Belgh Brasse injecte 11 M$ dans ses installations

Belgh Brasse
Photo Belgh Brasse

Reconnue pour sa réputée gamme de bières Mons, Belgh Brasse redonnera une véritable cure de jeunesse à ses installations grâce à des investissements majeurs. Une fois toutes les améliorations prévues à l’échéancier terminées, la brasserie spécialisée en brassage de bières de tradition belge deviendra la quatrième en importance au Québec après Labatt, Molson-Coors et Sleeman. Or, plutôt que de se définir ainsi, le directeur des opérations et maître brasseur Jean-Louis Marcoux préfère que la brasserie bien installée en terre abitibienne depuis une dizaine d’années soit reconnue comme la plus grande des microbrasseries.

Les travaux ont débuté en 2015, à commencer par la construction d’un nouvel entrepôt et d’une nouvelle salle de fermentation. Le bâtiment est donc passé de 15 000 à plus de 35 000 pi2, explique le maî-tre brasseur originaire de Belgique qui, rappelons–le, acceptait d’être nommé directeur des opérations en 2010 tandis que le Groupe Geloso avait racheté la brasserie trois ans plus tôt, lui donnant ainsi un deuxiè-me souffle. Un tournant qui permit à Belgh Brasse de se relancer en affaires et ce, à hauteur de son potentiel. « En parallèle, on préparait l’installation des nouveaux équipements et la modernisation des installations actuelles. Le volet équipements cou-vre tout le procédé, de la manutention des grains jusqu’à l’embouteillage », rapporte-t-il.

« Le plus important était d’ajouter de nouvelles cuves de fermentation, car la brasserie était freinée non seulement dans son développement de marché, mais aussi dans le lancement de nouveaux pro-duits, enchaîne ce dernier. Ainsi, 21 nouvelles cuves à la fine pointe de la technologie furent installées. Un tout nouveau système de propagation, un nouveau systè-me de nettoyage en place (NEP) et enfin une centrifugeuse viennent compléter cette partie du procédé. »

Par ailleurs, la salle de brassage actuelle de 110 hec-tolitres sera améliorée et automatisée avec un accent sur la récupération d’énergie. « De nouveaux équipements ont été achetés pour la ligne d’embouteillage, permettant ainsi d’automatiser l’ensemble des opérations, de “ palette à palette ” », ce qui, en langage de brasseur industriel signifie : de la palette de bouteilles vides qui rentrent sur la ligne à la palette de caisses à la sortie. En plus d’augmenter la productivité de manière considérable, ces changements auront pour effet d’améliorer également la flexibilité dans la logistique d’usine. Car, en plus de continuer à embouteiller la célèbre gamme Mons – les bières d’abbaye contenues dans des bouteilles de 750 ml d’abord lancées aux États-Unis au début de 2012 –, la brasserie vient de sortir un nouveau format de 330 ml. « Bref, à court terme ces investissements permettront de tripler la production et ultimement beaucoup plus », d’admettre le directeur des opérations.

Quel avenir pour l’exportation?

Jean-Louis Marcoux explique qu’à l’époque où la brasserie a lancé ses bières Mons, un nom d’ailleurs pour rappeler la ville d’origine du maître brasseur, la brasserie disposait en effet d’un vaste réseau pour assurer la distribution aux États–Unis. « Mais, nous avons dû freiner cette expansion géographique étant donné notre capacité de production versus l’engouement pour nos bières au Québec. Avec les investissements mis en place au niveau de la capacité de production, nous allons pouvoir reprendre ce développement et en parallèle, le développement des ventes à travers les autres provinces canadiennes. Dé-jà, des renforcements stratégiques ont eu lieu et des distributeurs sont même venus visiter nos installations. Nous pensons avoir un bel accueil là-bas… »

« Enfin, loin de nous l’idée de se comparer aux trois grandes brasseries, Labatt, Molson-Coors et Sleeman. Par contre, avec le succès de nos bières et les nouvelles installations donnant lieu à une grande capacité de production, nous visons une belle expansion et aussi à devenir un joueur d’importance, voire le premier dans l’univers des micros. Beaucoup de projets sont sur la table à dessin et n’attendaient que cela pour voir le jour », termine-t-il.

En effet, l’avenir s’annonce beau pour la brasserie. Plus de la moitié des travaux étant terminés, la livraison du projet final devrait se faire d’ici un an environ. Parions que d’autres médailles seront récoltées par les principaux intéressés dans les années à venir…