Faire d’une bière deux coups

MacKroken Flower

 

Les amateurs de bières peuvent retrouver sur le marché, sous deux versions distinctes, la MacKroken Flower, une bière québécoise bien connue dans le milieu depuis quelques années déjà. Si la version embouteillée par Le Bilboquet apparait de façon fréquente sur les tablettes des commerçants, celle du Loup Rouge en est à son tout premier passage. Mais, d’où vient la MacKroken Flower ?

Scotch Ale au miel avoisinant les 10 % d’alcool, la MacKroken Flower séduit par ses effluves de caramel, sa texture moelleuse, sa chaleur envoûtante et la complexité de ses arômes évoquant les dattes, les pruneaux confits et même les petits fruits. De sa création en 2001 dans les cuves de plastique d’un brasseur amateur, elle s’est vu faire des apparitions sous l’étiquette de Biéropholie, Le Bilboquet, puis le Loup Rouge. Voici son histoire.

Une recette gagnante

C’est en 2001 que Jan-Philippe Barbeau, aujour-d’hui à la tête du Loup Rouge, brasse pour la première fois sa Scotch Ale inspirée par d’autres du même style qu’il adore, notamment la McEwan’s. À l’époque, on ne retrouve pas vraiment de version québécoise de ce style.

« Comme je brassais dans des cuves en plastique, j’ai décidé d’intégrer du miel de fleurs sauvages à ma recette afin d’aller chercher le côté caramélisé que je souhaitais retrouver », explique le brasseur.

Jan-Philippe souhaite baptiser sa bière d’un nom compliqué, « avec beaucoup de “K” » afin qu’il soit à la fois dur à retenir, mais facile à distinguer des autres produits. Il mise ainsi sur « Mac » pour l’aspect écossais, « Kroken » pour son apport en « K » et « Flower » en raison du miel de fleurs sauvages qu’il utilise.

Sa nouvelle bière lui plaît et ses amis l’aiment également. En 2004, il décide ainsi de la présenter dans un concours amateur canadien et à sa grande surprise, sa bière remporte le concours. Fruit du hasard, la même année, pour la quatrième édition de son concours de brasseurs amateurs X de mille, Biéropholie propose le style Scotch Ale. À nouveau, Jan-Philippe y présente sa bière et l’emporte encore une fois.

Cette fois, la recette gagnante est brassée dans les cuves de la microbrasserie Le Chaudron et distribuée sous l’étiquette Biéropholie. La réponse est tellement bonne que la bière est brassée et distribuée une seconde fois.

Un produit phare

À la fin des années 90, Jan-Philippe Barbeau avait démarré sa carrière de brasseur aux cuves de la brasserie artisanale Le Bilboquet à Saint-Hyacinthe. Quelques années plus tard, le propriétaire de la brasserie, François Grisé, l’invite à venir brasser en tant qu’invité à la brasserie où il pourra notamment offrir sa MacKroken Flower en fût sur une base régulière.

« À l’époque, Jan-Philippe n’avait pas de projet concret de brasserie donc pour lui c’était une opportunité de continuer à brasser sa bière », se remémore François. Éventuellement, Benoît Grisé reprend la recette à laquelle il fait quelques ajustements et la bière prend une place régulière sur les pompes de la brasserie.

Vers 2008, Le Bilboquet acquiert le permis de microbrasserie et offre ses bières en bouteille sur le marché. Devenue l’une des favorites de la brasserie, la MacKroken Flower fait évidemment partie du lot. La brasserie propose même à un certain moment une version vieillie en fût d’hydromel offerte en quantité limitée. Cette dernière continue d’être produite deux à trois fois par année, mais est aujourd’hui vieillie en fût de bourbon.

L’arrivée du Loup Rouge

L’année 2008 marque également l’ouverture de la brasserie artisanale de Jan-Philippe et de son associé Yves Bérard, le Loup Rouge à Sorel. Dès lors, le brasseur est fier de proposer à ses clients la version originale de sa recette de MacKroken Flower. Le logo de la brasserie le Loup Rouge est même ajouté sur l’étiquette de la version du Bilboquet avec la mention « brassée en collaboration avec le Loup Rouge ».

Après un déménagement et un changement de cap, Jan-Philippe a trouvé une formule qui lui plaît et prépare maintenant l’éventuelle sortie de ses bières en bouteille. La première à voir le jour est évidemment sa célèbre Scotch Ale, celle-ci brassée et embouteillée chez Brasseurs Illimités le temps que le Loup Rouge soit en mesure de le faire lui-même.

Les deux goûtent-elles la même chose ?

Si Jan-Philippe n’a pas encore eu la chance de comparer les deux bières en même temps, il s’attend à retrouver des distinctions, notamment des saveurs exploitées de différentes façons. François, lui, n’a pu s’empêcher de tenter l’expérience à l’aveugle et a remarqué des différences principalement au nez et au niveau de la texture. Et vous, avez-vous fait le test ?