Les spiritueux de bière, la nouvelle tendance à venir ?

Phénomène de plus en plus marquant dans le monde de la brasserie artisanale aux États-Unis, les spiritueux de bières sont de plus en plus nombreux. Je ne parle pas de Schnaps ou de whisky de malt, mais plutôt de la déconstruction d’un style pour en observer les matières premières dominantes et la reconstruction de ses arômes dans le but d’en faire un spiritueux de qualité.

L’exemple le plus marquant fut découvert l’année dernière à Seattle. Nous nous étions, Éric Belec et moi-même, donnés rendez-vous dans un petit bar de « craft » comme sait si bien le proposer la côte ouest-américaine.  Notre périple du « Seattle brassicole » commençait.

Après avoir bu quelques IPA bien fraîches et un Imperial Stout à faire rougir les amateurs du style, j’avais envie de me laisser tenter par un spiritueux, de préférence local. À chaque voyage, je prends réel plaisir à découvrir les alcools locaux, les souvenirs d’alcools de genièvre dans la Wallonie belge, d’un Gin incroyablement bien équilibré à Milwaukee ou d’un Armagnac qui j’aurais dû vouvoyer, car plus âgé que moi sont l’essence de belles rencontres.

À la question, le barman me suggéra un whisky local, d’une petite distillerie. Je rencontrais pour la première fois le release « Cask 206 » de Westland Distillery. Une invitation à la découverte tellement ce whisky offrait des notes complexes de sucre, vanille, malt et chocolat. Des notes de lait au chocolat si intenses qu’il me fallait mieux comprendre le principe de fabrication, j’étais devant l’inconnu. Rendez-vous était pris à la brasserie le lendemain.

Westland distillery est le symbole du renouveau des distilleries aux États-Unis. En 10 ans, elles se sont multipliées dans beaucoup d’États, surtout ceux qui ont une culture brassicole artisanale plus développée. Westland, c’est une brasserie qui distille mais on ne peut pas acheter la bière.

Et ce fameux release « Cask 206 » était en fait un Brown Ale, très largement malté au malt chocolat utilisé en brasserie, fermenté, distillé et affiné en fût de chêne. Une révélation, on me présentait non pas un « whisky » mais un « style whisky ». On s’éloignait grandement du conservatisme habituel des distilleries écossaises.

Westland n’est pas la seule distillerie à offrir ce genre de produits. Je ne compte plus les découvertes au cours des voyages, parfois très agréables et marquantes, parfois trop timides pour en percevoir les arômes typiques du style.

En janvier 2017, j’irai visiter Nashville, une région brassicole de plus en plus prise au sérieux. Mais j’en profiterai également pour découvrir quelques distilleries locales qui offrent des whiskys inspirés par les Pumpkin Ale, Double IPA, American IPA et j’en passe.

Une nouvelle tendance ? À voir l’offre exponentielle, la révolution brassicole s’affirme dans la distillation. Pour le plus grand plaisir de mes papilles.