« À boire, à boire! » Une bière pour le premier aubergiste de Québec

Boisdon

Le Corsaire Microbrasserie de Lévis annonçait en juin dernier son partenariat avec les Fêtes de la Nouvelle-France en tant que distributeur de bière exclusif pour les éditions des trois prochaines années. Évidemment, la brasserie proposera une toute nouvelle bière brassée spécialement pour l’occasion, la Boisdon.

Esprits tordus, détrompez-vous, son nom n’est pas un incitatif à la consommation, mais plutôt le nom d’un personnage historique qui a marqué à sa façon la Nouvelle-France et les premiers colons. Avouons-le toutefois, Jacques Boisdon, le tout premier aubergiste de Québec, portait bien son nom!

C’est en 1648 que le Conseil de la Nouvelle-France lui a consenti, à titre d’aubergiste, le monopole pour une période de six ans, le transport de « huit tonneaux gratis » de la France vers Québec, ainsi que l’usage de la brasserie appartenant à la communauté pendant trois ans. Évidemment, Boisdon devait se plier à quelques exigences particulières afin de conserver son droit.

Une plaque commémorative relatant son histoire figure d’ailleurs au 20-22 côte de la Fabrique à Québec et on peut y lire le texte qui suit :

« Pour apporter réconfort aux colons courageux et favoriser la bonne entente, le Conseil de la Nouvelle-France accordait, le 19 septembre 1648, à Jacques Boisdon la permission d’opérer ici la première auberge de Québec. Ce privilège lui est consenti à condition de fermer son établissement les dimanches ainsi que pendant les fêtes et offices religieux.

Une légende veut que le bedeau, chargé par l’église de maintenir le bon ordre, fouille scrupuleusement chaque chambre en passant sa canne sous les lits afin de chasser quiconque occuperait les lieux durant la messe.

En ces murs, témoins de vives rencontres, résonnèrent rires et confidences des colons, coureurs des bois et soldats réunis. Ici, l’espace d’un moment on oubliait terres hostiles, misère et épidémies. Une seule devise faisait loi : fraterniser, festoyer et se réchauffer le coeur et l’âme pour oublier les rigueurs de l’hiver et les tracas de la survivance. »

Si à l’époque les aubergistes de France jouissaient du privilège de pendre des enseignes sur la façade de leurs établissements, Jacques Boisdon ne semble pas s’en être prévalu en Nouvelle-France. Parions que même sans enseigne, les colons n’avaient pas de misère à trouver le refuge du seul aubergiste de la Nouvelle-France!

Il n’est toutefois pas possible de savoir combien de temps Jacques Boisdon a finalement tenu son auberge à Québec, mais on s’imagine qu’il n’a eu aucune misère à réchauffer le coeur et l’âme de ses clients.

Une bière taillée sur mesure pour l’événement

Évidemment très heureux de s’associer à un événement aussi prestigieux que les Fêtes de la Nouvelle-France, Martin Vaillancourt, désormais le seul capitaine du Corsaire, a concocté une bière estivale par excellence pour l’occasion.

« C’est une bière de blé à l’épeautre fermentée avec une levure particulière qui en fait une bière légère et rafraichissante; un profil s’apparentant un peu à une Saison. À 4 % d’alcool, elle est tout indiquée pour les Fêtes de la Nouvelle-France », indique Martin.

Production augmentée, plusieurs nouveaux produits, bière couronnée, association exclusive aux Fêtes de la Nouvelle-France, la brasserie lévisienne est décidément en grande forme depuis le début de l’année 2016. « On a décidé d’ouvrir la machine, on s’amuse, on en profite et on récolte les fruits », raconte Martin qui se plaît vraiment avec l’équipage en place, notamment ses brasseurs.

Il est d’autant plus fier puisque pour ce qui est des Fêtes de la Nouvelle-France, c’est l’organisation des Fêtes qui souhaitait offrir une bière exclusive pour l’événement et qui l’a approché en suggérant le nom de Jacques Boisdon. De plus, le brasseur ne cache pas que la Boisdon pourrait s’avérer un futur produit saisonnier de la brasserie puisque déjà les quelques chanceux à y avoir goûté l’ont bien appréciée.

C’est ainsi que truands, nobles dames, matelots, gentilshommes, pirates et bonnes gences de tout acabit sont invités à Québec, du 3 au 7 août à rendre hommage à Jacques Boisdon en étanchant leur soif à même les barils de ce nectar houblonné sur l’ensemble du site du Festival. Les plus dédaigneux pourront aussi opter pour la cannette…

nouvellefrance.qc.ca