Du bonheur en canne grâce à des règles assouplies!

Photo Amère à boire

Une bouteille de l'Amère à boire et un verre plein de biière sur une galerie.
Photo Amère à boire

Depuis quelques mois, les consommateurs peuvent emporter leurs bières favorites directement du comptoir d’un brouepub. Grâce à l’instauration de la Loi sur le développement de l’industrie des boissons alcooliques artisanales (PL88), cette petite réforme dans l’univers brassicole permet non seulement aux consommateurs d’emporter des cruchons remplis aux pompes, mais d’acheter des bières embouteillées sur place et d’apprécier ces nectars ailleurs! À condition bien sûr que les détenteurs de permis se conforment aux obligations stipulées dans le Règlement sur la vente de bière pour consommation dans un autre endroit.

Après quelques mois de rodage, la Régie des alcools, des courses et de jeux (RACJ) apportait dans un communiqué daté du 28 juillet, des précisions aux titulaires de permis de producteur artisanal de bière et de permis de brasseur pour rappeler leurs obligations dans cette nouvelle pratique. Voici principalement ce qu’on doit retenir.

Vente de bière directement tirée du robinet pompe pour emporter

Les brasseurs peuvent vendre la bière qu’ils fabriquent pour consommation à domicile entre 8 h et 23 h et les contenants autorisés doivent être réutilisables aux mêmes fins que celles pour lesquelles ils ont été conçus à l’origine. Ceux-ci doivent pouvoir être nettoyés et désinfectés conformément aux normes et principes d’hygiène alimentaire en vigueur.

Les brasseurs également titulaires d’un permis de restaurant pour vendre ou un permis de bar peuvent remplir les contenants à partir des pompes qui se trouvent dans la section restaurant ou bar en question. Il en va de même pour les brasseries dotées d’un salon de dégustation.

Les contenants remplis à l’avance et vendus pour emporter doivent être conservés dans un endroit distinct, séparé de celui où sont entreposées les bières en bouteille ou en canette vendues pour consommation (CSP). Par conséquent, les bières vendues pour emporter doivent être conservées dans la zone d’entreposage associée au permis de fabricant.

Vente de bière embouteillée pour emporter

Depuis l’entrée en vigueur de la Loi, le titulaire de permis de producteur artisanal de bière peut vendre, toujours entre 8 h et 23 h, ses produits à une personne pour consommation dans un autre endroit, mais pas à un titulaire de permis délivré en vertu de la Loi sur les permis d’alcool (ex. : bar, restaurant ou épicerie).

Le titulaire de permis de producteur artisanal de bière ou de permis de brasseur peut vendre pour emporter la bière qu’il fabrique; qu’elle soit en bouteille, en canette ou en grogneur (growler). L’utilisation d’un mécanisme à contre-pression branché directement sur les cuves de bière dans la zone de fabrication est permise. Comme il s’agit d’embouteillage standard, le titulaire doit se référer aux obligations prévues dans la Loi sur la Société des alcools du Québec et aux conditions générales d’obtention et de maintien du permis.

Qu’importe le contenant utilisé, les bières embouteillées et vendues pour emporter doivent être conservées dans un endroit distinct, séparé de celui où sont entreposées les bières en bouteille ou en canette vendues pour consommation sur place devant porter la mention « CSP ». Par conséquent, les bières vendues pour emporter sont conservées dans la zone d’entreposage associée au permis de fabricant.

Source : racj.gouv.qc.ca.

Le pouls sur le terrain

Au Cheval Blanc, le projet de bière pour emporter n’a pas encore pris forme en raison de pépins techniques. « Les pompes existantes sont trop basses pour remplir des growler et il en coûterait trop cher pour changer de système, explique Frank Martel. La brasserie est donc désormais équipée d’une embouteilleuse à contre-pression qu’il leur faut maintenant installer au sous-sol, tandis que les growler, eux, ont pris la route du sérigrapheur. D’ici peu, nous allons offrir des growler remplis à contre-pression pour emporter, surtout des IPA. Et on va faire aussi de la bouteille 750 ml et 1 litre pour consommation sur place avec des bières vieillies en fût de chêne. »

À l’Amère à boire, les tenanciers se sont aussi procuré un adaptateur pour remplir à contre-pression. « Comme la bière demeure sous pression lors du remplissage du litre, on évite son oxydation et sa dégazification; des conditions qui lui permettent d’être bien conservée pendant plusieurs semaines, partage René Guindon. Remplis d’avance, les litres sont déjà disponibles au comptoir pour être emportés, un avantage pour les serveurs qui n’ont pas à remplir des contenants pendant le service! Même si la demande reste faible pour l’instant, elle est constante. On considère cependant cette opération comme un service offert à la clientèle plutôt que comme une nouvelle voie de commercialisation. »

Pour Nicolas Bourgault de Bedondaine et Bedons Ronds, même si rien ne vaut une bière en fût dégustée sur son lieu de production pour vivre une expérience optimale, il étudie présentement différentes options pour joindre les rangs. Parions d’ailleurs que la pratique encore peu connue du public prendra de la popularité dans l’ensemble des établissements qui ont pris action ou le feront possiblement. Il s’agit en tout cas d’un beau terrain de jeu pour les brouepubs!