Accords Noires amères et mets

    À chaque édition, Bières et plaisirs vous propose divers mets à déguster avec des bières distinctes figurant dans une même capsule sensation. Attendez-vous à des essais audacieux, quelques échecs, mais également plusieurs mariages réussis.

    Plat de • Ailes de chou-fleur BBQ avec un bol de sauce au bleu

    Les Noires amères incluent les bières noires où l’amertume offre une présence soutenue sans toutefois dominer. On y retrouve généralement des arômes de torréfaction, de café et de céréales rôties, quelquefois, des effluves de tabac, de cendre, de cacao et autres. Quelques impressions de fruits rouges ou noires sont également possibles sans toutefois apporter trop d’acidité.

    Puisqu’elles sont amères, on peut aussi y retrouver des arômes provenant des houblons. Ceux-ci varient beaucoup en fonction des houblons utilisés, mais les effluves de fruits tropicaux, d’agrumes, et de raisin ainsi que les notes résineuses, herbacées et de conifères sont parmi les plus communes. Porter, Stout et Black IPA sont les styles les plus représentés dans cette capsule.

    Pour ce qui est des accords, les Noires amères peuvent jouer sur différents tableaux dépendamment de l’intensité de leur amertume de même que de la rondeur apportée par le malt. Les versions plus rondes peuvent entre autres créer un beau contraste avec le suc des viandes ou en accompagnement avec des ribs où les notes torréfiées de la céréale plaisent à la sauce barbecue. Lorsque ces notes de torréfiées sont plus accentuées, la viande bien saisie et croustillante en profite d’autant plus. L’impression de café, de torréfaction et même l’amertume des houblons permettent de supporter la richesse de certains plats, notamment les saucisses. Avec les fromages, elles peuvent accentuer les touches de beurre et de crème ainsi que les saveurs sucrées de la bière. Les fromages à pâte ferme de même que les pâtes molles à croûte fleurie fonctionnent bien. Le chocolat est, quant à lui, un naturel que même l’amertume ne saurait gâcher.

    Les bières en vedette

    Le Trou du Diable – [EP°K]

    Stout IPA à 6 % d’alcool qui propose des arômes houblonnés d’agrumes, ainsi que des notes de café et de tabac. Sa texture est fort plaisante et l’apparition progressive des houblons également.

    Brasserie Générale – La Frimaire

    Stout à l’avoine à 5,5 % d’alcool qui confère sous sa texture enrobante des impressions de gruau, de sirop d’érable et quelques pointes d’alcool, de grains torréfiés et de cacao.

    Dieu du Ciel! – Grande Noirceur

    Stout impérial à 9 % aux arômes de mélasse, d’alcool et de cacao bien amer. Ses puissants arômes et sa texture crémeuse évoquent la truffe au chocolat noir à l’amertume soutenue.

    Notre menu

    • Ailes de chou-fleur BBQ et sauce au bleu
    • Soupe au fromage cheddar
    • Côte de bœuf et sa sauce crémeuse au vin rouge et au romarin, accompagnée d’une purée de panais
    • Onctueuse mousse au chocolat noir

    Les accords

    Ailes de chou-fleur BBQ et sauce au bleu

    La Frimaire a de la difficulté avec ce plat; des arômes de chou-fleur trop persistants ressortent et, avec la sauce, le bleu domine complètement. La [EP°K] réussi plutôt bien en faisant apparaître des pointes piquantes et des arômes de céréales. Avec la sauce, tout se tient, le crémeux, le piquant et le bleu. Si le chou-fleur est dominé par la Grande Noirceur, la sauce au bleu, elle, lui tient tête avec de délicieuses saveurs de cacao crémeux!

    Soupe au cheddar

    La [EP°K] apporte avec elle beaucoup d’amertume et le fromage s’y perd. De façon similaire, la Grande Noirceur est simplement trop alcoolisée pour le fromage qui s’efface complètement. La Frimaire ajoute des notes torréfiées et une amertume aux saveurs déjà intenses du cheddar extra-fort; l’agencement évoque la cerise griotte et n’est pas sans rappeler un Milk Stout. C’est intense et intéressant.

    Côte de bœuf et sa sauce crémeuse au vin rouge et au romarin, accompagnée d’une purée de panais

    La [EP°K] fait exploser les saveurs d’oignon de la purée de panais et supporte bien la viande, la laissant s’exprimer pleinement à chaque bouchée. La purée se plait aussi avec la Frimaire alors que le sucré du panais prend le dessus. La viande est bien goûteuse avec d’agréables touches grillées. La Grande Noirceur démontre, quant à elle, sa puissance en dominant le tout; la purée devenant soudainement très amère. L’agencement fonctionne tout de même.

    Onctueuse mousse au chocolat noir

    Sans trop de surprise, la mousse plait à chacune des bières. La Frimaire est en fusion et se transforme en Stout chocolat extra cacao. C’est bon. La [EP°K] est complètement transformée; les pointes de café s’intensifient, l’amertume s’efface et le chocolat demeure bien présent. La Grande Noirceur nous réserve quant à elle une véritable ode chocolatée qui valse sur une texture des plus onctueuses. Encore!

    Notre verdict

    La Frimaire s’est avérée une bonne complice avec tous les plats à l’exception des ailes de chou-fleur. Moins puissante que les autres bières, elle a néanmoins fait sa place, ses notes torréfiées et sa texture onctueuse relevant le panais, soutenant la viande et appuyant le cheddar. Et que dire de sa fusion avec la mousse au chocolat!

    La [EP°K] offre plusieurs arômes, ces notes maltées se sont avérées fort agréable avec la viande, la purée de panais, les ailes de chou-fleur et la mousse au chocolat. Son amertume était un peu trop intense pour la soupe de cheddar, mais avec la sauce au bleu des ailes, ce fut tout un accord.

    La Grande Noirceur est simplement trop dominante pour la purée, la soupe de cheddar et les ailes. Heureusement, la sauce au bleu a su lui tenir tête et créer un accord réussi. L’agencement avec la mousse au chocolat fut toutefois spectaculaire!