Le renouveau des houblons alsaciens

Photo stockphotosecrets.com

des cocotes de houblons sur la plante
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L’histoire de la culture du houblon en Alsace, en France, remonte au début du XIXe siècle lorsqu’un brasseur du nord de l’Alsace ramena des boutures de houblons bavarois et tchèques pour ne plus être tributaire des houblons de Bohême.

Dès 1820, la culture du houblon, comme la production brassicole prend un véritable envol. Le développement de la culture du houblon connaîtra un apex vers 1840 où plus de 4600 hectares de houblon sont exploités. Le XXe siècle marque un déclin de la culture suite à une production trop élevée, puis à cause de quotas imposés à 500 hectares par l’occupant nazi. C’est en 1939 que 363 planteurs de houblons alsaciens se réunirent dans une organisation visant à défendre leurs intérêts : la Coopérative des Producteurs de Houblon d’Alsace (COPHOUDAL). Dès lors, la production fluctue doucement.

Depuis 2001, la coopérative travaille sur des hybridations pour créer des houblons adaptés aux nouvelles habitudes de consommation des buveurs de bière, avec des propriétés aromatiques innovantes, ainsi que pour concevoir des variétés plus résistantes aux maladies visant à diminuer l’utilisation d’agents chimiques dans les cultures.

Le Barbe Rouge

C’est en 2014 que le Barbe Rouge fit sa sortie des laboratoires de recherche variétale de la COPHOUDAL en utilisant comme pied mère le très alsacien Strisselspalt. Très polyvalent, le Barbe Rouge peut s’utiliser tant en amérisant qu’en aromatique. Il offre des notes prononcées de fruits rouges telle que la fraise ou la cerise avec une belle balance herbacée et épicée. Au Québec, MicroBrasseries Charlevoix et Dieu du Ciel! l’intronisèrent avec, respectivement, la Vache Folle Barbe Rouge, une Double IPA mono houblon, et la Red Ale Barbe Rouge.

Le Triskel

Issu d’un croisement débuté en 2006 entre la variété française Strisselspalt et un plant mâle de la variété anglaise Yeoman, c’est en 2012 que le Triskel fait sa sortie officielle. Ce dernier a hérité des notes aromatiques du Strisselspalt d’une façon plus prononcée. Ses notes sont fruitées, agrumes et florales. Sa teneur en huiles lui donne un potentiel intéressant en houblonnage tardif et encore plus en houblonnage à cru. Sa teneur élevée en acides alpha lui offre également un bon potentiel amérisant. La Pitoune du Trou du Diable est un bon exemple de bière québécoise le mettant en valeur. Il en fut de même pour la Session IPA VII d’À la Fût. La microbrasserie ontarienne Beau’s l’utilise également dans la Dunkel de leur série Farm Table.

Le houblon, pas juste dans la bière!

Si, à l’origine, le houblon était utilisé en tant qu’agent de conservation, on l’utilise de plus en plus pour ses vertus aromatiques. Aussi, il n’est pas rare de le voir utilisé à des fins aromatiques dans d’autres alcools ou spiritueux. On pense ainsi à la nouvelle tendance de cidres houblonnés, comme le CID Houblonné de la Cidrerie Milton, le Remous de la Cidrerie Michel Jodoin ou encore le petit dernier du Groupe Geloso, le Cidrerie Beaupré Houblonné. La ferme apicole Desrochers D a choisi le houblon pour parfumer deux de ses variétés d’hydromel (Beezz I.P.A. et Beezz de lait). La microbrasserie-distillerie Oshlag a, quant à elle, utilisé le houblon Cascade pour aromatiser sa vodka! Sodas, tonics et bitters ne sont pas non plus en reste! Cherchez bien, le houblon n’est plus l’apanage de la bière!