O’Dwyer, une microdistillerie gaspésienne

Gin Radoune d'O'Dwyer
Photo Distillerie O’Dwyer

Fondée par Michael Briand et Frédéric Jacques, la Distillerie O’Dwyer est un vieux rêve sur le point de se concrétiser : faire des spiritueux mettant en vedette les aromates locaux.

Originaire de Québec, Frédéric Jacques s’est retrouvé en Gaspésie depuis qu’il a décidé d’y suivre sa conjointe, il y a de cela une dizaine d’années. Père de quatre enfants, il était justement parent au foyer quand le projet a démarré. «Je me suis lancé comme un fou, travaillant 90 heures par semaine», se souvient-il. «À pareille date l’an passé, on n’avait même pas de local. Mais depuis août, tout a déboulé», ajoute-t-il. En effet, les approbations et permis sont arrivés rapidement, et le processus s’est fait sans anicroche.

Les deux comparses se complètent bien : «Michael est les voiles, et je suis le gouvernail», explique en riant Frédéric. Possédant un doctorat en chimie, celui-ci amène les connaissances au duo : «Je veux lancer une distillerie depuis que j’ai fini mon baccalauréat, en 1997». Mais ne venant pas d’un milieu entrepreneurial, il avait mis de côté ce rêve. Puis est arrivé Michael Briand, un natif de Sudbury qui a fait ses études collégiales en Gaspésie. Ils ont trouvé le financement et développé le produit ensemble.

Radoune

Leur premier produit, le gin Radoune, devrait être disponible sous peu : «On a distillé comme des fous, car la SAQ nous a informés de son intention d’achat initial de 400 caisses de 12!», s’exclame Michael Briand, le directeur général de la distillerie de Gaspé. Outre les baies de genévrier classiques, ils utilisent des champignons sauvages et des chatons d’aulne pour aromatiser leur gin, tous de source locale. «C’est certain que d’autres aromates, comme la coriandre vient d’ailleurs, car ça ne pousse pas très bien au Québec», précise Frédéric Jacques.

Le tout est rectifié dans leur petit alambic de 500 L. Ils ont environ 2000 L qui attendent d’être embouteillés, «Les gens réclament déjà notre produit», raconte Frédéric. Selon la SAQ, le gin Radoune devrait se retrouver sur ses tablettes d’ici quelques semaines.

Une vodka de betterave est dans les plans mais, à terme, ils souhaitent surtout pouvoir distiller du whisky, du grain à la bouteille.