Tête d’Allumette: Quelques bières à découvrir sur place

Tête d'Allumette
Photo Mark Sparrow

Notre passage chez Tête d’Allumette nous a permis de nous familiariser avec quelques bières offertes par la brasserie. Nous avons demandé aux brasseurs d’en sélectionner quatre afin de vous les faire connaître et de vous inciter à aller sur place les découvrir. Bien sûr, nous avons également pris soin de les goûter…

Les quatre bières sélectionnées par Martin reflètent bien sa créativité et surtout son modus operandi; l’inspiration pour ses recettes provient souvent d’un ingrédient qui l’interpelle. Il n’hésite d’ailleurs pas à sortir des sentiers battus.

« J’ai de la difficulté à mettre un style sur mes bières, car je ne crée pas mes recettes de cette façon. Je pars de quelque chose de trippant qui me stimule et j’essaye de faire des alliances avec autre chose », explique le brasseur.

Martin a étudié en agriculture et son affinité pour les plantes, les herbes et les arbres se fait ressentir dans ses recettes puisqu’il aime les exploiter, mais surtout, les cueillir lui-même. « J’aime aller dénicher mes ingrédients dans la nature, j’ai des fichiers avec plein d’ingrédients que je compte éventuellement utiliser dans des recettes », poursuit-il.

S’il prévoit expérimenter davantage et se laisser aller dans des recettes plus flyées, la brasserie compte tout de même ses classiques dignes de mention. Parmi ceux-ci, la Tête Carrée, une Bitter anglaise fort réussie, la Pioche, une Saison céréalière et herbacée, l’Apache pour amateur d’Ale fumée, la Gasket de Tête, un Stout bien rôti et la Tête de Houblon, une variante d’IPA à l’humeur changeante dont la version 10.0 sortira sous peu.

Quatre bières dégustées

Zizanie – Saison session  – 3,9 %

Description

Jaune citron éclatant et scintillante, elle se coiffe d’une splendide meringue qui donne encore plus d’éclats à sa robe. Au nez, paille, poivre, citron, vétiver et levure rustique invitent à y plonger les lèvres, ce que son taux d’alcool très bas vous convaincra de répéter à outrance. Désaltérante, croustillante, sèche et délicate, sa complexité en fait une grisette des plus appréciables.

Inspiration

Le brasseur s’est un jour fait donner par ses amis d’À l’abri de la tempête un sac de houblon congelé non identifié que ces derniers avaient retrouvé. De temps à autre, Martin hume et goûte le contenu afin d’identifier la sorte de houblon. Alors qu’il concocte l’une de ses recettes, il reconnaît subitement l’arôme du houblon non identifié qui s’avère finalement l’allemand Hersbrucker. Inspiré par son arôme, il l’utilise pour concocter une Saison légère au vétiver qui deviendra l’une de ses préférées. Le nom provient de vetiveria zizanioides, nom latin du vétiver.

L’Oeil du Mouton – Vossaøl – 7,6 %

Description

Rousse éclatante aux reflets pourpres, elle se coiffe d’une onctueuse mousse qui s’estompe tranquillement. Au nez, les arômes de sucre d’orge, de confiture de fraise, d’orange et de girofle nous sortent définitivement des sentiers battus. En bouche, elle est d’abord liquoreuse et aromatique, avec notamment des notes de petits fruits et des pointes herbeuses. Sa finale est un tantinet acide et plus sèche qu’anticipée. Étonnamment, voire dangereusement drinkable.

Inspiration

Issue du patrimoine brassicole oublié de la Norvège, cette recette a été rendue possible grâce aux Coureurs des Boires, dont le collègue Martin Thibault, qui a lui-même rapporté la levure « kveik », une souche endémique unique à la région de Voss. La bière est bouillie six heures sur feu de bois et préparée avec une infusion de branches de genévrier que le brasseur de Tête d’Allumette a lui-même cueillies. Le seul endroit commercialisant ce style en Norvège est un restaurant qui sert un plat fétiche, une demi-tête de mouton flambée à la torche et bien sûr servie intégralement. Quelle partie mange-t-on en premier? Le nom de cette bière saura vous le dire.

Tête froide – Cream Ale brune au café infusé à froid – 4,5 %

Description

Brune foncée et opaque, elle se coiffe d’une mousse légèrement moka bien crémeuse qui s’impose. Le nez met sans surprise de puissants arômes de café en évidence que l’on retrouve en bouche avec des notes de canne à sucre et de seigle, ainsi que des pointes végétales et terreuses. La texture est bien soyeuse et la presque absence de notes torréfiées ainsi que la faible amertume en font une bière qui se boit sans remords en avant-midi.

Inspiration

Inspiré par le Cold Brew du Café Maelstrom de Québec, Martin a voulu mettre en valeur le riche café infusé à froid d’un ami dans une bière brune anglaise brassée avec un bon pourcentage de seigle caramel récemment découvert à travers un échantillon de Malt Broue. Deux récentes découvertes qui se sont rapidement accouplées dans l’esprit du brasseur.

Blanche Tête et les Sept Grains – Blanche florale au riz basmati  – 7,5 %

Description

Jaune paille et trouble, elle se coiffe d’une agréable mousse bien blanche et tenace. Au nez, des effluves délicats et particuliers intriguent. Une fois en bouche, la levure belge prend sa place et est rapidement appuyée par un bouquet d’arômes faisant jaillir des notes de coco, de jasmin, de menthe et de citron, le tout bien soutenu par ses céréales dont le riz, l’avoine et le blé. Texture plaisante, amertume rafraichissante et des parfums complexes tout simplement insoupçonnés.

Inspiration

Initialement brassée dans le sous-sol du brasseur à l’époque où il s’exerçait à la maison, cette version renouvelée met en vedette deux sortes d’avoine, deux sortes de riz et trois sortes de blé qui usurpent l’identité des sept nains au plus grand plaisir de Blanche Neige. L’agastache, une plante herbacée, est quant à elle la grande responsable des arômes hors de ce monde que l’on y perçoit. L’agencement réussi est tout à l’honneur du brasseur.