Que sont devenus les Bièrophoux ?

Bièropholie

Initié par René Huard et Michel Cusson, Bièropholie était au début des années 2000 un site internet regroupant les amateurs de bières du Québec. Rapidement, le portail est devenu un incontournable pour tout passionné de bières artisanales québécoises ainsi que la première brasserie itinérante de la province. Il y a quelques semaines, la marque renaissait de ses cendres, cette fois bien établie dans les cuves de Brasseurs Illimités.

Babillard de discussion, forum pour brasseurs amateurs et groupe d’importations privées; ce portail consacré au monde brassicole québécois a certes fortement contribué à l’explosion de l’industrie quelques années plus tard. D’ailleurs, plusieurs brasseurs et propriétaires de brasseries aujourd’hui étaient bien présents sur ces internet d’antan.

En 2003, René Huard, mieux connu à l’époque sous « RH », surprend les Bièrophoux en leur annonçant l’arrivée d’une toute première bière en bouteille sous l’étiquette Bièropholie… « En visitant des brasseries, j’avais remarqué que plusieurs avaient des fermenteurs vides, je leur ai donc proposé de brasser mes bières et de les vendre sous l’étiquette de mon site », se rappelle René.

En collaboration avec L’Achimiste, il avait initialement proposé lors d’une édition du Mondial de la Bière sa Blanche noire, une bière au blé rôti à même son domicile, ainsi que sa Noire cristal, un Stout à l’avoine au blé. Mais en 2003, René souhaite aller un peu plus loin et vendre sa bière en bouteille chez quelques détaillants spécialisés de l’époque.

Les bières du futur

La Calumet, un Porter double fumé à 6,4 % brassé dans les installations du Chaudron atteint les tablettes et l’engouement créé par René sur son babillard pendant des mois avant la sortie de la bière s’avère un coup fumant; les 220 caisses se vendent en 20 minutes ! Mieux encore, les Bièrophoux s’arrachent la bière et en redemandent.

« Il n’y avait pas beaucoup de nouveautés à l’époque et les produits de Bièropholie tentaient de repousser les limites de ce que l’on pouvait trouver sur les tablettes », ajoute René. Bièropholie s’amuse par la suite avec plusieurs produits qui font leur marque : la Alt, la Bock Émissaire, la Calumet Grand Chef, la Cascade, la Cascade Plus, la Double, la Impériale Stout, la IPA, le Vin d’Orge et même la MacKroken Flower, sous sa version originale brassée par Jan-Philippe Barbeau.

Mais jouer les brasseries itinérantes avec la législation québécoise en matière de brassage implique de prendre des risques et de faire confiance. À quelques reprises, les relations entre René et les brasseries où il brasse se compliquent. Il finit donc par s’approprier ses propres installations et il démarre Brasseurs Illimités. « Le nom Bièropholie n’était pas assez sérieux au goût de mon banquier », blague René.

Retour aux sources

Depuis la fin des produits Bièropholie, Karl Roy du Marché du Village à L’Ange-Gardien rêve au jour où René se remettra à exploiter la marque. « À l’époque, pour moi, il s’agissait de produits haut de gamme, parfois rares et d’exception », se remémore Karl.

À force d’y croire, il finit par convaincre René de raviver la marque et de créer un regroupement de détaillants spécialisés, judicieusement sélectionnés et comptant sur des conseillers, qui tiendront en exclusivité les nouveaux produits Bièropholie.

« Bièropholie va reprendre là où il avait laissé, c’est-à-dire en proposant des produits avant-gardistes, des choses qu’on ne voit que très peu sur les tablettes », avance Karl qui souhaite que les produits se distinguent des autres, comme à l’époque. Produits saisonniers, levures sauvages, fût de chêne, alouette !

Le premier fruit, la nouvelle Brett Michel, une Ale sûre belge aux brett, vieillie 21 mois en fût de vin rouge français, est d’ailleurs disponible dès maintenant pour un temps limité. Où êtes-vous les Bièrophoux ?