Dieu du Ciel!

L’une des meilleures au monde, tout simplement

Dieu du ciel
Photo SamuelJoubert

Au Québec, Dieu du Ciel! n’a plus besoin de présentation. Ses premières recettes tiennent toujours la route et la brasserie artisanale de la rue Laurier s’est aujourd’hui transformée en microbrasserie qui distribue ses bières à la grandeur du Québec et bien au-delà de ses frontières. On la compte désormais parmi les meilleures brasseries du monde.

Dès ses débuts à la fin des années 90, elle a attiré les regards des amoureux de bières artisanales et encore aujourd’hui elle continue de satisfaire leurs palais de plus en plus spécialisés avec des offrandes toujours aussi innovatrices et appropriées. Elle est réputée à l’échelle mondiale.

Parmi les facteurs clés de son succès, sa transition réussie de brouepub à microbrasserie avec l’ajout d’une usine de production à Saint-Jérôme et la mise en bouteilles de produits distincts soigneusement sélectionnés, bien à l’image de son carnet de recettes variées et bien exécutées.

Expansion sur la Rive-Nord

À l’époque où Jean-François Gravel et Stéphane Ostiguy se décident à prendre de l’expansion, Luc Boivin, un électromécanicien d’expérience anciennement de chez Boréale et Isabelle Charbonneau, anciennement de chez Naya et spécialisée en vente, gestion et marketing, s’avèrent les deux personnes idéales pour compléter l’équipe.

Pour lancer le projet, un grand édifice est recherché. « On voulait garder un aspect pub donc on avait besoin d’un grand édifice zoné industriel, mais localisé dans un secteur avec une densité de population assez intéressante pour le pub », raconte Jean-François.

Isabelle et Luc demeurant tous deux à Prévost, les recherches s’accentuent au nord de Montréal et l’emplacement d’un ancien IGA de Saint-Jérôme tombe rapidement sous leurs yeux. L’endroit répond à tous les besoins pour ériger la future fabrique de bières.

Dès le départ, l’équipe choisit de se concentrer sur le brassage puis de s’attaquer au pub par la suite. La production débute ainsi en juillet 2007 alors que le pub ouvre ses portes à la fin janvier de l’année suivante, un peu plus tard que prévu.

Luc Boivin quitte éventuellement en 2010 pour démarrer son propre projet à Sainte-Anne-de-Beaupré, avec sa compagne Johanne Guindon, souhaitant revenir à l’essence du brouepub et s’éloigner des tracas de la production et de la distribution.

Succès attendu et mérité

Dès son arrivée sur les tablettes, Dieu du Ciel! fait le plaisir des amateurs avec des bières qui se démarquent dont plusieurs qui jouissent déjà d’une solide réputation; la Péché Mortel, la Rosée d’hibiscus, la Corne du diable et autres propagent sa réputation à l’échelle mondiale dans le monde brassicole.

« Nous avons un calendrier de production plus rigide, mais avec un brewhouse de 25 hectolitres, ça nous donne un peu plus de flexibilité et nous assure d’avoir des produits plus frais en rotation », indique le brasseur qui se plaît dans la taille de son système de brassage. La brasserie prévoit atteindre une production annuelle de 13 000 hectolitres cette année.

Au début 2016, la brasserie apporte quelques ajustements à son portfolio et son calendrier de production afin d’élargir sa gamme de produits disponibles en bouteille. Elle conserve ainsi huit produits réguliers; Aphrodisiaque, Blanche du Paradis, Disco Soleil, Kölsch, Moralité, Péché Mortel, Rescousse, et Rosée d’hibiscus.

Sa série Momentum offrira quant à elle des sorties mensuelles; Rigor Mortis ABT, Chemin de Croix, Équinoxe du Printemps, Immoralité, Saison du parc, P’tit Blanc, Divine Comédie, Pied marin, Genèse, Isseki Nicho, Grande Noirceur et Solstice d’hiver.

Une nouvelle série est créée, proposant six bières disponibles pour une durée de quatre mois chacune; Herbe à Détourne, Corne du Diable, Solstice d’Été aux framboises, Petit Détour, Déviance et Route des épices. Évidemment, quelques éditions spéciales en quantité plus limitée ou non sont toujours espérées ici et là.

En cuisine

De son côté, le pub de Saint-Jérôme a lentement fait sa place. « Au début du pub, la réponse était tout de même bonne, mais l’achalandage augmentait plutôt tranquillement. C’est surtout depuis deux ans que c’est devenu assez fort. Le timing et la clientèle sont différents de ceux de l’établissement de Montréal, on retrouve plus de familles et de jeunes professionnels ici », indique Jean-François.

L’ouverture du pub sur l’heure du dîner s’avère un bon coup. La cuisine propose des trucs simples, mais qui font le bonheur de la clientèle; soupes et salades, sandwichs et pizzas, ainsi que des snacks indispensables de brasserie complètent l’offre. La cuisine sera peut-être revampée, mais en demeurera une de pub; l’équipe n’entend pas se lancer dans la restauration.

Pour la suite, la brasserie prévoit se concentrer sur la constance de ses produits et sur son nouveau calendrier de production. Un agrandissement à l’interne est également envisagé en déménageant notamment le chai de la brasserie dans un autre endroit afin de récupérer un peu d’espace. Chose certaine, le futur semble toujours aussi prometteur pour cette brasserie qui fêtera déjà ses 20 ans en 2018.