Quelques bières à découvrir sur place

Micro du Lac

Bière de la Micro du Lac
Photo David Sparrow

Notre passage à la Microbrasserie du Lac Saint-Jean nous a permis de nous familiariser avec quelques bières offertes par la brasserie. Nous avons demandé au brasseur d’en sélectionner quatre afin de vous les faire connaître et de vous inciter à aller sur place les découvrir. Bien sûr, nous avons également pris soin de les goûter…

Dès ses débuts, la Micro du Lac a su trouver sa place sur les tablettes des détaillants avec en entrée de jeu La Boutefeu, une Ale rousse, et La Vire-Capot, une Ale blonde, qui ont fait belle figure auprès du public. C’est toutefois avec leurs spécialités belges, la Belle Gigue, une Ale blonde belge, et la Gros Mollet, une Dubbel, qu’ils ont su tirer leur épingle du jeu.

D’ailleurs, dès 2009, la brasserie lance sa Tante Tricotante, une Tripel qui trouve naturellement sa place dans l’offre de la brasserie et qui a connu du succès dès son arrivée. « Les gens qui brassent de la Triple au Québec l’aimaient bien, c’est toujours bon signe dans ce temps-là », avance le brasseur.

La version chardonnay de la bière est très bien reçue et compte parmi les premières bières en fût de chêne sorties dans la province. De même, une version plus costaude de la Gros Mollet s’est retrouvée en fût de Jack Daniels, une rencontre inévitable et fort réussie.

De nos jours, la brasserie travaille également davantage avec les plantes boréales; elle est maintenant à remplacer les épices plus traditionnelles de ses recettes par des produits du terroir tels le thé du labrador et l’armoise. D’ailleurs, dès la fin juillet, une collaboration réalisée avec La Korrigane de Québec mettra en vedette une plante boréale et vise du même coup à prôner la cueillette responsable afin d’éviter le saccage de nos forêts. À surveiller.

Les recettes de la brasserie se font nombreuses, mais celles-ci sont également bien déclinées lorsqu’il y a lieu. Plus on découvre les bières, plus on s’attache à leur personnalité et aux anecdotes qui prennent vie. Parmi celles à ne pas manquer, la Frappabord, un chaleureux Barley Wine, la Houblon Libre, une excellente Black IPA, la Rang 10, un solide Imperial Stout, la Bissextile, une audacieuse blonde à l’épinette, ainsi que quelques créations plus éclatées, notamment dans la série des horoscopes.

Quatre bières dégustées

La Boutefeu – Ale rousse – 5,1 %

Description

Rousse foncée aux reflets rougeoyants, elle se présente sous une mousse tenace qui annonce une expérience réussie où les malts sont à l’honneur. Au nez, le caramel est bien perceptible, mais en bouche, des notes rôties prennent davantage de place telle que le désirait le brasseur. Elle offre aussi une bonne amplitude et elle se boit très facilement. Sa finale est légèrement grillée et torréfiée, juste assez pour nous vendre la mèche quant à ses origines explosives.

Inspiration

C’était essentiel pour le brasseur d’offrir une rousse à sa clientèle dès l’ouverture, mais il ne voulait pas quelque chose de trop caramel et l’a donc intentionnellement brassée plus foncée. Depuis ses débuts, la quantité de malt chocolat utilisée ne cesse d’ailleurs d’augmenter. Son nom provient des dynamiteurs qui travaillaient à la carrière de granit à l’époque, on les appelait boutefeux. Cette bière pleine d’aplomb évoque ainsi la mémoire de ces allumeurs de mèche, plus précisément le grand-père du brasseur qui était l’un d’entre eux.

Tonton Taquinant – Triple belge – 9,6 %

Présentation

Cette Tripel du Nouveau Monde mise notamment sur l’avoine, le blé malté et le houblon Amarillo pour proposer une blonde forte et amère aux accents fruités et houblonnés. Sa robe bien dorée est chapeautée d’une onctueuse mousse blanche et les effluves de levure belge se marient aux houblons du Nouveau Monde pour lui conférer des notes pâtissières et des flaveurs de fruits exotiques dont melon miel, pomelo, ananas, et pomme Grany Smith. L’amertume vient par la suite se fondre pour créer une longueur en bouche soyeuse.

Inspiration

Souhaitant créer une Tripel avec de nouveaux ingrédients pour un projet spécial, le brasseur a d’abord créé cette bière dont une partie est par la suite vieillie en fût de Sauterne pour donner naissance à une autre bière, l’Or en barre. Cette Tripel du Nouveau Monde est en quelque sorte la version « neutre » de l’Or en barre et le brasseur s’efforce d’en garder en petite quantité chaque fois qu’il brasse son grand cru. Son nom a été choisi pour faire opposition à la désormais célèbre Tripel de la brasserie, la Tante Tricotante.

Rossignol ascendant casserole – Witbier au jasmin boréal – 4,4 %

Présentation

À l’allure d’une blanche des plus traditionnelles avec sa blondeur voilée et sa mousse crémeuse jonchée à son sommet, elle propose au nez des flaveurs traditionnelles de pain, ainsi que des arômes de thé vert et de fleur blanche évoquant le jasmin, mais qui puisent plutôt leurs origines dans une plante de la forêt québécoise du Lac-Saint-Jean. En bouche, elle est fort agréable, notamment en raison des flocons de blé utilisés. Légère et invitante, sa signature distinctive est fort appréciable et se marie à merveille à sa base de blanche belge.

Inspiration

C’est en sentant la plante boréale utilisée que le brasseur a perçu des arômes s’apparentant au jasmin et qu’il a tout de suite souhaité créer une bière qui se boit facilement et en bonne quantité. La blanche belge était tout indiquée pour concocter cette recette, de même que la levure Jean-Talon qui a aussi été utilisée dans sa conception. Figurant dans la série des horoscopes, son nom provient de la maxime « Qui ne veut pas se révéler ne doit pas faire de bruit », qui vous incite à choisir entre le côté rossignol ou casserole de votre personnalité.

Miss Griottes – Sure aux cerises griottes – 4,8 %

Présentation

Cette bière sure est à la base la Berliner Weisse de la brasserie à laquelle on a ajouté une bonne dose de cerises griottes de Métabetchouan. De couleur magenta, elle est coiffée d’une belle mousse blanche et fugace. Au nez, on devine l’acidité portée par des arômes de blé et un impressionnant parfum de cerises. En bouche, la cerise explose en complexité, bien appuyée par l’acidité de la bière qui se marie naturellement avec le fruit.

Inspiration

On retrouve beaucoup de producteurs de cerises griottes au Lac-Saint-Jean et c’est en goûtant les fruits que le brasseur a eu un coup de foudre et a voulu travailler avec cela pour produire une nouvelle bière sure. La Berliner Weisse de la brasserie, la Madame Suredelle – aussi utilisée pour la Beluette et la Cousine Argousine –, a servi de base pour cette nouvelle surette créée en novembre 2016. La brasse a nécessité 40 kilogrammes de griottes qui ont été dénoyautées à la main par l’équipe de la brasserie pour produire 300 litres de bière… On raconte que la cuisine s’apparentait à une scène de film d’horreur une fois la tâche complétée.