Une institutrice qui a terrorisé Edmundston se fait de nouveaux adeptes

Soeur Catherine

C’est le cas de le dire, certains sexagénaires ont dû grimacer en tombant sur Soeur Catherine, la IPA des Brasseurs du Petit-Sault. Détrompez-vous, l’amertume de la bière n’est pas en cause, c’est plutôt le souvenir de l’enseignante qui risque de les saisir de plein fouet, et ce, des décennies plus tard.

Au Québec, la bière Soeur Catherine a fait son apparition il y a quelques mois sur les tablettes des SAQ. Originaire d’Edmundston au Nouveau-Brunswick, cette IPA américaine aux subtiles notes belges et au bouquet bien aromatique reflète à merveille l’effervescence qui se fait sentir pour la bière artisanale chez nos voisins de l’est.

D’ailleurs, en attendant la venue des autres produits de la brasserie sur les tablettes de la SAQ, une petite virée à la brasserie n’est pas à exclure, la brasserie est située à quelques minutes seulement de la frontière.

Mais qui est donc Soeur Catherine?

Soeur Catherine du Sacré-Coeur est née Edith Marquis, à St. Agatha dans le Maine en 1898. Elle a oeuvré à Edmundston de 1921 à 1978 comme éducatrice en 1re année du primaire à l’Académie Monseigneur Conway.

Grande collaboratrice paroissiale, elle était réputée très entêtée et sévère. On raconte même que les gens de plus de 60 ans dans la région d’Edmundston font encore aujourd’hui des cauchemars à son sujet.

Évidemment, le temps venu de baptiser sa IPA américain, la microbrasserie d’Edmundston a sans hésitation opté pour Soeur Catherine, l’institutrice réputée comme étant très amère…

« La classe de Soeur Catherine n’était pas la plus populaire, mais cette enseignante a forgé le caractère de plusieurs générations. Cette IPA a été brassée méthodiquement avec cinq variétés de houblon. Soeur Catherine en serait fière. Son amertume vous mettra à genoux! », peut-on lire sur l’étiquette.

La bière à la robe cuivrée et aux reflets orangés se présente sous une belle mousse qui laisse s’échapper de forts arômes d’agrumes et un soupçon de pin, gracieuseté des houblons en majorité américains. Des notes de cassis et des pointes légèrement terreuses se mélangent aux subtiles flaveurs épicées de levure belge qui viennent ajouter à sa complexité. Le tout est bien soutenu par un malt caramel et un corps moyennement rond qui ne trahit toutefois pas ses 7 % d’alcool.

Bières à saveur locale

Depuis ses débuts à l’été 2014, le mandat que se sont donné les Brasseurs du Petit-Sault est non seulement d’offrir des bières de qualité, mais aussi de s’assurer que celles-ci racontent une histoire… celle du Madawaska, région du nord-est de l’Amérique du Nord dans laquelle se situe notamment la ville d’Edmundston.

C’est en honorant ainsi des personnes légendaires de la région que la brasserie s’efforce de faire connaître l’histoire locale. Les Bob Leboeuf, une blonde belge brassée pour un prospecteur d’Edmundston reconnu pour sa fougue; Louis XVII, une ambrée qui raconte la légende de Bénoni Nadeau que certains croient être Louis XVII, le petit roi de France mystérieusement disparu; La Buckdjeuve, une Ale forte de spécialité qui dépeint cette bête mythique; ou Colonel John Baker, une Dubbel en l’honneur de l’homme d’affaires ayant revendiqué les frontières de la région; en sont d’autres exemples tout aussi cocasses.

Les bières se distinguent également par leurs étiquettes dont les illustrations donnent vie aux personnages et à leur légende. Celles-ci ont été conçues par des artistes de Baker-Brook, Luc Cyr et Paula Lentz, et de la graphiste d’Edmundston, Sandi Emond. Encore une fois, la région est à l’honneur.

Les Brasseurs du Petit-Sault

Tout de même récente, la microbrasserie a ouvert ses portes à l’été 2014 sur la rue de l’Église à Edmundston, en pleines festivités du Congrès mondial acadien. La bâtisse abrite également une boutique et un petit café où l’on peut se sustenter en dégustant les bières.

« C’est un projet communautaire qui a pu voir le jour grâce à l’engagement de plus de 80 actionnaires. La microbrasserie a pignon sur rue au centre-ville d’Edmundston, NB, dans un ancien poste de police », précise Monica Martin, directrice générale adjointe de la brasserie.

Depuis son ouverture, la popularité de la brasserie est sans cesse grandissante et l’on retrouve ses produits à plusieurs endroits dans la région. La Brouetique est également prisée des locaux qui viennent régulièrement faire le plein des diverses offrandes à signature majoritairement belge, le tout évidemment dans le but de se familiariser avec l’histoire du coin…