Singapour

De bonnes bières à l’autre bout du monde

Singapour
Photo pixabay.com

À découvrir : en couple ou en amis
Durée du voyage : 2 à 4 jours
De Montréal : en avion (vol de 24 heures, avec une ou deux escales)
Transport conseillé : à pied ou en transport en commun

La République de Singapour est un carrefour commercial et d’affaires, où les lois sont strictes, la nourriture de rue est délicieuse et la bière de microbrasserie… très dispendieuse. Visite de cette minuscule île.

Quelle drôle de sensation que de lire sur un panneau, en attendant de passer les douanes singapouriennes, que la gomme à mâcher est illégale. Pas «non tolérée» ou «mauvaise pour la santé». Illégale. Et puis le jour suivant, de discuter avec un local qui confirme que la prostitution est un métier légalisé. Le monde à l’envers!

Cette cité-État au sud de la Malaisie péninsulaire est reconnue pour sa sévérité. Mais aussi pour générer de l’argent. Ce qui explique que plusieurs lois régulent le vice, notamment l’alcool, la cigarette et la drogue qui peut être passible de peine de mort, et que la prostitution est rentabilisée. Même l’essence est contrôlée : pour se rendre en Malaise par voie terrestre, où l’essence est nettement moins chère, il faut que le réservoir soit rempli au trois quarts minimum. Sinon, c’est 500 $ d’amende.

Mais Singapour, c’est aussi de la délicieuse nourriture, une culture brassicole bien développée, des citoyens souriants et une température tropicale. Et c’est l’endroit des gros budgets, car la vie en général y est chère.

Converti en bastion de l’Empire britannique au début du 19e siècle, Singapour est devenue au fil du temps une plaque tournante du libre échange en Asie du Sud-Est. Ce rôle, la République le tient même lorsqu’elle a été envahie par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale et exclue en 1965 de la Malaisie, devenant indépendante.

La cité-État, de 719 km2 et composée de 64 petites îles, compte aujourd’hui une population de plus de 5 millions d’habitants d’origine malaise, chinoise, indienne ainsi que quelques Occidentaux. Son taux de natalité représente l’un des plus bas de la planète, avec 9,5 naissances pour 1000 habitants. En contrepartie, l’immigration est forte.

Ce mélange de culture se reflète dans la nourriture, la religion et la langue. L’anglais, le malais, le mandarin et le tamoul sont les langues officielles. La commune, c’est l’anglais.

La gastronomie

Singapour est une ville de gastronomie internationale. Elle offre des mets et des prix variés, dans tous ses racoins. Nous avons opté pour la cuisine locale de rue, appelée «Hawker», de tradition indienne, chinoise et malaise. Parce que oui, «locale» à Singapour vient de ces trois cultures. Ces délicieux mets authentiques ne coûtent souvent que quelques dollars. Petit conseil : fuir les grandes artères touristiques, où les serveurs tendent des menus dispendieux, mais pas si bons. Les meilleures adresses de Hawker se trouvent souvent dans les rues voisines plus recluses, que les Singapouriens fréquentent quotidiennement. À essayer celui dans le People’s Park Complex du Chinatown.

La bière à Singapour

L’alcool est fortement taxé à Singapour, et ça se reflète sur le prix de la bière. Ce n’est pas rare de payer 15 $ à 20 $ pour une pinte artisanale. Pour les petits budgets, les 5 à 7 proposent des menus souvent moins chers. Le mouvement craft a commencé il y a vingt ans, avec l’ouverture de la première brasserie, Brewerkz. On en compte aujourd’hui moins d’une dizaine à Singapour, et plusieurs bars à bières artisanales, principalement importées des États-Unis et du Japon. La plupart des établissements servent des produits de types Lager asiatiques ou de blé allemandes. Pour rencontrer la communauté de beer geek locale, rendez-vous au Smith Street Taps, situé dans Chinatown, autour du mini bar sans chaises. Mais attention : ce n’est ouvert que quatre heures par jour.

Transport

Il faut quelques jours pour s’habituer à la circulation à gauche. Pour le reste, la ville est très bien desservie, autant pour les piétons qu’en transport en commun, avec le train MRT et plusieurs lignes d’autobus. Pour quelques dollars, on peut se procurer le guide des itinéraires TransitLink. C’est même très facile de se rendre au centre-ville depuis l’aéroport de Changi, situé à une vingtaine de kilomètres. Singapour est aussi un carrefour aérien majeur, desservi par les grandes compagnies comme les petites. On peut prendre le train en direction de la Malaisie et de la Thaïlande.

Sécurité

On ne sent pas en danger à Singapour. C’est d’ailleurs l’un des pays avec le plus bas taux de criminalité au monde. Par contre, les lois et règlements très sévères ne pardonnent pas, et il est fortement conseillé de se plier aux requêtes. Difficile de faire autrement lorsque des policiers armés de mitraillette automatique se promènent dans les rues.

À découvrir

Divertissement – Aéroport de Changi

Ça peut sembler inusité de proposer un aéroport comme endroit à visiter dans un pays étranger, mais celui-ci est quelque chose. Régulièrement élu meilleur au monde, l’aéroport de Changi est particulièrement divertissant lors de transits. Des salles de cinéma, un jardin de papillons, une glissade de douze mètres de hauteur… Si votre escale dure plus de 5 h 30, on vous propose un tour guidé gratuit de la ville, d’une durée de 2 h 30.

Détente – Mr. Lim Foot Reflexology

On vous prévient, c’est douloureux. Mais après un vol de 24 heures, rien de mieux que de se faire claquer les plantes des pieds pour aider la circulation du sang. Cette petite place cachée dans un racoin du troisième étage du People’s Park Complex, dans Chinatown, propose des massages de type réflexologie, à prix modiques. Pas d’huiles essentielles ni musique zen de spa. Non. Ici, c’est une thérapie des pieds, sans chichi.

Visite – Quartier Kampong Glam

Ce quartier pittoresque est un excellent choix pour trouver un hébergement à petits prix, de délicieux bouibouis et de l’art de rue parsemé ici et là. Kampong Glam est le cœur musulman de Singapour, où l’ont peut visiter des mosquées, traverser des marchands de tapis et de tissus, et fumer la chicha dans l’un des petits cafés. S’y balader en vaut le coup.

Notre sélection bières

Brouepub – The 1925

Voici une petite place sympathique où rencontrer des locaux et des voyageurs. Mis à part les fermenteurs à vue de tous derrière le bar, le style industriel avec murs de ciment, bar en bois et tabourets en métal, rappelle certains établissements branchés de Montréal. Au menu, 5 bières en fût en rotation, dont quelques produits maison de types américains qui penchent tous vers le sucré. Comme la Small Monster, avec un nez de lavande et d’épices, et une bouche de bonbon avec une touche d’amertume. Facile à boire pour une IPA.

369, Jalan Besar
the1925.com.sg

Brouepub – Brewerkz

On se croirait à la Cage aux Sports avec ses gros écrans de télévision et nourriture de pub à l’américain. Si vous n’êtes pas fervents de cette ambiance, optez pour la grande terrasse faisant face à la rivière Singapour. Cette brasserie artisanale est la première à s’être installée dans la ville, il y a vingt ans. Aujourd’hui, c’est un Canadien qui manie le fourquet. Treize produits coulent des fûts, dont six réguliers et sept saisonniers. Coup de cœur : Single Hop Series, une Pale Ale dont le houblon change d’une fois à l’autre.

2, Alexandra Road
brewerkz.com

Bar à bières – Tap Craft Beer Bar

Chic, moderne, ambiance de bar d’hôtel : le Tap, c’est glamour. Ce bar à bières est l’un de plusieurs bars et restaurants installés au rez-de-chaussée du luxueux centre commercial, le Capitol Piazza. Quelques hommes d’affaires et autres habitués sirotaient leur pinte à notre visite d’après-midi. La place propose une sélection de vingt produits internationaux en fûts, et tout autant en bouteilles. Un choix impressionnant, surtout ceux américains en fût, mais à prix exorbitants.

15, Stamford Road, Capitol Piazza
tapthat.com.sg

Restaurant et bar à bières – Druggist

Située aux portes du quartier Little India, cette ancienne pharmacie a été convertie en bar à bières, avec une ambiance décontractée de café étudiant. On propose 23 lignes de fût, provenant notamment des États-Unis, de la Norvège et d’Angleterre.

119, Tyrwhitt Road
facebook.com/DruggistsSG/

Kiosque à bières – Smith Street Taps

Nous n’avons malheureusement pas eu la chance d’y aller, car l’endroit ouvre seulement quatre heures par jour, de 18 h 30 à 22 h 30. Mais toutes les places visitées et les gens rencontrés ont fortement recommandé le Smith Street Taps de Chinatown. C’est un petit local sans chaises ni tables, où la communauté de beer geek se met en file pour ensuite boire debout de bonnes bières à prix raisonnables. Voilà sa réputation.

335, Smith Street
facebook.com/smithstreettaps/