Le Speyside

Speyside
La distillerie Glenfiddich

Le Speyside est en fait une sous-région des Highlands écossaises. Mais vu sa très haute densité de distilleries et les caractéristiques distinctes de celles-ci, on a décidé de la considérer comme une région en soi.  Découvrons ensemble ce qui fait son charme.

Cette région renferme plus de la moitié des distilleries d’Écosse. Cette grande densité est propice au tourisme. D’ailleurs, depuis plus de 15 ans, chaque année en mai on y organise le Spirit of Speyside Whisky Festival. Le moment est à la célèbration de la boisson nationale tout en réunissant les différents acteurs de la communauté.

La région prend son nom de la rivière Spey et est parsemée de ses affluents et de leurs vallées, ce qui en faisait un endroit idéal pour produire illicitement et tranquillement du whisky dans le fond de ces glen sans jamais s’inquiéter du manque d’eau. Il est d’ailleurs toujours coutumier de nommer une distillerie d’après la vallée qu’elle occupe, ne pensons qu’à Glenfiddich, Glenfarclas ou Glenlivet.

Les terres des alentours sont très fertiles, incluant la légendaire Black Isle ou «île noire», cette péninsule située au nord-ouest et ainsi nommée de par la couleur de son sol avant les semences. Vous noterez d’ailleurs au passage qu’Hergé a pris plusieurs libertés ici…

Spécificités

Suite au dépôt de l’Excise law de 1823, le Duc de Gordon proposa à l’un de ses tenanciers, déjà reconnu pour la qualité de son whisky (le roi en demanda expressément une bouteille lors d’une visite en 1822), de fonder une distillerie légale. Ce que George Smith fit en créant The Glenlivet en 1824.

Les autres producteurs, initialement envieux, ont ensuite joint les rangs en copiant tout simplement le malt le plus populaire du coin. Encore aujourd’hui dans cette région d’Écosse, on a tendance à produire des whiskys doux, floraux et fruités aux notes rappelant le verger. On utilise souvent à la fois des fûts de bourbons et de xérès, certains favorisant uniquement ces derniers.

The Glenfiddich

Une autre histoire de famille, celle-ci débute quand William Grant quitte Mortlach après 20 ans de loyaux services comme comptable et directeur afin de poursuivre son rêve de créer le meilleur dram de la vallée. Il fonda donc, avec ses 7 fils et ses 2 filles, sa propre distillerie dans la «vallée des cerfs» en 1887. Les premières gouttes de whisky furent produites à Noël de cette année.

Son véritable impact sur le scotch ne se manifesta toutefois que dans les années 60 : à la suite de la faillite et du rachat de plusieurs distilleries, les Grant décidèrent de promouvoir directement leur single malt auprès du public. Ce petit geste, banal aujourd’hui, fut une véritable révolution. Un effet boule de neige s’ensuivit, si bien qu’aujourd’hui, il est le second malt le plus vendu du monde, après The Glenlivet.

The Macallan

Cette légendaire distillerie du Speyside a toujours su comment se démarquer. Que ce soit par l’utilisation exclusive de fûts de xérès, la petite taille de ses alambics ou encore par l’étroitesse de son cœur de chauffe, tout dans cette distillerie ne vise qu’une chose : créér le plus fin des scotches et ce, depuis 1824. Depuis longtemps, donc, elle se veut une maison d’exception, un peu comme les plus grands châteaux de Bordeaux. D’ailleurs, chaque bouteille affiche fièrement l’Easter Elchies House, rappelant le Château Margaux.

Glenfarclas

Cette distillerie fondée en 1836 fut ensuite achetée par une autre famille Grant en 1865. Très traditionnelle, elle est reconnue pour créer des single malt riches et costauds, uniquement élevés en fûts de xérès. Elle utilise aussi des barriques épuisées afin de laisser transparaître la fraicheur du distillat. Ses whiskys sont faits pour être bus, et le prix demandé est conséquent.