Michaël Parent apprivoise quant à lui son nouveau système de brassage et dès l’année suivante présente deux produits qui font parler de la brasserie dans le milieu, soit l’Apico, une bière au miel à 16 % d’alcool et l’Acero, une bière au sirop d’érable à 19,2 % d’alcool.

La brasserie fait rapidement sa niche en mettant de l’avant des produits qui se démarquent sur le paysage brassicole québécois. Sous l’appellation Barnstown se retrouvent des bières misant sur les ingrédients locaux; sous Hildegard, on regroupe les bières d’inspiration belge; et sous Hopkins, on exploite les houblons et les malts à leur plein potentiel.

Nouveau départ

Vers 2012, Michaël Parent décide de quitter la brasserie pour se vouer à de nouveaux projets. Martin St-Pierre et Sébastien Authier sont désormais les deux seuls membres restants de la coopérative et aucun d’entre eux ne possède les connaissances pour prendre le relais au fourquet.

C’est toute une chance pour Yves Beaulieu qui ne compte pas d’expérience professionnelle à son actif, mais qui se passionne pour le brassage et détient une maîtrise en biologie moléculaire. Aidé de Pascal Riendeau, il se fait rapidement la main aux cuves de la brasserie. Il intègre tranquillement ses propres créations qui laissent allègrement parler les houblons aromatiques et les levures sauvages.

À l’automne 2013, Martin désire ajouter une touche distinctive à son établissement. Il voit en Jonathan Rondeau, notamment cofondateur du Dégustabière, un potentiel plus qu’intéressant pour faire la promotion des bières artisanales de l’établissement; tant celles brassées sur place que les bières invitées. « Jo fait partie de notre concept, il reste aux aguets de ce qui se brasse et est à jour sur les produits qui ont la cote », indique Martin.

Soirées thématiques qui plaisent

Le Boq est déjà bien connu pour ces soirées animées dans la région; les dimanches de la ligue d’improvisation L’Abordage, les mardis Swing, et les nombreux spectacles qui y ont lieu dans le cadre de son entente avec le Théâtre Granada.

Conformément à son nouveau rôle, Jo ajoute une soirée du houblon aux événements hebdomadaires de l’endroit où il s’amuse avec des randall, y ajoutant tout ce qui lui passe par la tête. Il passe beaucoup de temps à promouvoir la bière auprès de la clientèle.

Le feu

À la fin août 2014, un incendie d’origine électrique se déclare dans la brasserie du Boq et même s’il ne reste fermé que quelques jours, les dommages l’empêchent de continuer à brasser ses bières. Le Boq mise alors sur quelques fermenteurs toujours intacts, et surtout, sur la générosité de la communauté brassicole pour faire tourner ses pompes durant la longue enquête et les travaux.

Brasseurs Illimités, Microbrasserie du Lac St-Jean, Dieu du Ciel!, HopEra, Bilboquet, Trou du Diable et plusieurs brasseries les soutiennent de diverses façons afin de les aider à traverser cette épreuve. La Microbrasserie du Lièvre, également la proie des flammes quelques années plus tôt, ira jusqu’à remettre le fruit des ventes de sa Phénix réalisées lors du Bières et Saveurs de Chambly.

Le Boquébière, version 2.0

Bien que désastreux, l’incident permet à l’équipe de repenser la vocation de l’endroit et de s’engager à 100 % dans la direction qu’elle avait tranquillement entreprise. Le Boq souhaite devenir un incontournable de la bière québécoise dans les Cantons. Une brasserie, mais également un tap bar (bar à bières) à l’avant-garde de ce qui se fait de mieux au Québec. La décision est prise de troquer le permis industriel pour un permis artisanal.

On y propose dorénavant 22 lignes de fûts mettant en vedette des bières provenant des quatre coins du Québec en rotation. Seule permanente au menu, la Phénix du Lièvre, une belle façon de témoigner sa gratitude à la brasserie pour son support durant les moments difficiles. On offre toujours entre quatre et six bières maison, dont des nouveautés, les bières populaires, notamment la Blonde et la Bou! IPA, ainsi que des expérimentations de Yves à l’occasion. Cidres et kombuchas sont également disponibles.

Le Boq mise aussi sur sa « réserve », une sélection de bières importées et vieillies qui fera le plaisir des plus fervents amateurs de bières. Jo se fait ainsi un malin plaisir à la garnir de grands crus, tout comme les barils de fûts qu’il sélectionne minutieusement.

En cuisine, un simple menu de pub est proposé, dont un légendaire nacho, une sélection suffisante pour combler sa faim sans pour autant compromettre la place vouée aux prochaines bières à déguster.

En juillet 2015, le Boquébière redevient maître de ses cuves et tranquillement ses bières recommencent à s’inscrire à son ardoise au plus grand plaisir de ses fidèles clients. Plus d’un an après l’incendie, avec son équipe chevronnée et une nouvelle formule avant-gardiste qui prend forme, le Boquébière est simplement tout feu tout flamme !