Le gin de 1001 façons

2 cocktails au gin
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L’amour du gin ici ne date pas d’hier. Par exemple, en 1913, le Canada était responsable de 77 % des ventes pour la famille De Kuyper. Depuis, on a vu apparaître une nouvelle classe de gin : les artisanaux. Le premier serait le Junípero Gin de la Anchor Distilling Company. Cette distillerie de San Francisco en Californie a commercialisé ce gin en 1996, lançant du même coup une véritable tendance mondiale.

Si initialement ce sont principalement les pays de tradition anglo-saxonne qui ont embarqué dans la vague, au Québec, on n’est pas trop longtemps resté sur la touche car dès 2011 le Gin Ungava s’est pointé sur les tablettes de la SAQ.

Celui-ci a rapidement charmé le public québécois, devenant le 43e produit le plus vendu de la société d’État en 2016, puis bondissant au 29e rang l’an dernier. Et cet engouement s’est vite transformé en une véritable ruée vers l’or pour un nouveau type d’entrepreneur québécois : les microdistillateurs. Si bien qu’aujourd’hui, on retrouve une trentaine de leurs gins à la SAQ.

1001 façons de boire son gin

Si tous les gins se prêtent merveilleusement bien aux divers cocktails, de nombreux autres, de type artisanal, sont aujourd’hui faits principalement pour la dégustation.

Pour les découvrir, on les approche de la même manière que le whisky, en les servant température pièce, dans un verre de type tulipe. On les hume délicatement, la bouche entr’ouverte afin de ne pas surcharger notre nez des vapeurs d’alcools. On devrait évidemment y percevoir des notes de genièvre, rappelant le sapin, les agrumes et le bleuet. La bouche, quant à elle, devrait être fraîche et intrigante.

Ajouter quelques gouttes d’eau est tout à fait approprié. On peut ensuite jouer avec la température de service en les refroidissant au réfrigérateur, au congélateur ou en les servant sur glace. Il est préférable alors de choisir une glace faite d’eau non chlorée et récemment solidifiée, afin d’éviter les arômes rébarbatifs.

Le gin en cocktail

Voici quelques recettes de cocktails des plus intéressantes à essayer.

French 75

Un classique, publié dans les années 20, mais adapté d’une recette du 19e siècle.

• 30 ml de gin

• 15 ml de jus de citron frais

• 2 traits de sirop simple

• 60 ml de Champagne

Verser tous les ingrédients, sauf le champagne, dans un shaker. Secouer puis filtrer dans une flûte à champagne. Allonger de champagne et remuer délicatement. Décorer d’un long zeste de citron.

Québec 76

Une adaptation inspirée du terroir, créée par mes étudiants en sommellerie.

• 30 ml de gin

• 15 ml de jus de citron frais

• 15 ml de sirop de bleuet

• 60 ml de cidre mousseux

Verser le sirop dans le fond d’une flûte à champagne. Secouer ensemble le gin et le jus de citron. Filtrer dans la flûte.

Negroni

L’apéritif florentin parfait, selon ses fanatiques, il daterait de 1919.

• 30 ml de gin

• 30 ml de Campari

• 30 ml de vermouth rouge

Verser tous les ingrédients directement dans un verre old fashioned rempli de glace. Remuer délicatement, puis garnir avec une demi-tranche d’orange. Amusez-vous à varier le gin et le vermouth. Maintenant que quelques vermouths québécois sont disponibles, profitez-en pour les découvrir.

Gimlet

Un classique passé mode que j’aimerais grandement revoir à l’avant-scène.

• 60 ml de gin

• 20 ml de jus de lime

• 15 ml de sirop d’orgeat

Secouer le tout dans un shaker rempli de glaçon. Filtrer dans une coupe froide et servir décoré d’une tranche de lime.

Smash à l’Érable

Un cocktail aux saveurs d’ici du mixologue Maxime Boivin.

• 30 ml de dry gin

• 30 ml de liqueur de whisky à l’érable

• Jus d’un demi-citron

• 10 ml de sirop d’érable

• 7 à 8 bleuets

Dans un shaker, déposer les bleuets et les écraser à l’aide d’un pilon. Ajouter tous les autres ingrédients et secouer vivement. Filtrer dans un verre old fashioned contenant de la glace concassée. Garnir de pulpe de bleuets, de sucre d’érable et de zeste de citron.