Alain Geoffroy

De grand amateur à fin connaisseur!

Alain Geoffroy
Alain Geoffroy aux Brasseurs du Temps (170, rue Montcalm, à Gatineau), par une magnifique journée ensoleillée - Photo: Valérie R. Carbonneau

Grand amateur de bière aux mille métiers, Alain Geoffroy entretient une passion pour celle-ci depuis une vingtaine d’années. Auteur, recherchiste, et animateur-vulgarisateur sur tout ce qui touche et goûte la bière, le communicateur passionné rassemblait officiellement ses forces et son expérience sept ans plus tôt au centre d’un projet de microbrasserie qui a vu le jour à Gatineau : Les Brasseurs du Temps.

Le président-fondateur des Brasseurs du Temps (BDT) avait, disons, un curriculum vitae en bière assez épais quand le brasseur jusque-là amateur Dominique Gosselin est venu sonder son intérêt à s’associer avec lui pour partir une brasserie. En effet, celui qui a d’abord fondé l’Ordre de Saint-Arnould avec son complice de toujours, Mario D’Eer, a également été rédacteur en chef de la revue BièreMAG, instigateur du Festibière de Chambly et coauteur de deux livres de dégustation sur la bière, 404 bières à déguster (Éditions du Trécarré) en plus de participer, comme conseiller à plusieurs autres ouvrages, notamment avec Mario d’Eer et Philippe Wouters. Et n’oublions pas non plus qu’il a enseigné un temps à la Cité Collégiale d’Ottawa au sein du programme de Sommellerie-Bière et qu’il siège toujours au comité du congrès de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), notamment.

Si vous ne l’avez pas croisé à son QG, Les BDT, où il dirige le service à la clientèle et gère les volets évènements et les communications, peut-être avez-vous assisté à un de ses ateliers de dégustation des bières, car oui, il lui arrive encore d’en animer régulièrement… Sinon, il y a de fortes chances que vous le croisiez – bière houblonnée, intense et complexe à la main, car ce sont ses préférées – au Bières et Saveurs de Chambly, au Mondial de la bière de Montréal, au Festibière de Gatineau et qui sait, si les astres sont alignés, peut-être un jour à la Fête de la bière à Vevey, en Suisse!

Qui se ressemble s’assemble

Vous l’aurez sûrement deviné, le parcours de la bière d’Alain est ponctué d’anecdotes. La première qu’il aime partager est celle qui est arrivée en premier dans le temps : sa rencontre avec Mario d’Eer, avec qui il donnera naissance quelques ans plus tard au premier festival de bières de Chambly.

On est vers la fin des années 1980, explique celui qui admet ne jamais se rappeler laquelle entre la Chimay ou la Duvel avec qui il a fait connaissance en premier, alors qu’elle faisait apparition dans les SAQ, mais toujours est-il que c’est d’abord ce qui est venu exciter ses papilles. « Pour faire une histoire courte, j’avais fait l’université à Ottawa et j’avais entendu parler d’un groupe organisé autour de la bière, le club Camra d’Ottawa, que j’ai joint et avec qui j’ai eu l’occasion de tenir un premier festival de bière amateur dans un centre communautaire. C’est là que j’ai fait la rencontre de Mario, qui s’arrêtait aux tables pour goûter chaque produit, carnet à la main… »

Aussitôt présentés, les deux hommes qui collectionnaient tous deux les capsules de bière ont réalisé qu’ils avaient des atomes crochus. Et comme la vie fait parfois bien les choses, ils se sont retrouvés plus tard encore à la même table en tant que seuls francophones à s’être déplacés pour assister à une rencontre de la Société d’Appréciation des Bières (SAB). Cette fois, ils comprirent qu’en plus d’assister à la naissance d’une amitié qui deviendra profonde, ils avaient des visées et des ambitions communes quant à la bière. De fil en aiguille, ils créèrent leur propre club d’amateurs de bières, l’Ordre de Saint-Arnould, lancèrent un bulletin d’infos qui devint plus tard le BièreMAG et enfin fondèrent le premier festival de bières à Chambly.

Oui, je le veux!

Le temps passe et l’univers de la bière étant pas mal tricoté serré, Dominique Gosselin qui croisait parfois Alain dans les différentes activités, lui fit la grande demande vers 2004. Une fois la réponse positive tombée, les jeunes partenaires d’affaires s’organisèrent pour attaquer les procédures, ce faisant avec beaucoup de sérieux, mais toujours dans le plaisir!

Aussitôt, le projet bien que très embryonnaire a tellement plu à l’agent qu’on leur a attitré au Centre local de développement (CLD), que ce dernier, Marc Godin, décida de quitter son emploi pour embarquer dans l’aventure comme troisième associé! Car, il faut le souligner, Alain Geoffroy est un bon communicateur… très capable de persuasion!

Ce fut d’ailleurs un excellent pari puisque Les BDT sont aujourd’hui bien enracinés dans la région de la capitale nationale et même dans le monde brassicole au Québec.

« L’aboutissement avec la brasserie symbolise vraiment tout le reste. Je me suis fait un grand carré de sable et à 56 ans, je peux jouer dedans », partage-t-il, tout sourire.

Ceci n’est pas un scoop

Les BDT songent très fort à implanter leur histoire à succès de l’autre côté de la rivière. « On est bien connus des gens d’affaires d’Ottawa étant donné notre localisation près des grandes tours à bureaux du gouvernement fédéral, notamment. Non seulement on y songe, mais on le dit haut et fort également, car on sait que la volonté est là », admet Alain, l’homme d’affaires qui se considère plutôt comme un gars d’équipe.