Katia Bouchard

La bière qui coule jusque dans les gènes

Katia Bouchard
Photo Valerie R. Carbonneau

Bière-trotter sympathique et joviale, Katia Bouchard se qualifie de « fille d’IPA ». Sa préférée à Montréal est sans doute la Angus brassée et servie à la Succursale, son ancien QG alors qu’elle habitait le Vieux-Rosemont. C’est d’ailleurs l’endroit qu’elle a choisi pour nous donner rendez-vous le temps d’une agréable rencontre… à son image, quoi !

Née au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Katia émet tout sourire que la bière coule dans ses gênes. Bien qu’elle l’aime depuis longtemps, la jeune professionnelle des communications n’est pas « tombée dedans » dès son jeune âge comme le prétendent nombre de ses comparses férus de la bière. Elle se rappelle d’ailleurs ses années de cégep à Jonquière et les fêtes où on l’invitait avec pour seule consigne d’apporter son boire…

« Déjà, j’étais attirée par les bières d’Unibroue non pas pour Robert Charlebois, mais pour ses étiquettes à légendes qui m’ont ouvert sur l’histoire et grâce auxquelles j’ai développé un intérêt pour l’histoire qui se cachait derrière elles. »

Elles lui parlaient sûrement aussi avec leur gabarit de grosses bières comme on en buvait beaucoup au Saguenay et ailleurs au Québec, suggère-t-elle en soulevant la fois où elle avait fait pas mal jaser en apportant une Fin du Monde dans un party. Une carrière dans la bière qui commençait un peu raide, c’est le moins qu’on puisse dire !

Communicatrice de nature, Katia s’est expatriée à Montréal au début des années 2000, interpelée par l’ébullition culturelle qu’on y trouve. Quand on parle « bière », la première place qu’elle se souvient d’avoir fréquenté est Benelux. « Je me suis dit : oh my God, je vais dormir ici ! » C’est en 2004 que les planètes se sont alignées pour elle qui était alors à l’emploi d’une agence de pub. L’anecdote qu’elle considère comme tournant dans sa carrière est celle où le nouveau vice-président en poste lui demande quel serait son mandat de prédilection… « J’ai répondu “le Canadien de Montréal”, après quoi il m’a demandé quel était mon deuxième choix [rires] et j’ai répondu “Le Mondial de la Bière de Montréal” et il a acquiescé. »

« J’ai intégré l’équipe pour la tenue de la 14e édition et je m’occupe toujours des communications aujourd’hui, en vue de notre 23e édition », explique la grande curieuse, qui admet avoir suivi nombre de formations autour de la bière, outre le brassage, puisque sa passion dans la bière comme ailleurs reste de « partager la nouvelle. »

L’art de bien servir la bière

Après avoir travaillé plusieurs années en agence, Katia a décidé de lancer sa propre boite de communication. Les relations de presse, l’organisation d’évènements et les réseaux sociaux sont les trois branches qu’elle met en harmonie pour mener à bien chaque projet, « un trio qui va chercher l’optimum d’une campagne de communication ». Cette formule, elle la met également en relation quand vient le temps de servir la bière, ce qu’elle fait sur un plateau d’argent !

Cette facilité à communiquer lui permet d’entrer en contact simplement avec le public, même avec ceux qui disent ne pas aimer la bière… un défi pour celle qui avoue adorer convertir les gens ! « Je leur demande ce qu’ils aiment à partir d’exemples simples comme le café et le chocolat et on part de là, explique-t-elle, l’air amusé. Il reste encore toutefois beaucoup de mythes à défaire… » Katia a certainement bon caractère, mais ne lui parlez pas des « bières de filles » !

« Quand j’entends cela, ça me lève le poil de sur les bras ! »

Côté préférences, en plus des IPA, Katia Bouchard apprécie également beaucoup les bières de style Saison : « j’aime l’empreinte des levures dans les Saisons et je me battrais pour avoir la dernière bouteille de Saison Rustique de la Brasserie Dunham… j’aime aussi les Black IPA de temps en temps et certaines Pils », précise-t-elle, en évoquant La Pénélope en fut qu’elle a bue lors d’une visite au Naufrageur… à se jeter par terre, décrit-elle.

Sa devise est simple : bien boire, bien manger et profiter de la vie ! Épicurienne et gourmande, elle aime aussi se prêter au jeu des accords mets et bière. C’est d’ailleurs toute une sphère de sa vie qu’elle partage désormais avec son amoureux, Serge Noël, biérologue au Mondial de la Bière et professeur à l’école MBière, avec qui elle concède des vacances à la rencontre de nouveaux brasseurs, de nouvelles micros et des nouveaux produits de l’agroalimentaire québécois. Accompagnée de ce dernier, qui opte souvent pour faire un bout de l’itinéraire en vélo, elle découvre d’autant plus comment l’industrie de la bière est fascinante !

Parlant de fascination, elle se dit complètement impressionnée par l’amalgame souvent parfait des deux mondes chez les bons brasseurs : leur côté artistique mêlé à leur côté scientifique. Elle s’est d’ailleurs rendue compte en discutant avec le brasseur de Dieu du Ciel!, Jean-François Gravel, « combien nous sommes chanceux en Amérique de ne pas avoir de tradition brassicole pour nous écraser… Cela nous permet d’innover en dehors des styles plus classiques en plus de notre chance d’avoir un public très réceptif… » Un fait qui donne lieu à une belle liberté de conception.