Les premières bières marquantes

Affiche de la Maudite d'Unibroue inspirée par la légende de al chasse garderie
Affiche de la maudite - Photo: Unibroue

On débute en août une nouvelle série d’articles sur les coups de cœur de nos collaborateurs sur une foule de sujets se rapportant de près ou de loin au monde brassicole et ses plaisirs connexes.

On commence alors par le commencement, alors j’ai demandé aux membres de l’équipe de rédaction de nous parler de la première bière à les avoir marqués. Voyons ensemble ce qui a amené l’équipe de Bières et Plaisirs à s’intéresser autant au monde brassicole.

La St-Ambroise Vintage pour David Sparrow

La St-Ambroise Vintage Ale, l’une des premières bières rares et attendues sur le marché québécois. Probablement aussi la première Barley Wine embouteillée au Québec, qui, de surcroît possédait un packaging exceptionnel. Le produit était, évidemment, d’exception également.

Martin Thibault, L’Infidèle

« Pour moi, ça a été L’Infidèle, de la défunte Brasse-Monde, à Saint-André-Avellin », indique Martin Tnibault. Pas parce que c’était la meilleure, mais parce que ça a été la première bière locale qu’il a bue. « Outre ces lagers industriels qui ne goûtent que le grain mouillé. 😉 Elle était plus goûteuse que la moyenne, plus aromatique (coriandre, écorce d’orange), etc. », se souvient-il.

Elle a été l’élément déclencheur qui l’a rendu « infidèle » à une marque de bière précise, étant encore et toujours en quête de découverte.

La Fin du Monde d’Yan Lortie

« Je l’ai surement acheté pour son taux d’alcool », indique d’entrée de jeu Yan. C’était au début des années 2000. « Quelle surprise j’ai eue quand j’ai humé ses aromes fruités! La bière était soyeuse et savoureuse. Plusieurs secondes après ma première gorgée, les saveurs étaient encore présentes », ajoute-t-il. Jamais il n’aurait cru qu’une bière pouvait être aussi goûteuse. « J’ai replongé mes lèvres assez rapidement et à plusieurs reprises, oubliant son degré d’alcool qui m’a sournoisement eu », avoue-t-il.

Soyez donc prévenu!

Un Coup de Grisou pour Éric Tremblay

« Évidemment, je connaissais déjà les produits d’Unibroue. Mais au départ, tout comme Yan, je n’en consommais que pour leur taux d’alcool élevé », se remémore honteusement Éric Tremblay quand on lui pose la question.

« Je travaillais chez RJ à l’époque et quand j’ai goûté à ça, je ne comprenais pas comment une bière pouvait goûter ça et j’ai adoré », s’exclame-t-il. C’est à ce moment qu’il a, à son tour, commencé sa quête de nouvelles saveurs.

La Maudite Annie Caya et La Guinness

Elle était encore ado à l’époque et, bien qu’elle buvait de la bière ici et là dans des partys, elle n’aimait pas vraiment la bière. On l’a prévenu qu’elle n’aimerait pas et que ça goûtait fort. « Eh bien! c’est la première fois que je trouvais que c’était intéressant. Et j’ai aimé », raconte Annie.

« Mais ce n’est pas à ce moment qu’elle a commencé à s’intéresser à la bière. C’est arrivé plus tard dans les années 90, quand un de mes grands chums m’a débouché une Maudite », souligne-t-elle. Elle s’en souvient comme si c’était hier : « on était à son appart, il pleuvait dehors, et on s’apprêtait à regarder The Meaning Of Life (NDLR Une comédie satirique du célèbre groupe anglais Monty Python). » Là, le temps s’est arrêté pour elle.

« Je n’en revenais tout simplement pas. Mon tout premier “beergasm” » — Annie Caya

Martin Hébert et la Maudite bière

« Je détestais la bière », annonce d’entrée de jeu notre Brewligan. C’était pour lui ce que son père et grand-père buvaient devant la soirée du hockey, « ou ce que mes amis engouffraient en 40 devant la soirée de la déchéance », ajoute-t-il avec sa verve habituelle. Ce n’était tout simplement pas pour lui. Il se disait alors : « Je vais boire du Bailey’s à la place… ». Jusqu’à ce qu’il découvre la Maudite. « C’était comme si je venais de découvrir que la crème de menthe n’était pas le seul spiritueux », explique Martin Hébert. Il enchaîne : « on parle de “93 environ. La Maudite venait d’apparaître sur les tablettes et je n’écoutais que du métal. La gargouille a dû me faire effet ».

Mais celles qui ont tout changé pour lui sont la Mackroken Flower de Bièropholie et l’Impérial Stout de l’Amère à Boire.

Et de l’autre côté de l’Atlantique?

Pour Laurent Mousson, c’est la Newcastle Brown Ale en cannette que buvait son père, le soir, en vacances en Angleterre. «À une époque (années 80) où la bière en Suisse se résumait à de la lager blonde insipide, c’était une révélation de voir que la bière pouvait être autre chose», se remémore le sympathique gaillard.

Quant à Vlad Antonov, il répond d’emblée : «c’était l’Aviso, une bière assemblée pour un bar à bière de Saint-Malo».

JF et la Blanche du Cheval Blanc

Pour ma part, tout débute avec un carton de 6 bières qui m’avait été offert pour mon anniversaire. Parmi des bières célèbres provenant des quatre coins du monde se trouvait la première bière blanche québécoise : la Cap-Tourmente du Cheval Blanc. Je ne pourrais pas vous nommer plus de la moitié des autres bières que contenait mon présent, mais celle qui fut renommée la Blanche depuis m’a tout simplement séduite de par sa fraîcheur et sa qualité.

Cette bière m’a ouvert les yeux sur la qualité des bières artisanales, tout en me démontrant comment on n’avait déjà pas à rougir de nos toutes nouvelles microbrasseries.

Et pour Philippe Wouters?

Le mot de la fin revient à Philippe Wouters :

« Chimay Rouge au restaurant de mon père ! » — P. WOuters