Distillerie du Fjord : richesse boréale

Spiritueux

Distillerie du Fjord
Photos Distillerie du Fjord

Le 25 novembre dernier, la Distillerie du Fjord recevait le tout premier permis de distillation au Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Cette entreprise artisanale est le fruit du travail des frères Jean-Philippe et Benoît Bouchard, de concert avec leur père chimiste, Serge. Après deux ans, ils peuvent enfin faire fonctionner leurs alambics. Ceux-ci devraient, à terme, produire 40000 bouteilles par année.

Le but des frères Bouchard est de créer des alcools inspirés par la richesse boréale du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les aromates, tels le myrique baumier, le poivre de dunes ou l’épinette sont cueillis à la main dans la région. De plus, la distillerie, située au pied des monts Valin, utilise une eau de source locale : «On y arrête toutes les fois qu’on monte au chalet pour en remplir un gallon tellement elle est bonne!» s’exclame Jean-Philippe.

Ils s’attendent à voir leur premier produit en SAQ au début du printemps. «On est parti de la recette classique d’un London dry gin puis on a travaillé avec le biologiste Fabien Girard afin de trouver des équivalents d’ici», explique Jean-Philippe. D’ailleurs, outre les baies de genévrier, le reste des aromates est local. «Quand on a fait notre cours sur la production et la gestion de distillerie à Kelowna, notre professeur disait qu’il y a trois choses essentielles au succès d’une telle entreprise : faire un alcool unique de manière artisanale et respecter le terroir local» indique-t-il.

Le gin étant un spiritueux fort populaire chez les consommateurs québécois, au moment d’écrire ces lignes, la SAQ en offre 18 provenant du Québec, dont la moitié provenant de distilleries artisanales. Il reste donc encore de la place sur les tablettes du monopole d’État pour de tels alcools distinctifs et bien de chez nous. «En Colombie-Britannique, par exemple, ils sont autour de 50 petits producteurs», nous informe d’ailleurs le jeune entrepreneur.

D’autres spiritueux devraient suivre, incluant un second gin fait à 100 % d’ingrédients locaux. Et possiblement un whisky : «Mais on s’y connaît moins. À la base, on est des fans de gins. Il faudrait trouver le ou les bons collaborateurs de la région, qu’il soit brasseur, agriculteur ou autres…»