Un peu de bonne humeur

La terrasse de la Brasserie Dunham parmi les incontournables à visiter lors des périodes les plus chaudes de l’année.
Photo Frédéric Harnois

Fini le marasme de cet hiver qui n’en finit plus. On secoue le moral et on s’offre un peu de bonne humeur. Car, disons-le, il y a tant de bonnes choses à fêter. Cet éditorial se veut du positivisme à l’état brut. De la candeur dans sa plus pure définition. Marre de chialer? Voici quelques bons coups dans le milieu de la bière. On a tendance à les oublier.

De nouveaux projets

Certes, je suis le premier à dire que les tablettes des détaillants sont très sollicitées, mais le fait de voir de nouveaux projets se joindre à la grande famille de la bière au Québec est surtout une bonne nouvelle. Les régions ont besoin de jeunes qui s’installent dans leurs villages natals et qui décident de développer des projets porteurs d’économie et d’emplois. La grande majorité des brasseries du Québec sont dans des villes de moins de 100 000 habitants et génèrent une activité sociale qui a tendance à disparaître depuis plusieurs décennies. Chaque fois que je traverse une région et que je visite des brasseries, dans le salon de dégustation ou le bar, j’y rencontre des habitués et des amateurs de bières. Un moment agréable qui se passe dans la communion et la bonne humeur, la bière joue si bien son rôle rassembleur.

Ce n’est pas tous les projets qui décident de distribuer leurs bières chez les détaillants. La vente sur place, qu’elle soit dans un verre ou dans un contenant, est de plus en plus populaire. L’avenir nous réserve des exclusivités régionales. Il va falloir se déplacer pour acheter de la bière de certaines brasseries et faire du tourisme brassicole, c’est une très chouette occasion de découvrir le Québec.

Vue de l’intérieur

Parlons-en du tourisme brassicole! Depuis quelques années, l’offre de visites guidées et groupées, de rencontres de brasseurs et d’options de séjour dans des brasseries ne cesse de s’étoffer. Non seulement de plus en plus d’alternatives vous permettent de découvrir les bières du Québec en présence d’autres amateurs, mais elles sont de plus en plus pertinentes et offrent réellement une valeur ajoutée à la découverte. Un petit coup de pouce de Québec pour faire connaître la culture bière du Québec à l’extérieur de la province, et tout serait parfait.

Vue de l’extérieur

La bière est bonne au Québec. On me pose souvent la question lorsque je voyage à l’étranger et je ne suis vraiment pas gêné de dire que globalement, la bière brassée au Québec est de qualité bien supérieure que d’autres pays. Comment je le calcule? Prenez les mauvaises bières brassées au Québec (numérateur) – c’est-à-dire des bières qui ont un défaut de brassage identifié de manière factuelle et objective – et divisez-les par la totalité des bières qui y sont produites (dénominateur). Le chiffre est bas. Globalement, la qualité de la bière au Québec a considérablement augmenté ces dernières années. Les raisons sont multiples, je crois cependant que l’augmentation des connaissances – par l’apprentissage, l’expérience et la formation – de nos artisans brasseurs y est pour beaucoup également.

Porteur de tendances?

Saviez-vous que de très nombreuses brasseries internationales regardent avec beaucoup d’intérêts les brasseries québécoises qui réalisent de l’assemblage – une sélection de bières différentes, affinées différemment ou non, assemblées en un seul produit dans le but de rechercher un goût et des arômes – afin de se documenter et de suivre une tendance que nous maîtrisons.

Peu d’amateurs québécois sont au fait que des brasseurs américains, mais également européens s’intéressent à plusieurs brasseries québécoises qui ont développé un réel savoir-faire dans l’assemblage de bières. Une technique qui semble être beaucoup plus complexe que ne le laisse croire la simplicité de la démarche. Il est parfois bon de voyager ailleurs pour en apprendre plus sur sa province.

Les consommateurs

C’est un fait, les consommateurs de bières du Québec sont, eux aussi, plus alertes et informés sur la culture bière au Québec. On sent une volonté de chacun de mieux comprendre la bière et de s’identifier à des brasseries locales. On est vraiment dans le courant foodies, encore plus qu’avec d’autres catégories de produits alimentaires.
Qu’il est bon de se balader parmi tous les artisans du Québec et de se préparer à sortir de sa torpeur hivernale. Je vous avais dit que mon éditorial serait plein de candeur et de positivisme.
Santé!