Bières sures écoresponsables

Trois canettes de bières sures Loop fabriquées avec du pain et des fruits autrement gaspillés. 
Photo Courtoisie

Après les fruits et les légumes, c’est au tour du pain de se faire sauver des poubelles. Loop, la jeune entreprise montréalaise qui produit depuis deux ans des jus à base d’aliments récupérés, a sorti en novembre trois bières sures fabriquées avec du pain et des fruits autrement gaspillés. 

Au Canada, 750000 pains sont jetés chaque jour, selon les données du Conseil National Zéro Déchet qui a mené en 2017 des recherches sur les ordures ménagères. «Quand on a entendu ces chiffres, on s’est dit qu’il fallait trouver une solution à grande échelle», raconte David Côté, cofondateur de l’entreprise d’économie circulaire, avec Julie Poitras-Saulnier et Frédéric Monette. 

Les trois bières sures à base de fruits et de pains perdus sont brassées à la brasserie New Deal de Boucherville. Le trio collabore avec le brasseur et directeur des opérations, Martin Audet, pour élaborer les recettes : une Gose à la lime et à la coriandre fraîche, une Berliner Weisse aux fraises et une Saison au citron et au gingembre. 

Les produits, tous à 3,5 % d’alcool, sont vendus en cannette de 473 ml dans le réseau des IGA, ainsi qu’en fût dans les restaurants et bars. L’équipe prévoit produire 1800 hectolitres la première année, et envisage d’éventuellement distribuer partout au pays.

La fin du gaspillage alimentaire

Loop est bien plus qu’un sauveur de pain. C’est une mission pour réutiliser le surplus alimentaire en général. L’entreprise, qui reçoit entre 16 et 20 tonnes de fruits et de légumes par jour, espère secourir 120 tonnes de produits perdus d’ici 2020.

«On veut faire du volume, car c’est là qu’on a un impact. Et l’on trouve une façon de créer des produits avec ces aliments perdus, pour les réintégrer dans la chaine de valeur», explique David Côté, qui a également fondé les restaurants Crudessence et cofondé les thés fermentés Rise Kombucha. 

Selon l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, jusqu’à un tiers des aliments produits dans le monde sont gaspillés. «Les consommateurs nord-américains veulent que tout soit toujours disponible, alors les épiceries s’assurent d’avoir toujours un surplus de marchandises pour ne pas perdre ses clients. Mais ça crée inévitablement des pertes», déplore-t-il. 

L’entreprise produit entre 10000 et 15000 bouteilles de jus par semaine. Chaque bouteille de 355 ml contient 1,5 kg de fruits et de légumes. Même la pulpe, que Loop n’utilise pas, est reprise par une entreprise qui fabrique des gâteries pour chiens.