Les « bar arcades » à l’assaut des grandes villes!

barcades
Photo Valerie R. Carbonneau

L’engouement pour les jeux d’arcades et la multiplication des établissements pour pratiquer son loisir sont bien une preuve vivante que l’affection pour le vintage est toujours en vogue! Et il y a sûrement un lien avec faire avec l’amour des Québécois pour la bière et la fête, car, à Montréal seulement, on compte déjà plusieurs bar arcades depuis (même pas) un an.

Voisin du populaire bar Frappé, où les Portugais se rendait récemment pour fêter leur victoire de l’Euro et situé au-dessus du mythique Copacabana sur la main, on trouve le North Star Machines à Piastres ouvert en début d’année avec son décor franchement rétro, plus haut dans la Petite-Italie, il y a la Taverne Cobra, qui sert des bières vintage pour être en harmonie avec son look et le Nexus Smart Bar, au cœur du Quartier latin, idéalement situé pour la communauté étudiante pour ne nommer que ceux-ci.

Il ne suffit que de quelques recherches pour réaliser à quel point les gamers forment une communauté tissée serrée, et pas seulement en mode virtuel. En effet, la petite histoire de Dominic Bourret, un type bien connu dans le milieu underground du jeu vidéo sous le pseudo Papa Cassette, en est un bel exemple. Convaincu que son idée d’implanter un (deuxième) bar de gaming dans le Quartier latin ferait fureur, mais confronté à des embuches pour respecter certains règlements municipaux, Bourret a envoyé un gazouillis à Denis Coderre directement pour trouver des solutions à l’impasse. Et là, tout s’est mis à débouler très vite et le projet nommé Arcade Mtl a pris un tournant concret. Résultat : les gens paient aujourd’hui 7 $ pour l’entrée et le vestiaire et peuvent jouer autant qu’ils le veulent!

« Je suis un gars de party et j’ai toujours adoré jouer à des jeux rétro, indique celui qui s’intéresse surtout aux consoles de jeux vidéos, des plus anciennes jusqu’au PlayStation 2. J’ai d’ailleurs financé plusieurs machines en vendant des jeux vidéos rétro. » Or, quelques mois après l’ouverture d’Arcade Mtl, les curieux déplacés ne font peut-être plus la file devant la porte chaque soir comme au début, mais l’endroit reste couru.

Nostalgie quand tu nous tiens

Chez Arcade Mtl, comme on est très orienté gaming, nos machines sont authentiques et toujours restaurées à leur look original, autant que possible, car on veut offrir une vraie expérience d’arcades. Et contrairement à ce qu’on peut penser, la clientèle est très mixte. « Hommes, femmes, touristes ou locaux, des personnes autistes, même des gens dans la soixantaine qui tripaient sur un jeu jadis viennent passer quelques heures devant leur console préférée. Moi-même, je me suis construit un cercle d’amis en explorant ma passion et certains d’entre eux font maintenant partie des employés tandis que d’autres organisent parfois des soirées spéciales », ajoute-t-il, admettant qu’il a lui-même commencé en organisant des soirées de retrogaming au Foonzo, au centre-ville, premier établissement à avoir agencé jeux vidéos et bar avant de se métamorphoser en un simple bar rétro.

Avec le temps, Papa Cassette s’est forgé une réputation. D’abord, il loue un tout petit espace pour tenir des soirées thématiques autour des jeux et fournit les snacks. Ensuite, il s’installe dans un loft de 800 pi2 pour ainsi accueillir une communauté toujours plus grande. Puis, enfin, 4000 likes sur Facebook plus tard, il se met à développer ce qui devient deux ans plus tard Arcade Mtl.

Bière et jeux : un lien étroit

« Les gens aiment socialiser autour des jeux avec une bière », témoigne Dominic Bourret. D’ailleurs, grâce à des partenariats déjà bien établis avec son partenaire d’affaires Éric Le François, investisseur connu du milieu des bars montréalais (Taverne Normand, l’Edgar Hypertaverne, le Philémon notamment et le resto Mangiafoco avec Jeff Stinco, avec qui il est également propriétaire de la Brasserie West Shefford), Arcade Mtl entretient une relation privilégiée avec Labatt. Bien qu’ils souhaitent conserver les produits Labatt pour la plupart des fûts, Bourret avoue sans conteste vouloir prendre un virage microbrasseries « aussitôt que possible ». Déjà, la clientèle peut savourer, en plus des Goose Island et Mill Street, la Stout Pretty Bastard de West Shefford et des produits de Glutenberg. Mais, Papa Cassette a l’intention d’approcher Riverbend, Beau’s et le Trou du diable pour la Shawi Beach et La Pitoune.

Sinon, à Québec aussi, les gamers auront désormais leur place pour se livrer à des compétitions qu’ils avaient déjà entamées dans leur jeune temps, tandis que le LvlOp ouvrira ses portes à l’automne. Un beau timing avec la fermeture des terrasses et les débuts de saisons sportives pour plusieurs sports professionnels… Car, à la différence du Macfly, célèbre en Basse-Ville pour ses arcades et ses machines à boules, le LvlOp, en plus de consacrer de l’espace pour des jeux PC et des consoles, importera un concept déjà populaire en Europe : les esports, des compétitions de sports électroniques diffusées sur écrans géants dans l’établissement de la rue Saint-Joseph. On y servira de la bouffe et la carte des bières et cocktails promet d’être bien colorée!